L'Essentiel
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21e Salon international du livre L’édition à l’èpreuve du numérique

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a évoqué la «nécessité de développer la production du livre numérique», en faisant appel à des «partenaires forts. Il faut se mettre au diapason avec ce qui se passe dans le monde. On ne peut miser éternellement sur les hydrocarbures, l’agriculture et l’industrie. Les Algériens ont toutes les compétences nécessaires […]

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a évoqué la «nécessité de développer la production du livre numérique», en faisant appel à des «partenaires forts. Il faut se mettre au diapason avec ce qui se passe dans le monde. On ne peut miser éternellement sur les hydrocarbures, l’agriculture et l’industrie. Les Algériens ont toutes les compétences nécessaires pour maîtriser le numérique, notamment pour l’Education nationale et l’Enseignement supérieur. L’université algérienne se porte bien, le défi est désormais de créer le lien entre la modernité numérique et notre politique de formation». 

La Safex a  accueilli  la 21ème édition du salon international du livre d’Alger (SILA) du 26 octobre au 5 novembre 2016  placé cette année sous le slogan «Le livre, totale connexion». Le Salon International du Livre d’Alger s’est imposé au fil des éditions et des années comme le plus grand évènement culturel du pays. L’envergure de l’évènement s’apprécie essentiellement à partir de sa fréquentation publique et du nombre de ses exposants. Les deux facteurs sont fortement liés et s’influencent mutuellement. Un des thèmes débattus a été «les enjeux et perspective  de l’édition numérique et du livre électronique». Dans ce cadre, le Premier ministre Abdelmalek Sellal a évoqué la «nécessité de développer la production du livre numérique», en faisant appel à des «partenaires forts. Il faut se mettre au diapason avec ce qui se passe dans le monde. On ne peut miser éternellement sur les hydrocarbures, l’agriculture et l’industrie. Les Algériens ont toutes les compétences nécessaires pour maîtriser le numérique, notamment pour l’Education nationale et l’Enseignement supérieur. L’université algérienne se porte bien, le défi est désormais de créer le lien entre la modernité numérique et notre politique de formation».  Le livre numérique est le parent pauvre de l’édition en Algérie.  Il devra, à l’avenir, bénéficier d’une plus grande attention des pouvoirs publics, selon plusieurs professionnels. Ces derniers se sont plaints des «difficultés» qu’ils rencontrent pour commercialiser leurs produits, en l’absence d’une «véritable» politique de promotion du livre numérique.
Pour remédier à ce manque de visibilité, l’écrivain Amin Zaoui a déjà proposé, la création d’une librairie «entièrement dédiée au livre numérique» à Alger, afin de «familiariser» les lecteurs algériens avec ce nouveau support. Le marché actuel du livre numérique est encore en construction et toutes les tentatives éditoriales numériques sont autant de laboratoires d’essai et d’expérimentations.
En France, par exemple, trois maisons d’édition sur cinq ont intégré l’offre numérique dans leur stratégie éditoriale et l’édition numérique représente 6,4% du chiffre d’affaire des éditeurs. La lecture numérique et l’équipement des français en appareil permettant la lecture (liseuses, tablettes, smartphones) est en nette augmentation. Une nouvelle ère du livre numérique s’ouvre : celle de la consolidation avec de nombreuses opportunités offertes aux éditeurs qui souhaitent développer leur offre et élargir leur public.
L’offre numérique disponible diffère selon les secteurs éditoriaux : elle est de 100% pour la Littérature policière, imaginaire et sentimentale, de 80% pour les Essais et la BD et de moins de la moitié pour les Beaux livres, secteur le moins doté. Le schéma le plus utilisé par la plupart des éditeurs est la vente via des e-distributeurs à 59 %. Et si plus d’un éditeur sur 2 concluent des accords directs avec les opérateurs internationaux (Amazon, Apple, Google), la commercialisation par un accord direct avec eux n’est pas le schéma qu’ils privilégient et arrive en 2ème position, à 26%.
Il convient de préciser que l’économie de l’édition numérique est une économie de l’innovation. On parle d’innovation de rupture pour le livre numérique car il engendre un changement radical qui modifie en profondeur les conditions de lecture et de production.   La diversité des supports est une caractéristique inhérente à la conception du livre numérique. Cette nouvelle donne impose aux éditeurs de prendre en compte de nouveaux acteurs et collaborateurs qui entrent en scène dans la conception et la production : les fabricants de matériel permettant la lecture numérique, les opérateurs de téléphonie mobile, les créateurs d’applications, les webdesigners.  L’économie du numérique est avant tout une économie de réseau et d’échange.
Elle suppose l’innovation et l’expérimentation économique, technologique et une nouvelle organisation structurelle. Dans le domaine éducatif, le numérique offre de nombreuses possibilités.
Il est possible d’intégrer dans les manuels éducatifs du multimedia, des séquences vidéo, des quizz, des exercices guidés.
Travailler sur la complémentarité des supports (web, blogs, consoles, terminaux mobiles) permet de créer des environnements de découverte ou de travail qui ouvrent des nouvelles perspectives d’apprentissage. Indéniablement, le secteur des publications est en pleine effervescence. Les journaux papiers vont continuer à évoluer vers l’édition en ligne : ils passent de la «Une» imprimée à la page d’accueil du site Internet.

La vague des réseaux sociaux
Le livre connaît le début de son bouleversement numérique. Un tsunami dans le monde de l’édition ? L’avenir le dira. Le lecteur devient auteur, c’est une tendance forte, lorsqu’il contribue à un blog ou échange avec un auteur. L’explosion des contenus générés par les utilisateurs est accélérée par la vague des réseaux sociaux et des sites communautaires comme Facebook ou Viadeo. Les entreprises ne sont pas épargnées. Les lecteurs veulent aujourd’hui participer sur tout, devenir des acteurs de l’information diffusée. L’auteur devient éditeur en s’auto-publiant sur son blog. L’éditeur doit faire face à la mutation de l’imprimé à l’électronique.
La donne du circuit de la chaine éditoriale change radicalement. Google et Wikipédia sont le moteur et la source les plus plébiscités par les internautes tous âges confondus. Google est le moteur utilisé à plus de 90% et Wikipédia se place au 3è rang des sites consultés. «Née le 15 janvier 2001, l’encyclopédie en ligne participe à un projet ambitieux : rassembler toute la connaissance mondiale et la rendre intelligible par des machines», écrit Le Monde.
Le numérique induit des modes de lecture différents. En 2020, la part des contenus accédés «numériquement» devrait devenir majoritaire pour la plupart des grands médias, au moins dans les pays les plus industrialisés. Le téléviseur connecté va faire entrer les services Internet au cœur des foyers et étendre les usages les plus populaires du web aux publics encore réfractaires à l’ordinateur.
Le numérique pour augmenter le taux de lecture
L’Internet s’est imposé ces dix dernières années comme un des points d’entrée principaux de l’accès à des contenus culturels, notamment par le développement massif  de l’usage des moteurs de recherche et des services web. L’usage de ces applications est devenu un réflexe pour trouver des objets, des lieux ou des évènements culturels, et en organiser la découverte, l’acquisition ou la consommation. L’édition numérique et du livre électronique va-t-elle relancer  la lecture en Algérie ? Pas si sûr sachant qu’elle n’est pas le passe-temps favori des Algériens. Selon une enquête réalisée il y a quelques années  par le Centre International de conseil et d’études économiques, le taux de lecture est «très faible avec 6,8%». 56,86% de la population ne lit aucun livre dans l’année, ce qui représente 20 millions de personnes qui ne lisent même pas un livre, c’est la moitié de la société! L’enquête révèle que les Algériens préfèrent les livres religieux qui occupe la première place, suivent les livres de l’informatique et l’économie et les livres de droit.
La majorité des Algériens choisissent les livres pour la langue arabe, suivie par la langue française et anglaise. Par contre, les Algériens lisent quotidiennement les journaux pour se détendre et une partie d’entre eux privilégient une lecture très rapide des quotidiens. La non-lecture concerne les ouvrages de création littéraire, les œuvres d’auteurs dont les thématiques sont autres que les sciences humaines ou technologiques, les romans et autres œuvres tirés de l’imagination, de la sensibilité des auteurs, qui à travers un livre racontent une histoire dans laquelle les lecteurs pourront se reconnaître, ou par laquelle ils seront touchés, interpellés, sensibilisés.
Le 21e Salon international du livre d’Alger (SILA) a été l’occasion de «prendre la température» de la lecture dans le pays. Cette année encore nous pouvons voir plus de livre ecrit par des amgériens au Sila, ce qui a fait réagir Akram Kharief sur  Facebook en ecrivant qu’il est « Enchanté par la jeune génération d’auteurs arabophones rencontrés au SILA, souvent d’un très haut niveau intellectuel, très ouverts et modernes et souvent provocateurs, ils m’ont vraiment redonné espoir. »
Une température qui s’est révélée loin d’être fiévreuse, mais qui a tout de même inauguré un espoir certain de voir les citoyens algériens s’intéresser, même de loin, au monde du livre.

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Written by itmag2003

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