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Attention, le sujet est très sérieux ! Oui, mais, pourriez-vous dire, un pays qui est encore à la 2G, qui porte le bonnet d’âne en termes de bande passante, qui a un faible taux de pénétration Internet, qui ne connaît pas les joies du haut débit et, last but not de least, possède un très faible […]

cestnetAttention, le sujet est très sérieux ! Oui, mais, pourriez-vous dire, un pays qui est encore à la 2G, qui porte le bonnet d’âne en termes de bande passante, qui a un faible taux de pénétration Internet, qui ne connaît pas les joies du haut débit et, last but not de least, possède un très faible taux d’adaptation aux nouvelles technologies, pourrait-il vivre une révolution numérique ? Mais, oui, bon sang, on est parfaitement capables de lancer un new-deal numérique : nous avons l’argent, les ressources humaines de qualité et un immense réservoir de jeunes talents qui n’attendent que ça ! Et sachez-le, amis d’IT Mag, sans numérique, point de salut possible ! Vecteur de changement et de croissance, le digital, c’est une évidence, est devenu incontournable pour l’économie, partout dans le monde. Il est vrai que notre pays ne se distingue pas d’ailleurs par son écosystème numérique dynamique et par la qualité de sa formation scientifique. C’est bien vrai. Néanmoins, il accuse un gigantesque retard qui ne fait que s’accroître, et se positionne loin derrière ses voisins maghrébins, et je ne veux pas parler ici des pays européens, car il faut toujours comparer ce qui est comparable. Il s’agit donc pour nous, Algériens, de bâtir maintenant « l’édifice numérique ». L’Algérie peut et doit moderniser l’action publique et dynamiser son économie via le numérique. Les technologies de l’information et de la communication (TIC) ont largement pénétré les pratiques quotidiennes. C’est devenu normal. Banal même. Le changement d’ère socio-technologique impacte l’ensemble de la population, et les pouvoirs publics ne peuvent plus l’ignorer, eux qui retardent le saut dans le futur technologique qui est déjà le présent numérique de tant de peuples. Cela concerne les problématiques d’e-gouvernement, d’e-santé, d’e-éducation, ou encore d’e-participation, domaine dans lequel l’Algérie dispose d’une immense marge de progrès.
Notre pays, qui dispose d’une masse impressionnante d’étudiants, doit aussi faire le lien entre le monde de la recherche et celui du travail : il ne s’agit pas uniquement de former des entrepreneurs, mais aussi de les aider à mettre en œuvre leurs projets ! C’est la grande équation à résoudre. Notre pays, riche de ses hydrocarbures, de son matelas de devises et de ses ressources humaines de qualité, au pays et à l’étranger, doit favoriser un vaste développement de start-up. L’environnement fiscal et économique actuel leur est très peu favorable, en raison, notamment, du manque de capitaux privés et publics pour financer l’innovation. Cette situation est extrêmement décourageante et provoque le départ de bon nombre de créateurs et d’agitateurs d’idées vers des cieux plus cléments. Par exemple, la création d’un statut d’entreprise de croissance contribuerait à y remédier en proposant une fiscalité dérogatoire et simplifiée non seulement aux entrepreneurs, mais aussi aux investisseurs et aux salariés. Le digital doit pénétrer l’ensemble de l’éducation nationale, université comprise. Question vitale au moment où l’on parle d’une nouvelle réforme de l’enseignement. La transition numérique doit être également au coeur des processus de modernisation de l’Etat. L’Algérie figure parmi les tout derniers pays du monde en matière d’e-gouvernement. Trois facteurs, au moins, font obstacle à l’amélioration de l’action publique par le biais du numérique. D’une part, les nouveaux enjeux technologiques sont très mal connus des cadres supérieurs de l’Administration comme des élus locaux.
D’autre part, l’ouverture des données publiques, qui garantit une confiance accrue des citoyens envers l’Etat, n’est même pas entamée dans notre pays. Enfin, le développement des outils numériques dans les collectivités locales se fait beaucoup désirer, alors même que l’usage de l’informatique se fait de façon cloisonnée et désordonnée, tandis que la mutualisation des applications utilisées en mode Saas (Software as a Service) permettrait, en cas de réforme numérique de l’Administration, de rationaliser ces usages. Pour gagner en performance et en compétitivité, il faut donc encourager une évolution à double niveau : en interne, c’est-à-dire dans les administrations, mais aussi en externe, au niveau des services publics et des relations avec les citoyens. Les processus d’e-participation sont inexistants, alors que la demande venant des citoyens ne fait qu’augmenter. La révolution numérique doit enfin s’opérer dans l’éducation et la santé. Ces deux domaines sont à la croisée de l’action publique et sont de formidables leviers de croissance.
Et si, par ailleurs, les TIC pouvaient être finalement exploitées comme complément des cours suivis dès les petites classes dans le primaire ? Il conviendrait donc de baser la politique de l’éducation au numérique sur les conclusions d’expérimentations rigoureuses. Les expériences réussies se multiplient dans les autres pays. Il est absolument impératif que l’Algérie, elle aussi, s’engage dans cette voie salutaire. La santé est un second exemple de réorganisation de l’action publique : la mutualisation des données, la télémédecine et plus généralement l’e-santé sont les solutions notamment aux problèmes de traitement des pathologies chroniques. Autant de solutions qui sont pour nous, Algériens, du chinois numérique ! A n’en plus douter, le digital représente une extraordinaire opportunité pour l’Algérie : puissant levier de croissance, efficace vecteur d’innovation et de compétitivité, importante source d’économie de coûts, il offre à voir des horizons prometteurs vers lesquels il convient que notre pays se dirige dès maintenant. Résolument, à pas sûrs. Avec des idées claires, des ambitions fortes et une volonté politique inébranlable. Cela nous aiderait à mieux nous soigner du « syndrome hollandais ».

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Written by itmag2003

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