RTI

Mais alors que ce passe-t-il à Dubaï ? Au-delà des guéguerres très techniques et pointues qui sont abordées par les délégués des pays membres de l’UIT, celle de la régulation de l’Internet me semble la plus importante.  C’est en effet une question à la fois juridiquement très complexe à prendre en considération dans le cadre d’une régulation internationale, mais aussi un sujet qui cristallise beaucoup de craintes et par conséquent réveille les fantasmes. Les questionnements pleuvent : Internet est-il régulable ? Doit-il l’être ? Appartient-il aux pouvoirs publics de procéder à cette régulation ou doit-elle rester du ressort des acteurs du secteur ? Et les réponses sont aussi multiples que les questions. Elles peuvent être données par la conférence qui se déroule présentement à Dubaï pour renégocier le Règlement des télécommunications internationales (RTI) – Traité international ayant force obligatoire qui facilite l’interconnexion et l’interopérabilité des services d’information et de communication dans le monde, ainsi que leur exploitation efficace et leur large accessibilité au public, adopté en 1988 quand le nombre des internautes ne dépassait pas… 100 000 personnes ! C’est un sujet qui n’est pas uniquement technique ou économique, c’est aussi un sujet de société. Internet est devenu de facto un bien public mondial qu’il faut préserver. Il faut espérer que la conférence CMTI 12 ira ainsi plus loin que le processus de régulation de l’Internet  et sera l’occasion de progresser vers autre chose et, pourquoi pas, une gouvernance multilatérale tout en préservant l’accès à l’information, au pouvoir de l’utiliser, la créer et la faire partager.

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