Un office de lutte incessamment installé

En 2010, selon les orateurs du séminaire international sur la lutte contre la cybercriminalité qui s’est déroulé à l’hôtel Sheraton et qui a été organisé par le ministère de la Justice, il y a eu 12 affaires de cybercriminalité dans lesquelles 88 personnes ont été inculpées et sont poursuivies par la justice. Et ce chiffre est en augmentation par rapport aux années précédentes. Pour rappel, ce n’est qu’en 2004 qu’un premier article a été inséré dans le Code pénal, selon Mokhtar Lakhdari, directeur des affaires pénales, et que l’âge des personnes incriminées varie entre 24 et 35 ans, avec un niveau au minimum universitaire. Il ajoute que dans 84 %, le ou les cybercriminels ont un rapport direct avec les victimes. Ces cas vont du piratage de sites Web à l’intrusion dans les réseaux informatiques de sociétés, en passant par la diffusion de scènes obscènes sur le Net.
Revenant sur les chiffres, Abderezak Henni, directeur de la modernisation de la justice, dira, lors de l’inauguration de ce séminaire international, qu’«en Algérie, il y a plus de 5000 cybercafés, 4,5 millions d’internautes et 73 ISP, dont 10 uniquement en activité». Pour le directeur général du Centre de recherche juridique et judiciaire (CRJJ), Djamel Bouzertini, l’Algérie ne connaît pas, à vrai dire, une grosse cybercriminalité par rapport aux pays du Nord qui sont très avancés en matière de technologie de l’information. «Le phénomène de la cybercriminalité n’est pas très développé, car notre pays n’est pas encore outillé pour l’utilisation, à grande échelle, des cartes d’accès aux comptes bancaires et le haut débit est limité» argue-t-il. Pour Nouar Harzallah, PDG de l’Eepad, ce ne sont pas moins de 3000 attaques par jour sur les différents sites électroniques en Algérie. Pour les spécialistes sur place, ce n’est pas la ‘petite’ bande passante qui existe en Algérie, ni notre retard qui peuvent nous protéger, mais il faut qu’il y ait une protection des systèmes d’information.
Pour cela, il faut se préparer, car n’oublions pas que selon le projet eAlgerie 2013, il va y avoir quelque 6 millions d’abonnés à l’Internet, sans oublier la généralisation des paiements électroniques. Et donc, beaucoup d’affaires en perspective. Prévoyant, le ministère de la Justice a formé «50 magistrats dans le domaine de la cybercriminalité», sans oublier la création d’un Office national de lutte contre la cybercriminalité qui sera installé prochainement. De plus, on parle de formation très poussée d’équipes de cyberenquêteurs de la Gendarmerie nationale et de la Police.
La nécessité d’une entraide et d’une coopération internationale efficace et rapide en matière de lutte contre la cybercriminalité a été soulignée par des experts étrangers. Elle consisterait en un échange rapide en temps réel des informations liées à ce fléau transnational.
Après avoir présenté les expériences de leurs pays respectifs dans la lutte contre ce type de criminalité, ils ont mis en garde contre le danger grandissant de cette dernière, dont aucun pays n’est à l’abri.
D’ailleurs, dans ce sens, comme la cybercriminalité touche tous les pays, il faut qu’il y ait coordination, indique le représentant d’Interpol qui confirme que les autorités algériennes, notamment les services de sécurité, coordonnent, à travers le bureau central d’Interpol à Alger, le traitement d’affaires liées à la cybercriminalité ou autres liées au crime en général.
Selon les participants que nous avons rencontrés, les autorités algériennes misent sur la coopération et l’échange de renseignements, que ce soit pour l’intrusion illégale dans les systèmes d’information, la cyber-escroquerie ou escroquerie nigériane, la plus connue, et la pédophilie.
A la fin de ces deux journées marathon, il a été recommandé par les participants au séminaire international traitant cette forme de criminalité l’organisation périodique en Algérie d’une conférence internationale sur la cybercriminalité pour faire le point sur le développement de ce fléau. L’Algérie, comme la plupart des pays du monde, n’est pas à l’abri de cette forme de criminalité transnationale qui peut constituer une menace très sérieuse sur le devenir des entités et entreprises algériennes.

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