L'Essentiel
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Annaba se dote d’un Cyberparc de 18 hectares : De Sidi Abdellah à Sidi Amar : le contraste de la réalité

Après une heure et quart dans un ATR de la compagnie nationale, enfin un beau soleil et c’est Annaba, la Coquette qui nous tend la main. Au pas de course, c’est la tournée avec Moussa Benhamadi, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, en présence de M. Ghazi, Wali […]

Après une heure et quart dans un ATR de la compagnie nationale, enfin un beau soleil et c’est Annaba, la Coquette qui nous tend la main. Au pas de course, c’est la tournée avec Moussa Benhamadi, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, en présence de M. Ghazi, Wali d’Annaba

Première étape, ce sera Sidi Salem, située à environ 6 km du centre d’Annaba. La cité Sidi Salem offre un visage hideux de ce que peuvent être les ensembles d’habitations précaires qui se transforment en un immense bidonville où il y eut de grandes émeutes l’année dernière à la même période (juin 2010). En face, juste en face -seule une petite route les sépare- la station côtière d’Algérie Télécom qui reçoit le Sea-Me-We4. « The South East Asia-Middle East-West Europe 4 » (SEA-ME-WE 4) est un projet d’installations de fibre optique reliant Marseille à Singapour avec des branches, dont l’une atterrit à Sidi Salem. Avec une capacité maximale de 1,28 Térabit par seconde (soit 1 million de conversations téléphoniques simultanées) sur 20 000 km, Sea-Me-We 4 est 32 fois plus puissant que le système précédent, Sea-Me-We 3, installé en 1998 mais dont l’Algérie n’en faisait pas partie. Le Sea-Me-We4 permet d’accroître considérablement les capacités de communication (voix, données et vidéo) en Afrique du Nord, Moyen-Orient et en Inde et représente, pour certains opérateurs de ces pays, la première connexion majeure via un système sous-marin. En ce sens, Sea-Me-We 4 permet de répondre à la demande en pleine explosion des régions connectées, notamment de l’Inde et du Moyen-Orient.

Et c’est tout doucement que la Cité phocéenne, si l’on ajoute le MedCable (Algérie-France), qui était uniquement un port, devient de facto le centre nerveux et un pôle d’excellence dans le domaine des télécommunications entre le Nord et le Sud. D’ailleurs, le développement de ces activités à Marseille renforce la présence et le rôle des opérateurs en charge de l’opération et de la maintenance des réseaux, ce qui sous-entend que les pays raccordés ne toucheront jamais à ce domaine avec pour conséquence, pour un pays qui possède 1 200 kilomètres de côte, une méconnaissance et un retard. Alors que l’on s’attendait à ce que Sidi Salem soit un pôle télécoms important avec une activité économique locale liée aux télécoms, le directeur des télécoms de wilaya d’Annaba parle de « manque de câbleurs », ce qui a fait réagir immédiatement le ministre qui a exprimé sa non-satisfaction des réalisations de son secteur et a adressé de vives critiques aux responsables en disant : « Algérie Télécom a formé énormément de câbleurs et Algérie Télécom a décidé de garder les câbleurs en retraite pour former encore de jeunes recrues. » Ce n’est que la triste réalité où des projets d’envergure nationale peuvent être mis à l’arrêt parce que l’on n’a pas prévu de recruter ou de former des câbleurs.

Loin du compte…
Dans le domaine du téléphone fixe, Annaba compte 71 000 abonnés pour un peu moins de 650 000 habitants, d’après le directeur des télécoms de la wilaya, avec cette particularité que cette ville côtière triple sa population dans la période estivale et compte 15 Gap pour toute la wilaya. A cela s’ajoute, toujours d’après le même responsable, quelque 54 000 coupures de lignes téléphoniques et durant toute l’année 2010, il n’y a eu que 1 148 nouvelles lignes téléphoniques avec un taux d’ADSL de 3,5% pour toute la wilaya. Ces chiffres ont fait réagir le ministre qui dit avec humour : « Si l’on se réfère à vos chiffres qui sont très bas, les citoyens peuvent posséder des micro-ordinateurs mais ne peuvent pas avoir de l’ADSL » en ajoutant : « Comment voulez-vous que le projet national e-Algérie puisse fonctionner avec les chiffres que vous nous donnez. » Il esquisse des pistes : « Mettez-vous en contact avec les services des eaux ou d’autres services qui creusent la ville pour travailler ensemble et mettre en place un réseau téléphonique. » Et d’ajouter : « Je veux un plan clair dans une semaine. » Le wali donne immédiatement des instructions aux directeurs de mettre en place une structure et de travailler ensemble. Au pas de course encore, la délégation visite les bureaux de poste bondés à cause de la dernière grève des postiers mais « non, nous disent les clients d’Algérie Poste, c’est tout le temps comme ça avec des coupures qui durent des demi-journées », renchérit Nadia qui faisait la queue depuis 9h30. Par ailleurs, nous apprenons que certains bureaux de poste ne sont pas raccordés au réseau d’Algérie Poste mais passent par MobiConnect. De plus, au cours de la visite, des dizaines de jeunes travaillant dans le secteur des PTIC dans le cadre des contrats d’insertion (DAIP) ont saisi l’occasion de la visite du ministre de la Poste et des TIC pour lui remettre des demandes de recrutement et de nombreuses doléances sur les dépassements exercés sur eux. Tout en les écoutant, Moussa Benhamadi donne des instructions en prenant les lettres qui lui sont remises.

Un technoparc de 18 hectares
Changement de cap, localité de Chaïba où il y aura l’implantation du Technoparc de Sidi Amar, dans la commune éponyme, où le ministre de la Poste et des TIC a procédé à l’inauguration symbolique du premier bâtiment dans lequel est déjà implanté CAS2I, une société qui fait du développement de logiciels en offshore, et Big Informatique, une société connue pour ses logiciels de gestion. « Nous sommes  en train de déplacer notre plate-forme vers Sidi Amar », nous dit M. Boubnider, responsable de CAS2I, le sourire aux lèvres, ajoutant  « Notre structure peut avoir jusqu’à une centaine d’ingénieurs. » Pour Big Informatique, « c’est une excellente chose que vient de faire l’ANPT et nous allons recruter, une fois installé, quelque 20 ingénieurs en informatique », nous affirme Saadi Mohamed. « Cela fait 4 ans que nous sommes sur ce projet et c’est l’ANPT, sur ses fonds propres, qui a réalisé ces aménagements et nous comptons aller encore plus loin », nous dit, pour sa part, Karcouche Sid Ahmed, DG de l’ANPT, qui gère ce site au même titre que celui de Sidi Abdellah, avant d’ajouter : « Nous sommes très proche de l’université et il y a un potentiel énorme dans le développement de logiciels. D’ailleurs, comme vous pouvez le constater, nous avons déjà deux entreprises dans ce domaine sans oublier que nous allons installer un incubateur. » A chaque réunion durant cette journée à Annaba, Moussa Benhamadi, ministre des PTIC, mettait l’accent sur la nécessité d’augmenter l’utilisation quotidienne du réseau Internet qui peut être générateur de nouveaux projets et, donc, d’emplois. Annaba, la Coquette, est bien loin des niveaux nationaux en termes d’indicateurs des TIC. Beaucoup de projets et de travail en perspective…

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Écrit par itmag2003

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