Entretien avec Mohamed Laoubi, gérant d’une société d’informatique, formateur dans les NTIC et gérant d’un cybercafé à Alger (Cinq Maisons)

{{ {ITMAG} : Les jeux envahissent notre quotidien. Trouvez-vous cela inquiétant ?}}
{{Mohamed Laoubi}} : C’est la tendance actuelle. On ne voit que ces jeux de combat, fortement agressifs, dans nos cybercafés. Bien sûr que cela inquiète plus d’un, et je suis bien placé pour le dire.
{{Quel est le profil des joueurs ?}}
Ils jouent en réseau. Soit localement, c’est-à-dire que l’équipe est au complet dans un cybercafé, soit ils «débordent» vers l’international. On joue simultanément avec des Chinois, des Américains, des Français, etc.
Une véritable communauté?
Tout à fait. Leur langue, c’est le jeu. Ils se retrouvent presque chaque soir pour se lancer dans leur jeu préféré, notamment le Half-Life.
{{La tranche d’âge des joueurs…}}
Ca varie entre 9 ans et 35 ans, voire 40 ans ou plus. Je veux simplement souligner qu’un bambin de neuf ou dix ans n’est pas interdit d’accès dans les cybercafés en Algérie faute de textes de loi régissant cette activité.
{{Et si ces mêmes bambins se connecter à des sites «incorrects» ?}}
Justement, nous faisons tout pour qu’ils n’atterrissent pas sur des sites réservés aux adultes. Pour ce faire, nous interceptons la moindre tentative grâce à un logiciel qui nous permet d’épier les voyeurs en herbe. Nous avons un CEM juste à côté, et je remarque une affluence grandissante chez moi. Ces collégiens de 13, 14 ans s’amènent souvent avec des filles de leur âge pour visionner des sites ventant le sexe. J’ai remarqué que ces jeunes ont banalisé cet acte ; bien sûr, dès que je m’aperçois qu’ils sont dessus, je les renvoie sans ménagement.
{{Sont-ils nombreux à venir jouer chez vous ?}}
Les joueurs en réseau constituent 60 % de ma clientèle.

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