L'Essentiel
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Bordj, le pari des TIC

La plus plausible reste celle de certains professionnels qui signalent que beaucoup de personnes originaires de la région ont commencé à travailler, quelques lustres plutôt, dans des entreprises publiques spécialisées dans le montage de téléviseurs en particulier. Un savoir qui sera exploité plus tard pour la mise en place de sociétés privées d’abord spécialisées dans […]

La plus plausible reste celle de certains professionnels qui signalent que beaucoup de personnes originaires de la région ont commencé à travailler, quelques lustres plutôt, dans des entreprises publiques spécialisées dans le montage de téléviseurs en particulier. Un savoir qui sera exploité plus tard pour la mise en place de sociétés privées d’abord spécialisées dans l’importation des produits électroniques et électroménagers et ensuite dans le montage de ces mêmes produits.
Certains iront en contresens de l’idée générale selon laquelle BBA est la wilaya de l’industrie électronique, en considérant qu’il ne s’agit là que d’un mythe. Ces derniers avancent comme argument le nombre relativement restreint de sociétés existant dans cette wilaya en comparaison avec le nombre global recensé au niveau national. Moins d’une dizaine de grandes sociétés spécialisées en électronique opèrent dans la wilaya de Bordj contre plus de soixante-dix au niveau national.
Quoi qu’il en soit, la ville de BBA reste celle des professionnels de l’électronique, et l’importance des entreprises qui s’y trouvent plutôt que leur nombre est sans nul doute ce qui a fait sa réputation. Géant, Cobra, Condor, Cristor sont aujourd’hui connus sur tout le territoire national à travers leurs produits qui équipent de plus en plus de foyers, d’entreprises et d’administrations.
La renommé de BBA a été faite, donc, grâce aux plans de développement de ses entreprises qui incluent toutes les villes du pays.
En entrant dans la ville, ce qui frappe le plus, c’est le nombre de cigognes qu’on trouve perchées sur les pylônes électriques. Trônant sur leurs nids, ces oiseaux migrateurs voient loin et donnent un aspect particulier à cette ville qui évolue d’un pas sûr grâce, notamment, aux investissements des privés.
La zone industrielle, très prisée, est désormais saturée. Des unités de production spécialisées dans le montage d’équipements électroniques ou autres, des hangars, grands ouverts, des camions, moteurs en marche et prêts à avaler des kilomètres pour livrer la marchandise, donnent vie à cette zone industrielle qui représente le cœur de l’économie de la wilaya.
Qu’elles aient ou pas une unité de production dans cette zone, des sociétés spécialisées dans différents domaines ont commencé à ouvrir de nouveaux locaux dans les quatre coins de la ville. La ville proprement dit, justement, n’est pas l’une de ces grandes cités modernes aux innombrables rues et aux boulevards interminables. BBA a su garder son cachet, même si des villas haut standing ont fait leur apparition ses dernières années en grand nombre. Le centre-ville est un enchevêtrement de ruelles et de rues étroites. Des demeures anciennes et des constructions individuelles s’y côtoient paisiblement. Une vieille bâtisse oubliée parce que faisant trop longtemps partie du décor est là pour rappeler un certain Cheikh El Mokrani, chef de la résistance de 1871. La bâtisse en question est aujourd’hui abandonnée et ne semble guère attirer l’attention des autorités.
De manière générale, la ville de Bordj Bou Arréridj reste un endroit à visiter pour son calme mais surtout pour les affaires fructueuses qu’on peut y faire. D’innombrables commerçants traversent de longues distances pour venir s’approvisionner en équipements électroniques chez les grossistes ou directement des usines. Les produits blancs, autrement dit les équipements électroménagers, les téléviseurs, les lecteurs DVD ou encore les démodulateurs sont les produits que cette ville « exporte » le plus vers ces voisins et plus loin encore, vers les villes du sud, de l’est ou de l’ouest. Au-delà des marques, certains clients demandent désormais si tel ou tel produit vient de Bordj, une ville dont le nom devient petit à petit un label, voire une garantie de qualité, nous dit-on. Les opérateurs économiques de cette ville n’ignorent pas que la pérennité de leur business est tributaire de la qualité de leurs produits et des services offerts. Le service après-vente est une affaire à ne pas prendre à la légère et la concurrence sur les équipements vendus se déplacent bien souvent vers le terrain des services. Les opérateurs dont la plupart des produits se valent élèvent la barre en proposant les meilleurs services après-vente possibles. Un gage de sérieux suffisant pour stimuler les commerçants qui n’hésitent pas à venir de loin pour s’approvisionner en démodulateurs ou en téléviseurs.
L’évolution de l’industrie de l’électronique a eu un effet direct sur le développement global de la wilaya. L’impact a été palpable d’abord sur le marché du travail, puisqu’une société telle que Condor, par exemple, emploie à elle seule quelque 900 employés, et ensuite à travers tous les métiers dérivés ayant trait à l’activité des producteurs d’équipements électroniques.
Le coup de fouet donné à l’économie locale par les professionnels de l’électronique a créé un climat favorable à l’investissement de manière générale. Des centaines de points de vente de téléphones portables ont ouvert dans cette ville en quelques années, et le marché semble encore ouvert à d’autres. Le niveau de vie relativement correct des Bordjis, grâce justement au dynamisme économique de leur ville, y est pour quelque chose. L’on parle également de l’argent injecté par les enfants de la ville venus de l’étranger dans différents projets. A Bordj, les sociétés de travaux publics et de meubles sont assez nombreuses.
« Tout marche à Bordj, du moment que vous avez de l’argent à investir», nous dit un restaurateur local. Le potentiel économique de la ville a eu impact direct sur le prix des terrains, entre 25 et 40 000 dinars le mètre carré. « Le prix des terrains augmente d’année en année. On peut s’attendre à ce que le prix du mètre carré augmente encore l’année prochaine », affirme un habitant de la ville. Une vérité qui n’a pas échappé aux initiés qui exploitent ce filon en achetant des terrains aux quatre coins de la ville pour les vendre au prix fort. Eux-mêmes, en achetant à tout va, participent à l’augmentation des prix du foncier local.
Il ne serait pas absurde de dire que les nombreux investissements opérés par les sociétés spécialisées dans le domaine de l’électronique à l’intérieur de la zone industrielle mais aussi dans différents endroits de la ville ont stimulé, de façon directe ou indirecte, le développement de la wilaya toute entière. De manière plus générale, ce sont les investissements privés qui ont été à l’origine du dynamisme que connaît la wilaya, contrairement à certaines villes voisines.
Loin d’être téméraires, les investisseurs locaux ont appris les bons réflexes et préfèrent, par exemple, éviter de faire de la surproduction, sachant pertinemment qu’ils évoluent dans un marché plein de surprises et où les meilleurs produits ne le sont que pour un moment. Cependant, les investisseurs de cette ville restent ambitieux puisqu’ils désirent, à chaque fois, s’étendre un peu plus sur le marché national en ouvrant, un peu partout, de nouvelles unités de production ou en proposant des produits dont la qualité ouvre toutes les portes. Comme les cigognes locales perchées sur les pylônes électriques, les chefs d’entreprise de Bordj voient loin, et les distances à parcourir se font à travers des produits de qualité et la volonté de durer le plus longtemps possible sur le marché.

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Écrit par itmag2003

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