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Administration électronique en Algérie: Evolution ou révolution?

Le Ministère de l’intérieur et des collectivités locales s’est attelé ces derniers temps à faire arrimer l’administration publique à la modernité, à la transparence et à la commodité. Après le passeport biométrique, il est passé à la délivrance de la carte nationale d’identité biométrique. «La mise en circulation de la Carte Nationale d’identité Biométrique Electronique, […]

Le Ministère de l’intérieur et des collectivités locales s’est attelé ces derniers temps à faire arrimer l’administration publique à la modernité, à la transparence et à la commodité. Après le passeport biométrique, il est passé à la délivrance de la carte nationale d’identité biométrique. «La mise en circulation de la Carte Nationale d’identité Biométrique Electronique, nous le reconnaissons n’a pas été une tache facile. Nous avons voulu qu’elle soit une ouverture vers un avenir aux multiples exigences en étant l’élément facilitateur pour l’accès dans l’univers de demain», a déclaré Noureddine Bedoui, le ministre du secteur.

Une avancée certes, mais selon    Hassan Boualem,  directeur des titres et des documents sécurisés au ministère de l’intérieur et des collectivités locales, «ce n’est que le début. Un schéma directeur qui vise loin veut aller vers le zéro papier. A court terme, le 12 S sera supprimé du dossier et on ira vers un guichet électronique unique. On marche rapidement vers cet objectif».
Selon la même source,  21.000 cartes nationales d’identité biométriques électroniques (CNIBE) ont été délivrées depuis le 8 septembre, soulignant que le site électronique du ministère «a enregistré, depuis son ouverture le 8 septembre dernier, près de 89 000 demandes». Il s’agit dans un premier temps des personnes titulaires d’un passeport biométrique, qui peuvent formuler une demande pour l’obtention d’une CNIBE sans se déplacer aux services des passeports, en utilisant le nouveau service électronique disponible sur le site électronique du ministère: www.interieur.gov.dz. Au début, 3000 cartes d’identité biométriques ont été délivrées au niveau des différentes communes de la wilaya d’Alger puis l’opération a été élargie aux autres wilayas du pays, avec 10.000 cartes confectionnées, avant de la généraliser à toutes les wilayas du pays. L’opération qui touche toutes les wilayas du pays depuis le 10 septembre sera élargie aux membres de la communauté nationale établie à l’étranger.
Par ailleurs, M. Boualem a rappelé que les citoyens ne disposant pas de passeports biométriques «peuvent se rapprocher de leurs communes pour  enregistrer leurs données biométriques à l’effet de les envoyer au centre de confection des documents biométriques».
L’opération se fait graduellement. Il a précisé que la capacité de production des centres d’El Hamiz (Alger) et de Laghouat a atteint 5 millions de CNIBE annuellement, soit 20.000 cartes/jour. L’opération de délivrance du permis de conduire biométrique et de la carte grise sera lancée début 2017. En outre, les citoyens peuvent demander un passeport de 48 pages au niveau de leurs communes. Le coût de ce type de passeport est de 12 000 DA, alors que celui de 24 pages est de 6000 DA.
Hakim Bettache, P/APC d’Alger Centre, reconnait de son côté que la numérisation de l’état civil a permis de «limiter la bureaucratie et la corruption et faire des économies en évitant les stylos, le gaspillage de papier, de gommes et de correcteur. Le 12 S est délivré en 2 minutes ainsi que le 12 archive. Le passeport biométrique est aussi délivré en 7 jours alors que ce n’est pas le cas en France. Grace à l’outil informatique, le citoyen commande de la maison sa carte nationale d’identité numérique. La carte grise est délivrée en une journée alors qu’elle l’était après 6 ou 8 mois. Nos guichets sont tellement vides que nous avons pensé à muter certains agents».

Ça va trop vite pour certains secteurs
Et pour maintenir la cadence, le ministre de l’intérieur en personne met tout son poids dans la balance en faisant des réunions chaque samedi pour évaluer l’état d’avancement. L’ambition de son département est d’aller même vers un système de gestion des rendez-vous. Cette modernisation joue un rôle de révélateur politique : elle est peut être porteuse de changements. Mais force est de constater que tous les secteurs n’évoluent pas avec la même détermination. Dans le secteur des banques, il y a des retards, ce qui fait dire à un observateur qu’il y a «une problématique de moyens, de délais et d’objectifs à atteindre». D’autres plus sévères n’hésitent pas à parler d’annonces mensongères.
«Le e-Paiement sera opérationnel pour les grandes entreprises au plus tard en septembre 2016, ce qui permettra aux clients de payer leurs factures via internet. Nous sommes en train de réunir toutes les conditions pour libérer le paiement par internet pour les grands facturiers et les compagnies de transport en septembre prochain. Ce sera une première phase qui sera suivie, dans le futur, par une deuxième étape pour les sociétés de services, et une troisième phase qui est celle de généralisation», avait affirmé Mouatassam Boudiaf, ministre délégué auprès du ministre des Finances, chargé de l’Économie numérique et de la modernisation des systèmes financiers, dans un entretien accordé à l’APS en juin dernier. Septembre est fini et le e-Paiement reste un projet virtuel. Au moment ou le monde s’installe dans la Smart City et la Smart Home, l’Algérie  n’arrive pas à faire les sauts technologiques souhaités.
Pousser les responsables à prendre les bonnes décisions
Pourtant, l’informatisation peut être un prétexte pour moderniser non seulement l’administration mais des pans entiers de l’économie nationale. Et l’Algérien n’est pas une exception dans le monde, il s’adapte.
Mais force est de reconnaître aussi qu’il y a de la résistance. La préférence pour la stabilité, l’attachement aux habitudes confortables ou la remise en cause des compétences comptent parmi les principales sources de résistance liées à des facteurs individuels.
La modernisation peut aussi faire économiser de l’argent à l’Etat surtout dans cette période délicate que traverse notre pays, caractérisée par une chute brutale des prix du pétrole. Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a avoué qu’en remettant un CD aux nouveaux bacheliers, au lieu de supports papiers explicitant l’opération d’inscription, cela a permis au ministère d’économiser quelque 70 millions DA (7 milliards de centimes).
Le ministre a annoncé en outre que son département a mis en place à partir de la nouvelle année universitaire, un nouveau logiciel appelé «Progress» pour gérer et suivre le cursus de chaque étudiant, mais aussi des enseignants. «Ce logiciel, utilisé en Europe, permet de suivre de manière permanente et détaillée le cursus de l’étudiant, depuis l’obtention de son baccalauréat jusqu’à la fin de son cursus aussi long soit-il, c’est-à-dire même si l’étudiant poursuivra ses études jusqu’au doctorat», a expliqué le ministre.
Ce logiciel est également utilisé dans la gestion de l’université avec ses différents instituts, écoles et services, l’objectif étant de mettre en place une gestion «plus transparente et plus rigoureuse».
Il a été décidé la désignation de d’ingénieurs informaticiens afin de suivre les formations relative à ce logiciel qui se consacre au développement de la formation et de la vie étudiante (notes, délibération).

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Written by itmag2003

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