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L'Essentiel
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Entre mécontentement et appât du gain

Avec l’utilisation massive des mobiles et la prolifération sans commune mesure des stations de réseau, les Algériens s’inquiètent et commencent à se poser des questions. Existe-t-il un quelconque danger qui émanerait des rayonnements dégagés par ces stations ? Pour s’enquérir de la chose, nous nous sommes approchés des citoyens et plus particulièrement de ceux dont […]

Avec l’utilisation massive des mobiles et la prolifération sans commune mesure des stations de réseau, les Algériens s’inquiètent et commencent à se poser des questions. Existe-t-il un quelconque danger qui émanerait des rayonnements dégagés par ces stations ? Pour s’enquérir de la chose, nous nous sommes approchés des citoyens et plus particulièrement de ceux dont l’immeuble ou l’habitation voient orner sur leur toit une antenne relais. Un tour aux résidences et endroits où ces relais sont placés s’est imposé.
Une fois la crispation dissipée, le débat s’instaure avec nos premiers interlocuteurs. Ces derniers laissaient aisément transparaître leur mécontentement provoqué par l’emplacement d’une multitude de BTS autour du voisinage.
«On ne sait pas exactement quels sont les dangers ou les maladies que peuvent ??apporter » les rayonnements électromagnétiques mais on ne veut pas voir ce relais si près, juste par précaution», nous avoue la maîtresse de maison qui habite à Bordj El Kiffan. «Nos voisins ne nous ont pas consultés ni demandé notre avis avant que cette antenne ne soit placée. Je pense qu’il est de notre droit de refuser non !», enchaîne Kamel, le mari. Le plus étonnant, c’est que la demeure où la station de base de l’opérateur Djezzy est installée était fermée. Elle n’était pas habitée, selon les dires du voisinage et c’était d’ailleurs le cas dans plusieurs quartiers de cette commune, notamment sur cet immeuble de «la Faïence» où deux, voire trois relais avaient été placés au-dessus d’appartements inhabités. Nous quittons Bordj El Kiffan pour nous diriger vers Kouba. A Ben Omar, près de l’arrêt de bus, où il y avait deux antennes relais érigées en étendard sur une bâtisse, les riverains interrogés nous racontent que la famille qui a accepté de céder la zone occupée sur la terrasse ne s’était pas référée aux voisins. Ces derniers, non contents, ont fait circuler et signer une pétition contre la propriétaire quitte à en arriver au tribunal s’il le fallait pour déplacer la station.
La construction d’un second relais, non loin du premier, n’a cependant pas provoqué des remous. La propriétaire de la maison en question s’explique : «Je ne crois pas que ce soit dangereux; autrement je n’aurais pas accepté de les laisser placer à proximité de chez moi.»
Destination Bachdjarrah : les habitants du «quartier d’Urgence» avaient refusé l’installation d’une station radio dans leur quartier car, affirment-ils, ils étaient conscients des dangers des ondes électromagnétiques sur la santé et des éventuelles maladies qui pourraient en découler. «Ces spectres magnétiques détruisent les cellules du cerveau et augmentent la mortalité due aux tumeurs», soutient mordicus M. Amine. Il ne juge pas nécessaire de s’encombrer de preuves de ce qu’il avance ni de s’accabler d’un quelconque fondement scientifique. Il se contente de sa conviction que c’est nuisible ! «Par conséquent, poursuit-il, nous avons signé, ici entre gens du quartier, une pétition et étions prêts à ester les opérateurs en question en justice. Mais devant le cas d’école qu’avait constitué la suite réservée à la plainte déposée par les habitants du quartier Sidi Yahia, à Bir Mourad Raïs, qui avait été rejetée, nous nous sommes découragés.»
Nous laissons les résidents poursuivre les débats en notre absence et nos pas nous mènent vers l’artère principale, attirés que nous étions par un grand immeuble qui faisait face à un abribus. La bâtisse était surplombée par trois relais. Un pour chaque opérateur. L’immeuble était habité et abritait au rez-de-chaussée un centre commercial. Les locataires n’avaient aucune idée particulière ni n’étaient capables de mesurer la dangerosité de ces stations, à peine s’ils affichaient une certaine appréhension enfouie dans un sentiment de résignation, celle d’espérer qu’ils ne seront pas menacés par les rayons dégagés.
En revanche, d’autres habitants rencontrés à Bordj El Kiffan, Kouba, Ben Aknoun ou encore Alger-centre, n’avaient rien de spécial contre la construction des stations de base. Bien au contraire, ils considèrent ceci comme un acte de développement dans le domaine de la téléphonie mobile.

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Écrit par itmag2003

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