L'Essentiel
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Contribution: Entrepreneuriat des jeunes en Algérie, challenges et solutions

Aujourd’hui, en Algérie, nous avons deux grandes problématiques qu’il faudra solutionner pour lancer la machine du développement économique basé sur l’innovation et l’entrepreneuriat des jeunes : la formation des élites et le modèle économique. La formation des élites L’entrepreneuriat est une culture que notre système éducatif et culturel ne valorise pas. Aujourd’hui, il y a un […]

Aujourd’hui, en Algérie, nous avons deux grandes problématiques qu’il faudra solutionner pour lancer la machine du développement économique basé sur l’innovation et l’entrepreneuriat des jeunes : la formation des élites et le modèle économique.

La formation des élites
L’entrepreneuriat est une culture que notre système éducatif et culturel ne valorise pas. Aujourd’hui, il y a un petit cercle vicieux : il n’y a pas de grandes réussites qui font rêver les jeunes sachant que les grandes réussites qui sortent du néant ne peuvent être que l’œuvre de jeunes rêveurs.  Les jeunes Algériens aujourd’hui ont été formés et élevés sur la base que l’État (ou la société) doivent leur ouvrir les portes au moment où dans un pays sous-développé comme le notre, ils doivent défoncer les portes voir même démolir les murs pour réussir.
Leur formation aussi bien que leur culture, les poussent à abandonner leurs rêves et aller prouver leurs talents ailleurs, là où les portes sont largement ouvertes. Notre système éducatif et social produit d’excellents rouages qui ne fonctionnent que dans des horloges suisses (nos ingénieurs et notre élite actuelle) au moment où notre pays a besoin d’horlogers (entrepreneurs).

Importation d’un modèle économique inadapté
Au problème de la culture entrepreneuriale, s’ajoute le fait que les rêves de nos jeunes sont déformés par la réalité des autres : nos jeunes rêvent d’un modèle américain d’aujourd’hui, dans une économie qui possède des caractéristiques incompatibles avec ce modèle.
Ils proposent, la plupart du temps, des solutions à des problématiques que leurs compatriotes n’ont pas, juste parce que c’est à la mode ailleurs.Ils ne possèdent malheureusement pas ou peu de compétences nécessaires pour inventer un modèle. Ils s’attendent à ce que dans une économie où les secteurs économiques à faible risque sont loin d’être saturés, que les investisseurs viennent investir dans des secteurs à haut risque. Aux États-Unis, les investisseurs se sont intéressés aux secteurs à risque uniquement après épuisement du potentiel du marché classique. Comment Microsoft, Oracle, Cisco, Apple ont vu le jour ? Sur un pitch de 5 slides ? Avec financement d’un business Angels ? Non. Le financement à l’époque venait des clients. L’entreprise développe un premier produit imparfait dans un garage, le propose à un client à un prix avantageux, le client prend un petit risque en achetant chez une entreprise
inconnue, mais à un bon prix.
Tout le monde est gagnant. Le modèle américain des années 70/80 reposait sur le fait que des jeunes startups innovantes, proposaient des solutions «core» aux clients et non pas des solutions accessoires. Il est de plus en plus difficile d’innover dans les solutions de base; c’est pour cette raison que les start-ups américain d’aujourd’hui cherchent l’innovation, des niches ou exotique.

Selon vous, l’Algérie ressemble plus aux États-Unis des années 70 ou celle d’aujourd’hui ?
Pour la solution, je pense, que nous avons besoin d’investir dans la formation de nos élites. Ne plus faire d’eux des champions techniques, mais avant tout faire d’eux de vrais entrepreneurs. Le cursus de formation aussi bien que le système d’admission des grandes écoles doit être revu pour attirer et retenir les plus entreprenants et non pas forcément les meilleures notes. Nous devons leur apprendre à ne pas avoir peur du risque et à valoriser l’échec. Leur apprendre à transformer les contraintes de leur environnement en opportunités économique. Il n’y a pas de payement en ligne ? Youpi, Amazon ne s’installera pas rapidment dans mon pays, j’ai le temps d’inventer un système qui ne nécessite pas le payement en ligne,…etc. Leur apprendre que les besoins vitaux de leurs compatriotes et les contraintes qu’ils subissent peuvent être un gisement inépuisable d’idée d’entreprise. Que les idées de start-ups importées des US ne règles pas forcément les problématiques de leur pays. Et si un produit ne règle aucun problème ou un problème secondaire les chances de réussite sont minimes. Seule une élite pareille pourra casser le cercle vicieux du sous-développement et pourra offrir au reste de la jeunesse, des modèles de réussite qui font rêver.

Abdelmalek Chetta : Diplômé en physique de l’USTHB et en management de l’Université d’Alger.
Entrepreneur IT depuis la dernière bulle internet jusqu’à aujourd’hui.

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Écrit par itmag2003

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