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	<title>l&#039;Hebdo des TIC et de l’Économie Numérique &#187; Contribution</title>
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	<description>Le pionnier de la presse TIC en Algérie</description>
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		<title>Téléphones mobiles  :  du superflu  au besoin vital</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 22:40:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>itmag11</dc:creator>
				<category><![CDATA[Contribution]]></category>
		<category><![CDATA[L'Essentiel]]></category>
		<category><![CDATA[ITMAG 235]]></category>

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		<description><![CDATA[Le téléphone mobile, phénomène contemporain de communication interpersonnelle, s’inscrit dans le quotidien des jeunes, dans un espace-temps subjectif donnant lieu à des interactions qui sont plus que routinières, c’est-à-dire fortement parlantes de soi Dans l’univers mobile, les jeunes font plus qu’émettre ou recevoir des communications, ils déversent des secrets et une part cachée de leur [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-5977" title="mob01" src="http://www.itmag-dz.com/wp-content/uploads/2011/11/mob01.jpg" alt="" width="564" height="423" />Le téléphone mobile, phénomène contemporain de communication interpersonnelle, s’inscrit dans le quotidien des jeunes, dans un espace-temps subjectif donnant lieu à des interactions qui sont plus que routinières, c’est-à-dire fortement parlantes de soi</strong></p>
<p>Dans l’univers mobile, les jeunes font plus qu’émettre ou recevoir des communications, ils déversent des secrets et une part cachée de leur personnalité sur l’objet. Ce jeu d’intimité conduit les utilisateurs à un exercice permanent d’énonciation de soi et d’ouverture sur l’autre, dans une perspective authentiquement identitaire. Des travaux en sciences de l’information et de la communication se sont concentrés sur l’influence des médias sur les identités. Ces recherches sont nombreuses notamment auprès des populations jeunes et adolescentes. Par une analyse des enjeux identitaires et des discours des jeunes enquêtés, nous proposons une exploration de quelques « pratiques mobiles » juvéniles afin de répondre aux questions suivantes : que signifie rester physiquement attaché à son téléphone mobile et l’avoir toujours sur soi ? Comment le téléphone mobile est-il devenu pour les jeunes un miroir de l’identité personnelle et en quelque sorte une «technologie de soi» ? Comment ces derniers manifestent-ils l’expression du soi à travers cet outil ? Comment l’usage subjectif de cette «prothèse corporelle» qu’est le mobile dans un cadre interactionnel restreint, produit-il la reconnaissance des uns par rapport aux autres ? Nous avons essayé d’appréhender la technologisation de soi à travers le téléphone mobile dans le milieu des jeunes et de la contextualiser dans les évolutions incessantes de leur construction identitaire. Partant de l’hypothèse que le téléphone mobile dépasse sa fonction initiale de lien social, nous avons centré notre attention sur les façons d’être, de se conduire et de s’exprimer, dans le processus identitaire mobile. L’objectif de cette recherche était d’examiner les usages du mobile jusqu’à maintenant très peu étudiés à partir d’une enquête qualitative par entretiens. Les données recueillies ont permis de jeter un nouveau regard sur la dimension identitaire et expressive présente dans les nouvelles formes d’appropriation du mobile. Nous avons dépouillé une quinzaine d’entretiens parmi les 30 conduits auprès d’une population jeune (18-28 ans), multi-ethnique […] La rencontre avec les jeunes enquêtés s’est faite par le biais de réseaux formels d’associations culturelles et de réseaux informels liés à des contacts personnels. Pour réaliser ces entretiens, nous sommes allés trouver les jeunes dans leur lieu de vie. Une enquête par entretien implique une écoute fine, de la patience, mais aussi de la passion envers l’objet de recherche. C’est par ce type de démarche que nous avons essayé de « rentrer dans l’esprit » des jeunes rencontrés afin de recueillir le plus authentiquement possible leurs paroles. Cet article propose donc une réflexion sur les usages et les représentations narratives du téléphone mobile chez les jeunes. Conduit dans une perspective multidisciplinaire (communicationnelle, sociologique, anthropologique et esthétique), il analyse les aspects significatifs de l’usage personnalisé d’une technologie miniaturisée mais fortement éloquente et parlante de soi.</p>
<p><strong>Technologisation de soi</strong><br />
Pour aborder l’ensemble de ces points, cet article est divisé en deux grandes parties. La première introduit certains concepts théoriques sur le téléphone mobile en tant que continuité de l’individu en rapport avec la problématique identitaire. La seconde est consacrée à la technologisation de soi à travers l’appropriation du téléphone mobile et ce, au-delà d’une compréhension techno-centrée de l’outil. L’interactionnisme symbolique définit une identité comme le résultat d’un processus d’identification et celui-ci comme un construit social et un ensemble de traits associés à un type, à un rôle ou à un groupe social. En partant du postulat que les identités sont de nature symbolique, relationnelle et non essentialiste et que leur construction s’inscrit dans une dynamique culturelle, nous proposons dans le cadre de cet article, de comprendre l’identité à partir d’un triple référent : situationnel, individuel et narratif. Il sera ainsi question de différentes identités. Par exemple, on parle d’une catégorie jeune, vieux, homme, femme, etc. Ces catégories peuvent servir de label pour caractériser l’individu dans une interaction. Elles contribuent à structurer son « identité situationnelle ». L’identité narrative, selon Ricur, évoque le récit structuré de vie grâce auquel l’individu définit ses caractéristiques (Ricoeur, 1990). Cette identité narrative est étroitement liée avec ce que Michel Foucault appelle les « technologies de soi » (Foucault, 2001), notamment le téléphone mobile. Elle se sert des outils pour produire un récit de vie. Ce dernier peut être compris comme un vecteur d’interaction et de communication pour les jeunes. Situer les identités jeunes dans cette configuration nous aide à comprendre leurs rapports. Le référent situationnel renvoie à l’idée d’espaces, de scénarii et de lieux qui donnent au sujet l’idée de ce qu’il est, ce qu’il a été et ce que sont les possibilités objectives de ses pratiques mobiles. Il pourrait être le lien entre l’espace et la représentation que le sujet se fait de lui-même, ainsi qu’entre les images que les autres se font de cette identité. Ces identités peuvent être des structures de crédibilité déterminantes dans l’environnement médiatique des jeunes. En d’autres termes, le lieu social détermine des itinéraires quotidiens dans lesquels s’établissent les relations avec le réseau social, la ville, les institutions, etc. Nous avons constaté que les jeunes se « situent » dans la configuration des différents espaces dont ils font partie, en incluant impérativement le téléphone mobile comme un prolongement corporel. « Moi où je suis, où je bouge, mon téléphone est avec moi », nous disait Khadija, 21 ans, lors d’un entretien. Le référent situationnel prend encore plus d’importance à partir du moment où l’outil technique s’avère être l’instrument avec lequel ils s’approprient les différents espaces. L’existence de l’individu est étroitement liée à l’identité personnelle, au langage auto-référent et à l’action réflexive. Le sujet est considéré comme porteur d’un développement cognitif et émotif spécifique ou comme un sujet social et culturel. L’agencement du sujet social individuel se développe en différents scénarii. Les connaissances que le jeune a acquises dans sa vie jouent un rôle essentiel au niveau individuel. L’identité sexuelle de l’individu en détermine une autre, pour certains génétique, pour d’autres culturelle. L’âge est aussi un référent individuel dont la nature est à débattre. En dernier lieu, on peut mentionner l’ethnicité qui peut être mise en relation avec les conditions socioéconomiques et politiques quand on l’associe avec des groupes minoritaires. Ainsi, toutes ces notions liées au réfèrent individuel doivent se comprendre comme appartenant à un univers de cultures. […] Nous ne pouvons pas dissocier l’identité, du contexte qui la façonne, d’autant que nous nous intéressons à l’utilisation du téléphone mobile dans ses diverses formes, et à travers les pratiques et les productions auxquelles il donne lieu. Ollivier, en effet, mentionne que « les principaux moyens de produire à un niveau collectif de l’identification sont les productions culturelles ». En ce sens, toutes les utilisations que le téléphone mobile offre, peuvent être comprises comme des produits culturels et ces utilisations vont représenter de nouvelles formes de récit d’une identité. Le jeune et son identité narrative vont varier selon son état d’esprit, par rapport aux circonstances qu’il traverse. Pour nous, il ne faudrait pas séparer ces traits dans la compréhension de la construction d’une identité. Ce triple référent nous donne les bases principales pour essayer de comprendre le « sujet jeune » dans son contexte particulier de valorisation de soi. Nous pouvons voir ainsi que les éléments de cette triple référence sont profondément liés entre eux. Néanmoins, ces distinctions proposées ne prétendent pas résoudre le problème de la construction identitaire. Elles nous conduisent à identifier plusieurs aspects de cette problématique permettant la compréhension du «phénomène jeune» et l’utilisation du mobile.</p>
<p><strong>Le téléphone mobile prolonge-t-il l’individu ?</strong><br />
Plusieurs études ont souligné que pour la génération des jeunes et des adolescents il y a une nécessité certaine d’inventer des croyances, des valeurs et des signes d’orientation. David Le Breton, par exemple, justifie cette nécessité par un manque de traditions, de chemins tracés ou d’idéologies qui donneraient sens à leurs vies. Comment le téléphone mobile s’insère-t-il dans ce processus de construction identitaire ? Comment le jeune s’exprime t-il à travers cet outil ? En fait, le mobile ne représente pas seulement un objet pratique destiné à communiquer mais un objet surinvesti de sens et jouant un rôle essentiel dans la subjectivité réflexive de la personne. D’un point de vue démographique, le mobile touche le plus la catégorie des adolescents et des jeunes. Pour ces derniers, il est plus qu’indispensable, il est présent en tout lieu et à tout moment. Il représente un motif indissociable des représentations de la vie contemporaine (AFOM, 2007). Par sa présence massive et ses multiples incorporations à la personne (dans la poche, entre les mains, dans le sac, sous l’oreiller), le mobile acquiert aux yeux de son possesseur un intérêt particulier et l’accompagne dans tous les lieux et circonstances de vie. Le mobile, cette petite boite précieuse n’a pas pour seule fonction la communication pure. Il s’est intégré dans la gestualité contemporaine du téléphoniste mobile en devenant son ami intime et un remède efficace contre la solitude. Les jeunes rencontrés montrent à quel point le mobile révèle l’identité de son utilisateur et combien les discours des usagers illustrent la thèse de l’énonciation de soi à travers les différentes stratégies de personnalisation de l’objet.  Dans l’univers des jeunes, le mobile occupe une place privilégiée parmi les technologies du quotidien. Au sein de ces technologies, le mobile se trouve dans un espace, un temps et des mobilités très changeants. Le corps humain s’active et se transforme tous les jours à travers une multitude d’actions (manger, marcher, se laver, se vêtir&#8230;) et le mobile n’échappe pas à cette gamme de gestes routiniers mais indispensables pour toute personne. Les jeunes, transformant leurs mobiles avec une temporalité propre, s’approprient un espace, essaient de se retrouver dans les sociétés mondialisées. Ils expérimentent une émancipation à leur manière propre et authentique à l’égard de ce média. Il est donc nécessaire de repenser le concept d’identité à l’égard du mobile et de la communication, non pas seulement comme un ensemble de données ou caractéristiques dont l’origine est dans le passé, mais surtout comme une construction dynamique qui se produit dans le croisement entre de multiples interpellations qui proviennent de divers espaces et temporalités. Dans la culture juvénile, le téléphone mobile est devenu un objet irremplaçable, comme d’ailleurs les accessoires vestimentaires. Le personnaliser n’est donc pas considéré comme un artifice, mais plutôt comme une action spontanée et impulsive. Le mobile est un prolongement de la tenue vestimentaire et sortir de son domicile sans l’emporter est comme sortir nu, ou tout au moins en ayant oublié de mettre un vêtement ou un accessoire de base : les clés, le pull, le pantalon, les chaussures, etc. Restant souvent à portée de main, il se laisse transformer par son utilisateur. Ce dernier ne cessant de « l’esthétiser » et de le personnaliser en fonction de ses goûts, en fait un réservoir de son intimité, un peu à la manière du journal personnel et des carnets de voyage qui constituent un espace privilégié pour l’exposition « technologique » de soi. Le corps est un médium puissant de communication. Vêtements, accessoires, ornements, déguisements l’ont toujours soumis aux codes d’une esthétique partagée. Déshabillé, habillé, le corps mis en forme permet à l’individu de s’inscrire dans une société, rentrer dans une communauté, appartenir à un groupe. En effet, l’esthétique vestimentaire communique beaucoup sur la personne.</p>
<p><strong>Le mobile et l’angoisse de la séparation</strong><br />
Peu d’objets technologiques de l’ère contemporaine se sont glissés de manière aussi massive et significative dans la gestualité quotidienne. Par ses promesses, ses spécificités et son utilité technique, le mobile se laisse facilement manipuler. Il est aisé de l’adapter au corps en établissant une correspondance harmonieuse entre corps et objet […]  Quitter son domicile sans mobile équivaut à un état de désorientation totale. Loin d’être exagérée, cette interprétation est confirmée par les dires des jeunes eux-mêmes. Le téléphone mobile, considéré davantage comme un objet inséparable du corps que comme un outil de la communication, les accompagne dans tous les moments de la journée. Il est devenu, en quelque sorte, le réceptacle de leurs affects. En ce sens, la relation du sujet à l’objet peut être révélatrice de sa psychologie et de ses états d’âme. L’insécurité, le sentiment de solitude, de manque et de séparation de son réseau relationnel peuvent être quelques-unes des conséquences de la perte ou de l’oubli du mobile chez les jeunes «accros». En effet, la perte de l’objet symbolise à la fois toutes ces choses. Elle participe au dysfonctionnement de tout un univers. C’est pour cela qu’on peut désormais considérer le mobile comme un objet qui ne cesse de nous lier.</p>
<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-5978" title="mob02" src="http://www.itmag-dz.com/wp-content/uploads/2011/11/mob02.jpg" alt="" width="348" height="513" />Dormir avec son téléphone mobile</strong><br />
« Il est tout le temps avec moi », « moi je dors avec mon téléphone », « il fait partie de ma vie ». Dans les entretiens, rien n’est plus naturel que d’être constamment en compagnie de son téléphone mobile. C’est devenu effectivement une « technologie du soi ». En fait, l’avoir toujours sur soi est synonyme de contact permanent avec le réseau, dans le cas contraire, la communication serait bloquée. Le mobile est souvent transporté dans tous les endroits imaginables : le lieu de travail, les transports, les pièces de la maison, au fur et à mesure des allées et venues, jusque dans la salle de bains ou la chambre à coucher. Le fait de dormir avec, n’est pas exceptionnel, parmi les jeunes, mais une quasi-constante. Il apparaît nécessaire de le garder toujours, même sous l’oreiller pour être certain de l’entendre au cas où il sonnerait la nuit. Ne pas l’avoir toujours avec soi se révèle comme un indice de non-appropriation. L’habitude de dormir avec son mobile est intéressant pour l’analyse. Il démontre que cet appareil est devenu pour certains jeunes plus qu’un objet indispensable. Son intégration dans la routine corporelle étant un fait évident, l’objet est inséparable du sujet et l’éteindre un moment ne sera quasiment jamais pensé. Le mobile apparaît comme un prolongement corporel, dont l’usage relève de l’intime. Prolongement corporel ou seconde peau, le mobile l’est sans doute dans la mesure où « la frontière marquée entre intérieur et extérieur est un rôle joué habituellement par la peau » (Craipeau, 2007, 221), Cette image démontre combien l’objet peut représenter un véhicule de l’identité. La matérialité de l’objet est éloquente au-delà de sa représentation sociale. Autrement dit, à travers l’action d’éteindre son mobile, c’est toute une dimension méta-communicationnelle de l’objet qui se laisse découvrir. L’objet fonctionne ainsi comme un producteur de notre existence, par conséquent il n’est pas inintéressant de remarquer jusqu’à quelle limite cette « technologie de soi » tisse des rapports fins et intimes avec le corps humain. Corinne Martin souligne dans Le téléphone portable et nous quelques routines d’attachement au téléphone mobile.  Les jeunes ont la spécificité d’évoquer l’incorporation à l’objet avec le langage le plus simple et familier. Parce qu’à plusieurs moments des entretiens, il leur a été demandé de décrire leurs sentiments face à l’oubli ou la perte de leur téléphone, ils n’ont pas hésité à se montrer prolixes en révélant leurs rituels associés au téléphone mobile. « En sortant la première chose à laquelle je pense est celle de ne pas avoir oublié mon portable tandis qu’on peut sortir sans radio, sans walkman, mais le portable doit être là. » Cette incorporation de l’objet, cette proximité et cette familiarité avec le corps n’ont rien de rationnel et ne suscitent par conséquent aucune réflexivité. Il est à noter que la petite taille du mobile facilite son déplacement devient un élément essentiel pour son incorporation. C’est ce que soulignent les paroles du vice-président de Nokia-France : « le succès du téléphone dépend de sa petitesse et de sa légèreté, pour le mettre dans la poche » (Martin, 2007, p112). Cependant, cette caractéristique matérielle du mobile n’est pas la seule à nous intéresser. C’est également sa polyvalence dans la mesure où il est utilisé de plus en plus comme téléphone, horloge, baladeur, carnet personnel, boîte à jeux ou même outil pour navigation qui explique les mécanismes profonds d’attachement à l’objet. Cette polyvalence transforme l’objet en un monde à soi.</p>
<p><strong>Une signification renversée de l’acquisition du mobile</strong><br />
Au-delà de la signification renversée de la possession de l’objet, nous pouvons distinguer deux catégories symboliques : la première pour laquelle exposer le mobile n’est plus un signe de richesse dans une société où toute personne est susceptible d’en avoir au minimum un. La deuxième pour laquelle, le mobile, surtout tactile, devient un objet à forte connotation sémiotique : par exemple, la dernière vague des tactiles a plusieurs caractéristiques techniques (3G, logiciels d’exploitation, mémoire très large, jeux interactifs, visioconférence, etc.). On se retrouve là face à des mobiles avec des propriétés techniques et valeurs polysémiques toujours augmentées. Cette distinction relative à une technologie de soi très populaire à l’heure actuelle, fait partie de tout un répertoire de comportements. Chez les jeunes, avec le tactile, nous pouvons constater une mise en scène constante du téléphone high-tech, justement pour révéler une chose importante : « Toi t’as un tactile, et ben moi aussi ! » Il s’agit d’avoir accès aux mêmes services, d’être aligné sur les pairs, bref de posséder équitablement un objet high-tech, pour concrétiser le besoin d’être ensemble. Dans un sens plus large, cette idée d’être ensemble se manifeste dans l’usage et l’appropriation de toutes les technologies de communication. Ces dernières sont là pour réduire l’espace-temps des utilisateurs en multipliant les opportunités de contacts (Licoppe, 2000). De même, les jeunes ont tendance à exhiber continuellement leur téléphone afin de se forger une certaine image sociale (supériorité et pouvoir technologiques). Ce double spectacle du visible/invisible, être/paraître joué par les deux catégories, met en évidence l’une des facettes étranges de l’objet mobile. Ce dernier est devenu non seulement un signe du jeu opéré sur la distinction sociale, mais aussi et surtout un écran derrière lequel l’on se retire périodiquement (Hall, 1971) pour énoncer ce qu’on souhaite être aux yeux des autres. Dans la vie sociale, les actes relationnels exigent une certaine mise en forme. Les activités les plus courantes ne laissent pas au corps un rôle purement instrumental : regards, mimiques, attitudes corporelles sont autant de signes que les interlocuteurs engagés dans une relation utilisent et reçoivent en tant que tels. Erving Goffman, pour décrire la représentation de soi, adopte des modèles empruntés du théâtre. L’individu, en présence d’autrui, ordonne les expressions qu’il produit et contrôle les impressions que les autres reçoivent par des techniques que cet auteur assimile aux techniques de mise en scène (Caune, 1997). L’exemple des utilisateurs exhibitionnistes du mobile relève parfaitement de ce type de techniques mises en place pour la théâtralisation de soi. En cherchant dans les récits, nous avons trouvé un exemple qui nous montre comment le marketing mobile réussit à aiguiser davantage les désirs technologiques des jeunes. Délia et Ibtissame avaient comme projet de changer leur mobile « pourri » contre un téléphone tactile […] Au milieu des années 1990, avec l’essor de la téléphonie mobile, l’acquisition d’un mobile avait une dimension symbolique forte dans la mesure où elle conduisait à la valorisation de l’image publique. L’utilisation du mobile en public attirait l’attention de l’entourage, faisait sortir un peu de l’anonymat, et conduisait chacun à assumer ou refuser involontairement cette distinction créée. Maintenant, avec la possession généralisée du mobile, ce n’est presque plus le cas. Ce qui nous paraît important ici, ce n’est pas l’acquisition de l’objet par ces jeunes. Mais plutôt le constat que, pour retrouver des significations partagées liées à la possession de l’objet, qu’il soit performant ou non, il est nécessaire de s’écarter de l’objet lui-même pour s’intéresser aux comportements qu’il génère. Comme tous les techno-objets (walkmans, baladeurs, micro-ordinateurs) qui, au début de leur diffusion, étaient précieux puis ont perdu de leur valeur une fois popularisés, le téléphone mobile a une force et une fonction de modèle. Au début de son lancement, les anecdotes sur les façons de l’exposer, les tentatives de le voler, les craintes de le faire tomber en panne, étaient très courantes et dessinaient les traits d’une comédie technologique dont les personnages étaient assimilés à de faux « branchés ». Même si ces 5 dernières années, l’exposition du mobile est statistiquement moins fréquente, la mise en scène à laquelle il donne lieu dans la vie quotidienne est toujours là. Montré ou caché, le mobile continuera toujours de se dénuder sous l’il public.</p>
<p><strong>Construction de soi et stratégies mobiles de personnalisation</strong><br />
Nous avons tous hérité des manières correctes qui permettent de vivre ensemble et structurent nos modes de socialisation, comme par exemple le fait de rester discret, de ne pas espionner les autres, de veiller à ne pas perdre ses affaires&#8230; Avec le mobile, la logique de ces « bonnes manières » est totalement renversée. Dans un contexte « intra-tribal », dès que des copains se mettent à comparer leurs mobiles au niveau des sonneries, des marques, des couleurs, de toutes performances esthétiques ou pratiques, on s’aperçoit que chacun peut reconnaître facilement le téléphone de l’autre à partir d’un simple petit détail. Ce n’est pas seulement le son, la forme ou même la marque qui peut être identique, ce sont aussi des détails pointus qui aident les acteurs à établir les correspondances entre l’objet et le soi : rayures sur le dos, brillance, tags, etc. Bien sûr ces correspondances n’apparaissent pas ex nihilo, elles ne sont pas inhérentes au mobile mais appartiennent au référent situationnel de l’acteur. En effet, s’il n’y avait pas de tels liens d’amitié ou de telles affinités entre ces jeunes, le mobile ne jouerait pas son rôle d’identification. Le mobile n’est pas comme un malin génie qui nous divulguerait des secrets sur l’identité inconnue des gens. Il pourrait sonner toute la journée dans un milieu sans que personne ne s’en aperçoive ! Le téléphone mobile est un objet inscrit dans le prolongement de connexions sociales organisées. Son identification aux « personnages » est liée à un réseau fin mais complexe de relations. Mais ce n’est pas le nombre de personnalisations qu’on a effectuées sur le mobile qui va aider à le retrouver, une fois caché ou perdu, dans un environnement proche. C’est le référent situationnel en jeu qui va permettre d’identifier le propriétaire du mobile. La présence des mobiles dans l’espace partagé est soumise à un code de conventions et à un capital de reconnaissance mutuelle. Cette question du cadre plutôt que de l’objet lui-même nous montre que le mobile n’est pas un objet comme les autres. Plus qu’un autre « il est au centre, au carrefour des identités et des relations partagées, plus qu’un autre il est au plus près du vécu et des habitudes de chacun ». (Gonord et Menrath, 2005, p114)</p>
<p><strong>Un outil personnel, une technologie de soi</strong><br />
En fait, si le téléphone mobile est conçu comme un puissant indicateur de l’identité individuelle, il révèle beaucoup de choses sur soi et sur l’autre. L’existence de l’individu est étroitement liée à la construction d’un soi, l’expression d’une identité, ainsi qu’à la sensibilité expressive. Les actions qu’il entreprend à un niveau personnel sur son mobile, engendrent de nouvelles passions et satisfactions, de nouveaux pouvoirs. Toutes celles que les jeunes réalisent avec leur téléphone s’articulent complètement avec leur « soi », leur identité. Il n’existe aucune action humaine qui ne dépende pas d’un cadre général de répétition. L’homme organise sa vie active et intellectuelle selon des « technologies » historiques, dérivées de discours interprétatifs de la réalité qui ne sont construits ni pour lui ni pour un autre. Foucault (Foucault, 2001) mentionne que les technologies du soi sont un ars vivendi : elles concrétisent les opérations qu’un individu doit exécuter sur son corps et son âme pour aboutir à un état complet d’humanité. Nous allons transposer cette analyse auprès des jeunes pour comprendre comment ils fabriquent et s’approprient le mobile comme une technologie de soi dans son environnement quotidien. Les jeunes adoptent divers modes d’utilisation de cet outil. Le mobile n’est plus un téléphone lié à un espace précis (bureau, maison, transports). Il est devenu un instrument de communication indépendant de tout espace. C’est un téléphone qui se réfère exclusivement à l’individu. La communication est devenue un atout dans toutes les actions que le sujet peut mener avec l’outil. Elle se démocratise et s’individualise pour toutes les personnes qui acquièrent un mobile. Le téléphone mobile, pour les jeunes, est devenu un outil personnel par excellence. Il appartient à un « soi », et ce « soi » est à la fois le « sujet en tant qu’objectivation produite par des dispositifs normatifs et travaillés par le réseau complexe des rapports de pouvoir, et une subjectivité qui se réapproprie d’elle-même [] et qui simultanément se réinvente, se produit. » (Revel, 2005, p209). Autrement dit, les jeunes prêtent au mobile différentes fonctions et valeurs par rapport aux situations […]</p>
<p>Par Mahdi Amri *</p>
<p>* Docteur qualifié en sciences de l’information<br />
et de la communication, IUT Nancy-Charlemagne, Université Nancy 2.</p>
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		<title>La question a été soulevée lors d’un « Google Ideas » : Quelle gouvernance  appliquer à Internet ?</title>
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		<pubDate>Mon, 18 Jul 2011 08:43:58 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L’enjeu de la bataille pour le contrôle d’Internet est essentiel car il concerne à peu près tout le monde. Fin juin à Dublin, une conférence a réuni, pendant trois jours, chercheurs, politologues, spécialistes des technologies de l’information, terroristes repentis et extrémistes en herbe, autour de la question : comment éviter la radicalisation des jeunes ? [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" href="http://www.itmag-dz.com/wp-content/uploads/2011/07/internet.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-5203" title="internet" src="http://www.itmag-dz.com/wp-content/uploads/2011/07/internet.jpg" alt="" width="350" height="197" /></a>L’enjeu de la bataille pour le contrôle d’Internet est essentiel car il concerne à peu près tout le monde</strong>.</p>
<p>Fin juin à Dublin, une conférence a réuni, pendant trois jours, chercheurs, politologues, spécialistes des technologies de l’information, terroristes repentis et extrémistes en herbe, autour de la question : comment éviter la radicalisation des jeunes ? Et comment «<em>déradicaliser</em>» ceux qui ont déjà basculé dans la violence ? Heureuse initiative. Mais, au-delà du débat sur le fond, l’origine de ce «<em>Sommet contre l’extrémisme violent</em>» ouvre des perspectives intéressantes sur la manière dont les acteurs de l’Internet font irruption dans des domaines qui, traditionnellement, relèvent de la compétence des Etats. Car ce n’était ni une officine de l’ONU ni une obscure institution intergouvernementale qui organisait ce sommet, mais Google, le géant du Web. Ou, plus précisément, «<em>Google Ideas</em>», Google Idées. Créé en 2010 au sein de la firme du célèbre moteur de recherche, Google Idées n’est pas un département de recherche, ce n’est pas une fondation, ce n’est pas non plus un think-tank, un réservoir à idées.</p>
<p><strong>La question sans réponse</strong></p>
<p>C’est, nous explique Google dans un charmant néologisme, un «<em>think-do tan</em>k » : une unité qui veut «<em> marier les idées et l’action</em> ». Pour diriger ce « <em>think-do tank</em> », Google a débauché une jeune pousse de l’équipe d’Hillary Clinton : Jared Cohen, 29 ans. Jared Cohen avait rejoint le département d’Etat, en 2006, après avoir beaucoup voyagé en Iran et au Moyen-Orient et réalisé à quel point la pénétration des nouvelles technologies au sein de la jeunesse de cette région, tout particulièrement Internet et les téléphones mobiles, pouvait être un facteur de changement. Sous la houlette d’Alec Ross, le conseiller en innovation d’Hillary Clinton, Jared Cohen a aidé l’administration américaine à formuler une politique dans ce domaine et son chemin a naturellement croisé celui d’Eric Schmidt, le PDG de Google, qui l’a recruté en octobre 2010. On ne saurait reprocher à Google, une entreprise tant décriée pour son emprise tentaculaire sur le Net et sur le marché, de vouloir contribuer au bien public et universel. En réalité, comme d’autres grandes firmes du Net, le géant de la Silicon Valley est lancé dans une course de vitesse avec les gouvernements qui se posent de plus en plus sérieusement la question : faut-il gouverner Internet ? Bien sûr, poser la question est déjà y répondre. Et si la réponse est oui, quelle gouvernance lui appliquer ? L’enjeu de la bataille pour le contrôle d’Internet est essentiel car il concerne à peu près tout le monde : acteurs gouvernementaux, géants du secteur privé qui, partis de rien, y occupent des positions dominantes, acteurs de l’innovation technologique, start-up qui essaient de se faire à leur tour une place au soleil, institutions académiques et, accessoirement, l’immense population mondiale, directement interconnectée grâce à cet outil révolutionnaire et à ses supports chaque jour plus innovants.</p>
<p><strong>Lignes de fractures</strong></p>
<p>C’est ce débat qui s’est dessiné en toile de fond de l’e-G8 organisé par Nicolas Sarkozy, fin mai, à Paris, à la veille du G8 de Deauville. Que le président français ait réussi à attirer sous des tentes aux Tuileries, en si peu de temps, tout le gotha du high-tech ne s’explique pas seulement par son irrésistible pouvoir de séduction personnel : les grands patrons des entreprises qui dominent le marché du Net ont senti le vent tourner, en particulier en Europe, et n’ont aucune envie que l’on ébauche des axes de réglementation en leur absence. Pendant deux jours de discussions assez franches, les lignes de fracture se sont clairement révélées. Il y a les partisans d’un contrôle coordonné au niveau international, qui ont comme chef de file le président Sarkozy et son concept quelque peu oxymoron d’«<em> Internet civilisé</em> ». Pour eux, une réglementation internationale s’impose face aux fléaux du piratage, de la pédophilie et du terrorisme.  Il y a ceux qui, solidement ancrés dans l’univers d’Internet, veulent défendre leurs acquis, s’opposent à tout contrôle gouvernemental au nom de la liberté d’expression et affirment que de tels contrôles étoufferaient l’innovation ; ils rêvent de dépasser le principe de « <em>neutralité </em>» de l’Internet, qui veut que tous les utilisateurs, riches et pauvres, puissants et anonymes, bénéficient du même accès pour alimenter les contenus du World Wide Web. Ils font également valoir que la technologie va si vite que toute législation risque d’être dépassée avant même d’être mise en œuvre, comme on l’a vu avec la loi Hadopi. Ce groupe-là englobe les patrons de Facebook, Amazon, Google, eBay, Yahoo ! et autres géants. Et puis il y a les libertaires, qui d’une part mettent en garde les gouvernements contre l’effet de censure – « <em>First, do no harm</em> » («<em> surtout, ne faites pas de mal</em> »), a imploré le spécialiste des medias Jeff Jarvis devant M. Sarkozy &#8211; et d’autre part demandent aux groupes privés dominants de faire la place aux « <em>entrants</em> », jeunes innovateurs d’aujourd’hui qui seront peut-être à leur tour les géants de demain. « <em>Ce qu’il faut, c’est un Internet qui accepte les principes d’ouverture d’accès, un réseau neutre, pour favoriser ceux qui sont pour l’instant à l’extérieur</em> », résume le professeur Lawrence Lessig, de Harvard. Fin juin, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui regroupe les pays industrialisés, s’est également penchée sur la question lors d’un sommet à Paris. Elle a prudemment opté pour une déclaration privilégiant la liberté sur Internet. La fameuse « <em>approche multi-stakeholders </em>», ménageant les intérêts de tous ceux qui sont parties prenantes, sur laquelle reposent l’ouverture et la créativité de l’Internet, est donc préservée. Les Etats-Unis, qui revendiquent jalousement la paternité de l’Internet, et leurs géants électroniques privés veillent au grain. Mais ils savent que face aux offensives des régimes autoritaires, qui tirent les leçons du « <em>printemps arabe</em> » et déploient d’énormes efforts pour contrôler l’Internet à l’intérieur de leurs frontières, et face à l’inquiétude de gouvernements démocratiques européens soucieux de ne pas laisser l’anarchie du Net déborder l’organisation de la vie sociale et intellectuelle, ils vont devoir redoubler de vigilance.</p>
<p><em>In le Monde du 10/07/2011</em></p>
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		<title>Dépendance ou addiction au Net : La prévention  pour seule arme - Dépendance ou addiction au Net</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2011 20:27:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>itmag11</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dépendance ou addiction au Net Les nouvelles technologies ont modifié nos comportements habituels, au point qu’elles s’imposent dans nos vies à notre insu. C’est ainsi pour Internet. Il est impensable d’imaginer une journée sans consulter sa boîte e-mail, du moins pour les habitués du Net. Désormais, tous les opérateurs offrent leurs services sur le Net ; [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dépendance ou addiction au Net</p>
<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-4660" href="http://www.itmag-dz.com/2011/06/dependance-ou-addiction-au-net-la-prevention-pour-seule-arme/addict/"><img class="alignleft size-full wp-image-4660" title="addict" src="http://www.itmag-dz.com/wp-content/uploads/2011/06/addict.jpg" alt="" width="320" height="240" /></a>Les nouvelles technologies ont modifié nos comportements habituels, au point qu’elles s’imposent dans nos vies à notre insu. C’est ainsi pour Internet. Il est impensable d’imaginer une journée sans consulter sa boîte e-mail, du moins pour les habitués du Net. Désormais, tous les opérateurs offrent leurs services sur le Net ; espace où il est plus facile de payer sa facture que d’attendre une heure devant le guichet. Pour acheter un  livre, il suffit d’un clic sur n’importe quel site de vente et vous avez le livre que vous voulez. Pour communiquer avec nos cousins et amis dans les pays lointains, il est encore plus facile de les contacter par le Net, avec des prix raisonnables, voire gratuits pour certains, que d’utiliser les moyens traditionnels. Alors en quoi le Net peut-il être dangereux ? En effet, on peut rester plusieurs heures sans faire attention qu’on est devenu « dépendant ». L’utilisation des termes dépendance et addiction est en cours de débat1. Selon certains spécialistes, en 2011, le terme de dépendance va céder la place à « l’addiction ». Qu’est-ce que l’addiction ? L’addiction n’est pas caractérisée par la dépendance physique à un produit, mais par la recherche compulsive de drogue. C’est Otto Fenichel en premier (1949) qui avait soulevé la question des «  toxicomanies sans drogues ». Cependant, l’état addictif correspond à un dysfonctionnement du circuit cérébral de la récompense et à des modifications dans les zones impliquées dans la prise de décision. Sur le plan neuro-anatomique, la transition vers l’addiction ne se produit que chez une fraction des consommateurs. La perte durable de plasticité synaptique jouerait un rôle dans cette transition. Ainsi, le terme « addiction à Internet » a été utilisé pour la première fois à Toronto en 1996, lors du colloque de l’American Psychological Association (APA). A cette occasion, la psychologue américaine Kimberly Young, présentant ses recherches dans un article intitulé « Internet Addiction : The emergence of a New Clinical Disorder », a démontré que certains consommateurs manifestent une dépendance à Internet, de la même façon que certaines personnes deviennent dépendantes de substances toxiques, de l’alcool ou du jeu. De fait, comme pour les autres formes d’addiction, celle à Internet conduit à une diminution de la performance au travail2 et provoque des désordres conjugaux pouvant aller jusqu’à la séparation. L’addiction à Internet se manifeste sous quatre formes, selon Jean-Charles Nayebi, docteur en psychologie et auteur  de « Cyberdépendance en 60 questions »3: le cyberjeu, une dépendance ou la forme de dépendance à Internet qui concerne les joueurs sur un ordinateur en réseau ; la cyberdépendance relationnelle, intéressant le champ de la communication et qui concerne l’établissement de relations via Internet et le suivi de ces relations par les moyens offerts par la technologie d’Internet ; le cybersexe, dépendance qui concerne la fréquentation assidue de sites pour adultes à contenu pornographique et, enfin, le cyber-amassage ou « cyberhoarding », une addiction qui concerne le comportement d’« amassage » outrancier des contenus et des informations sur le réseau. En quoi l’addiction à Internet (la cyberdépendance) peut-elle être néfaste pour l’individu ? Comme nous l’avons souligné plus haut, il s’agit d’un comportement addictif. Ainsi, le système neuro-fonctionnel qui est impliqué est le système de récompense. En plus des troubles pathologiques connus pour la recherche compulsive de drogue (Internet, sexe, alcool, etc.), des études ont montré que les enfants qui utilisent, par exemple, les jeux vidéo sur le Net ont des troubles du sommeil, favorisant les cauchemars4.  Que faire ? La prévention est le maître mot de la lutte contre l’addiction à Internet. Très souvent, l’incursion de l’informatique dans les foyers ne donne lieu à aucune mise en garde : aucune « hygiène » de la consommation n’est dispensée à l’égard des jeunes utilisateurs. Il faut donc informer et sensibiliser sur les dangers du Net (la moyenne normale de navigation sur le Net est estimée à 8 heures par semaine). Lorsque l’addiction à Internet est instaurée chez une personne, des thérapies brèves et la participation aux groupes de parole peuvent permettre des progrès notables dans un temps relativement bref, pour changer ses comportements de consommation. Il s’agira pour le thérapeute et pour son patient de comprendre ce que signifie réellement cette dépendance dans la vie du sujet, quels en sont les mécanismes et comment s’y prendre pour démonter ces mécanismes pathogènes.</p>
<p><em>Yazid Haddar *</em></p>
<p>*Neuropsychologue<br />
1     Cf. La recherche N°40, Août 2010.<br />
2     http://www.statcan.gc.ca/bsolc/olc-cel/olc-cel?catno=56F0004M2006013&amp;lang=fra<br />
3     Cf. «Cyberdépendance en 60 questions», RETZ, Paris, Mars 2007.<br />
4     Cf. Cerveau et psycho N° 34. 2010.</p>
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		<title>Un compromis doit être trouvé entre effets positifs et négatifs : Les TIC fabriquent-elles des gens violents ?</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Mar 2011 11:31:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>yasmine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au vu de l’universalité des nouvelles technologies, la réflexion posée quant aux effets directs des nouvelles technologies sur le comportement ne peut concerner telle ou telle population du monde de façon distinctes, mais elle est bien d’envergure « humaine ». Cette étude canadienne menée par des enseignants renseigne sur la prise de conscience quant à la nécessité [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au vu de l’universalité des nouvelles technologies, la réflexion posée quant aux effets directs des nouvelles technologies sur le comportement ne peut concerner telle ou telle population du monde de façon distinctes, mais elle est bien d’envergure « humaine ». Cette étude canadienne menée par des enseignants renseigne sur la prise de conscience quant à la nécessité d’arriver à un compromis essentiel entre effets néfastes et positifs des TIC sur la santé physique et mentale afin d’identifier la façon la plus à même de protéger l’utilisateur, particulièrement le plus jeune </strong></p>
<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-2714" href="http://www.itmag-dz.com/2011/03/17/un-compromis-doit-etre-trouve-entre-effets-positifs-et-negatifs-les-tic-fabriquent-elles-des-gens-violents/violence/"><img class="alignleft size-full wp-image-2714" title="violence" src="http://www.itmag-dz.com/wp-content/uploads/2011/03/violence.jpg" alt="" width="250" height="289" /></a>Certaines statistiques, comme celles énumérées par « goodplanet.info », nous démontrent que les technologies de l’information et de la communication sont partie intégrante de notre quotidien. Lorsque nous abordons les TIC, nous abordons non seulement des outils pédagogiques, mais aussi l’ensemble des technologies utilisées par l’humain telles que les cellulaires, les consoles de jeu, les ordinateurs, etc. Or, ces nouvelles technologies ont-elles des effets sur la santé des principaux utilisateurs, soit les jeunes issus de la génération C (nés avec Internet) ? Quels sont les effets physiologiques, psychologiques, quel est le rôle des milieux scolaires dans l’évolution des jeunes aux côtés de ces technologies ? Pouvons-nous favoriser l’apparition d’effets positifs et contribuer à l’extinction des effets négatifs ?</p>
<p>Des effets positifs de la Kinect !</p>
<p>Il y a quelques aspects physiques positifs qui concernent les technologies de l’information. Bruno Heubi, un entraîneur de sport et professeur d’éducation physique reconnu, commente les impacts négatifs des TIC en ce qui concerne l’activité physique chez les jeunes : « Ces déficits trouvent leurs explications dans l’évolution des modes de vie et des habitudes alimentaires. En effet, la multiplication des jeux électroniques, les heures toujours plus nombreuses passées devant le petit écran ou les ordinateurs ont un effet désastreux sur la condition physique de nos enfants, même ruraux, qui savent de moins en moins utiliser leur corps. Au lieu de sortir afin de retrouver les copains pour une partie de football, de jouer aux cow-boys et aux Indiens ou aux gendarmes et aux voleurs comme le faisaient les générations précédentes, c’est devant l’écran de la télévision, de l’ordinateur ou de la « gameboy » qu’ils passent l’essentiel de leurs loisirs. Ces activités étant souvent couplées à un grignotage intempestif. » Plus le temps avance, plus les technologies vont dans le sens de l’activité physique, par exemple la Wii ou le Kinect, où avec ce dernier nous n’avons plus besoin de « manettes ». Le temps où nous restions assis à jouer aux jeux vidéo est révolu. On peut, grâce à ces nouvelles technologies, se fixer un objectif pour améliorer sa forme physique et bouger dans son salon. Il est certain que ces jeux ne sont pas équivalents à un effort physique normal, mais c’est tout de même mieux que de rester assis pendant plusieurs heures devant le téléviseur. Ce nouveau type de jeux favorise également l’exercice physique et l’activité intellectuelle chez les personnes paralysées partiellement ou ayant une déficience intellectuelle. Selon le site livewii.fr : « L’histoire se déroule aux Etats-Unis, à Prescott plus précisément, dans un centre médical spécialisé dans la rééducation physique. La plupart des patients sont lourdement paralysés et n’ont souvent que quelques membres encore mobiles. C’est le cas d’un certain Bill Powell, en fauteuil roulant et n’ayant plus que l’usage d’une seule de ses mains. Passionné de sports en tout genre, son handicap faisait qu’il ne pouvait guère s’adonner à une quelconque activité physique régulière. Et la Wii est arrivée. Wii Sports ou Wii Play se jouant principalement à une seule Wiimote, le concept ne pouvait que correspondre parfaitement à ce patient. Et désormais, une majorité des résidents de ce centre passe beaucoup plus de temps à mêler instinctivement la coordination physique et intellectuelle. C’est ce que confirme la directrice du lieu, ravie de voir un tel engouement. Au point que plusieurs Wii équipent désormais les locaux.» Nous devrions suivre leur exemple et utiliser ces consoles pour venir en aide aux personnes limitées qui veulent continuer de pratiquer certains sports. Ce type de stimulation les aide à rester actifs autant mentalement que physiquement.</p>
<h3><strong>Transformations physiques…</strong></h3>
<p>En ce qui a trait aux effets physiologiques néfastes, certaines études, notamment celles effectuées par Statistiques Canada, démontrent que les heures passées devant l’écran (jeux vidéo, télévision et ordinateur) peuvent influencer le poids des enfants ou des adolescents. En 2004, une étude effectuée par Statistique Canada disait que plus du tiers (36 %) des enfants de 6 à 11 ans passaient plus de deux heures par jour devant l’écran. Ces enfants étaient deux fois plus susceptibles de faire de l’embonpoint/obésité que ceux dont le temps passé devant l’écran était d’une heure et moins par jour (35% par rapport à 18%), et environ deux fois plus susceptibles d’être obèses (11% par rapport à 5%). Dans cette même étude, les adolescents (12 à 17 ans) ont, eux aussi, été questionnés. Les questions étaient formulées à ce que le temps passé devant l’écran soit déterminé sur une base hebdomadaire. Les taux combinés d’embonpoint et d’obésité chez les adolescents variaient entre 23% chez ceux dont le temps passé devant l’écran était inférieur à 10 heures par semaine et 35% chez ceux dont il était de 30 heures et plus par semaine. On peut constater, en analysant ces résultats, que les jeunes qui passent plus de temps devant un écran sont davantage susceptibles de présenter de l’embonpoint, et même de l’obésité. Comme cette étude s’est effectuée en 2004, on peut imaginer que les statistiques ont augmenté, car, à cette date, les chiffres relatifs aux enfants étaient plus élevés que ceux aux adolescents et les enfants de 2004 sont maintenant des adolescents.<br />
Certains autres problèmes de santé peuvent être causés par l’utilisation excessive de l’ordinateur. Le syndrome du tunnel carpien est occasionné par des mouvements répétés et excessifs du poignet et des doigts tels ceux demandés par l’utilisation d’un clavier et d’une souris. Il se prononce par des picotements dans les doigts et des pertes sensorielles. A un stade plus avancé, il y a perte de sensations et affaiblissement des muscles, ce qui cause des difficultés dans l’exécution de gestes précis. Selon le site du Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail, la saisie de données au clavier ou l’usage de la souris sont des activités associées au syndrome du tunnel carpien. L’ordinateur présente quelques défis en matière d’éclairage. Comme le travail rapproché peut causer des problèmes tels de la fatigue, des maux de tête, des yeux secs, une vision trouble, il est important de régler les niveaux de luminosité et de contraste des ordinateurs comme il se doit. De plus, l’écran est lui-même une source de lumière, il n’a donc pas besoin d’être éclairé par une source externe. Il est important d’ajouter que la qualité de l’image à l’écran est un autre facteur important. L’œil de l’utilisateur devient surmené par les efforts soutenus qu’il doit faire pour interpréter des caractères trop petits, embrouillés ou autrement difficiles à lire.</p>
<p><strong>Des effets psychologiques positifs avérés </strong></p>
<p><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-2717" href="http://www.itmag-dz.com/2011/03/17/un-compromis-doit-etre-trouve-entre-effets-positifs-et-negatifs-les-tic-fabriquent-elles-des-gens-violents/violence02/"><img class="alignleft size-full wp-image-2717" title="violence02" src="http://www.itmag-dz.com/wp-content/uploads/2011/03/violence02.jpg" alt="" width="250" height="146" /></a>Ensuite, il est important de prendre note des effets psychologiques positifs de l’informatique auprès de nos jeunes. Tout d’abord, si nous prenons les jeux vidéo, il n’y pas seulement des effets négatifs à jouer à des jeux de guerre. Mme Patricia Marks Greenfiel a fait une recherche durant plus de 15 ans sur ce sujet et elle prétend : « <em>Le fait de jouer à un jeu vidéo améliore la capacité à se représenter l’espace tridimensionnel. Cela a également un apport conséquent sur l’amélioration de l’intelligence déductive. Les processus permettant, à partir d’une observation, de formuler des hypothèses et de définir des stratégies adéquates sont ainsi renforcés. Enfin, le jeu vidéo est perçu comme un moyen de développer chez le joueur une capacité de gestion de tâches multiples et simultanées</em> ». Nous pensons qu’il est important de prendre en considération ces éléments puisque, souvent, nous avons une mauvaise perception des jeux vidéo. La lecture de cet article nous amène aussi à penser que les jeunes apprennent souvent par essai et erreurs et que les jeux vidéo fournissent cette formule. Alors, pourquoi ne pas prendre ce médium pour transmettre la matière à apprendre.<br />
Par la suite, nous pensons que l’informatique, telle qu’Internet, a ses bienfaits auprès des jeunes lorsqu’elle est utilisée de façon adéquate. C’est-à-dire que les jeunes peuvent trouver tout ce qu’ils désirent sur Internet et s’enrichir au maximum de nouvelles connaissances. Par contre, ils doivent être en mesure de cerner les bonnes informations. Donc, nous pensons que le fait d’avoir une accessibilité aussi facile aux informations est un énorme bienfait sur le cognitif de l’enfant.<br />
Une autre partie de l’Internet présente un réel bienfait de son utilisation; le tchat. Ce dernier,  malgré les divers problèmes qu’il peut engendrer, permet aux jeunes une ouverture sur le monde. Il est très enrichissant de tchater avec quelqu’un d’un autre pays, ayant une autre culture, afin d’en connaître davantage sur lui. Le fait de créer une ouverture sur le monde est un effet psychologique très positif pour les jeunes. Ensuite, un autre aspect est présent; la motivation. Les différents logiciels proposés pour consolider les divers apprentissages ont tous un petit quelque chose d’intéressant pour les jeunes. Etant donné que ces logiciels augmentent leur motivation, nous avons davantage à l’utiliser. De plus, c’est la motivation qui représente l’impact psychologique le plus important pour les jeunes, surtout ceux en difficulté : « En outre, les élèves en difficulté scolaire trouvent souvent dans la pratique de certains logiciels la possibilité de faire l’expérience de la réussite. » Donc, les impacts psychologiques positifs des divers TIC sont très présents autour de nous et il est important d’en tenir compte.</p>
<p><strong>Fractures avec la réalité</strong></p>
<div id="attachment_2715" class="wp-caption alignleft" style="width: 260px"><a class="highslide" onclick="return vz.expand(this)" rel="attachment wp-att-2715" href="http://www.itmag-dz.com/2011/03/17/un-compromis-doit-etre-trouve-entre-effets-positifs-et-negatifs-les-tic-fabriquent-elles-des-gens-violents/fracture/"><img class="size-full wp-image-2715" title="fracture" src="http://www.itmag-dz.com/wp-content/uploads/2011/03/fracture.jpg" alt="" width="250" height="175" /></a>
<p class="wp-caption-text">Fracture avec la réalité</p>
</div>
<p>Les TIC peuvent avoir des impacts sur l’autonomie de la génération C dans la vie quotidienne. Les jeunes viennent-ils qu’à créer une dépendance véritable jusqu’au point d’être inapte, voire handicapé sans la présence des technologies ? C’est la question qui nous préoccupe le plus. Comment l’étudiant peut-il venir qu’à évoluer dans une société qui demande d’être de plus en plus actif intellectuellement alors qu’ils sont dépendants d’une foule d’outils électroniques au quotidien ? Comment estimer la facture d’épicerie sans calculatrice ? Le sens de la déduction est-il aussi développé ? Pourquoi les jeunes 12-24 ans sont-ils aussi dépourvus lorsque arrive le temps d’écrire sans outil de correction instantanée ? Les TIC sont des outils servant à la création et comme le dit si bien M. Groulx (2010) : « <em>Les TIC c’est comme un marteau, nous pouvons les utiliser de la bonne façon pour construire ou encore de la mauvaise façon, pour tout briser. </em>» Les différents médias permettent l’accès à l’information, à la culture au moment opportun, dès l’arrivée d’une petite interrogation, mais ils peuvent aussi devenir un gros obstacle lorsque l’élève n’est point en mesure de réfléchir, de déduire, de calculer par lui-même, en utilisant les structures de son cerveau, les apprentissages qu’il a effectués au courant de sa vie.<br />
C’est ce qui nous amène à traiter une nouvelle problématique qui inquiète de plus en plus la population. Les forums et les sites d’aide aux jeunes parlent de la cyberdépendance qui, selon Tel-jeunes, est définie comme ceci : « La cyberdépendance, c’est l’utilisation compulsive d’Internet. C’est la perte de contrôle face à la consommation d’Internet. C’est la nécessité de toujours augmenter le temps consacré à Internet afin de ressentir une certaine satisfaction. Certains jeunes qui ont plus tendance à s’isoler, qui s’ennuient ou qui n’ont pas d’activités ou d’intérêts sont plus à risque de développer une cyberdépendance. ». Les élèves ont des téléphones intelligents de plus en plus tôt, ont accès à Internet, ont des consoles de jeu, bref, il s’agit du cocktail idéal pour créer la cyberdépendance à quiconque possède le profil parfait à la dépendance. C’est à ce moment-là que les parents et les intervenants qui gravitent dans l’environnement de nos jeunes doivent sensibiliser, agir, se responsabiliser quant à l’utilisation de cet attrait, afin de protéger la progéniture de la drogue des années 2000.<br />
Dans un autre ordre d’idées, plusieurs idéologies stipulent que les jeux vidéo ont un effet dévastateur sur nos jeunes. En plus de les rendre violents, ils les rendent insomniaques, agressifs et les déconnectent de la réalité. Qu’en est-il vraiment ? Selon M. Jacques Brodeur, consultant en prévention de la violence, les jeux vidéo seraient responsables de l’augmentation des comportements violents de jeunes adolescents. Les jeux vidéo, involontairement, entraînent nos jeunes à des situations où ils devront répondre aux stimuli de violence très rapidement donc, conséquemment, s’entraînent à agir sans nécessairement réfléchir au geste qu’ils posent. En entraînant les jeunes ainsi, nous les amenons à se déresponsabiliser des gestes commis puisqu’ils sont habitués de diriger un personnage extérieur. Leurs états psychologiques et de conscience sont donc altérés. La solution à toute cette dramatisation est encore et toujours la place des intervenants dans la vie des jeunes, surtout dans la vie de ceux de la génération C profilée apte à développer une dépendance dans le but de sensibiliser, responsabiliser et faire connaître les conséquences de certains gestes. Certes, les études démontrent des corrélations entre la santé mentale de nos jeunes et les technologies de l’information et de la communication. En tant qu’humain doté d’un cerveau pour réfléchir, c’est notre responsabilité de développer suffisamment notre sens critique et notre jugement afin de trouver le juste milieu des effets, qu’ils soient positifs ou négatifs.</p>
<p><strong>Trouver le bon compromis</strong></p>
<p>En guise de conclusion, il a été intéressant de constater les bienfaits et les effets négatifs des TIC. La meilleure solution est de sensibiliser les jeunes, les responsabiliser et les conscientiser quant aux effets néfastes de l’utilisation des TIC. De nos jours, les TIC ont une grande importance dans la vie quotidienne, alors il est d’autant plus important de les utiliser de façon adéquate. Alors, nous avons pu constater dans les paragraphes précédents que l’utilisation néfaste peut avoir de grands impacts sur la santé psychologique et physiologique. Les principaux effets néfastes sont l’embonpoint, l’obésité, les troubles de la vision, le syndrome du tunnel carpien, le manque d’autonomie, la cyberdépendance et l’agressivité causée par les jeux vidéo. D’un autre côté, nous avons également souligné les effets positifs que peuvent entraîner les TIC : l’ouverture sur le monde, le développement des aptitudes spatiales et tridimensionnelles et l’exercice physique que procurent certains jeux vidéo plus particulièrement chez les personnes en manque d’autonomie. Dans les écoles, les enseignants ont un rôle important à jouer par rapport à la sensibilisation auprès de leurs élèves. Il est en notre pouvoir d’intégrer les jeunes dans la démarche afin qu’ils construisent leurs propres conceptions quant aux effets des TIC dans leur vie quotidienne et leur bien-être corporel. De plus, nous devons nous mobiliser pour conseiller et mettre en place l’environnement adéquat afin de montrer le bon exemple, et par les faits même, nous encourageons les effets positifs. C’est en mobilisant nos efforts que nous arriverons à faire en sorte que les perceptions négatives des TIC s’estomperont.<br />
In http://pedagotic.uqac.ca</p>
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