L'Entretien
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Entretien avec Mustapha Chaouche, initiateur et organisateur du Salon international du futur technologique : « 500 entreprises au moins se sont créées à travers le Siftech »

La date du 17 mai marque le retour d’un salon voulu un carrefour incontournable pour les professionnels de l’IT. Malgré une absence de quelques années, son organisateur, Mustapha Chaouche, reste convaincu de l’aura intacte de ce rendez-vous. Il aura lieu du 17 au 19 mai prochains au palais de la Culture, à Alger Le grand […]

La date du 17 mai marque le retour d’un salon voulu un carrefour incontournable pour les professionnels de l’IT. Malgré une absence de quelques années, son organisateur, Mustapha Chaouche, reste convaincu de l’aura intacte de ce rendez-vous. Il aura lieu du 17 au 19 mai prochains au palais de la Culture, à Alger
Le grand retour du Siftech
Le Salon international du futur technologique, abrégé Siftech, reprend son écrin habituel qu’est le palais de la Culture pour une édition de retour. L’occasion de mesurer son impact et son aura que son initiateur et organisateur, Mustapha Chaouche, aura le loisir d’apprécier le jour « J ». L’édition de cette année s’articulera autour de thématiques plus que jamais d’actualité. Il y sera question de modernisation des services de l’Etat, d’infrastructures et de réseaux intelligents, une autre thématique sur le e-commerce et la monétique et une dernière dédiée à la recherche, au développement et à l’innovation. Jusqu’à aujourd’hui, ce sont un peu plus de 60% des espaces d’exposition qui ont été réservés par des entreprises de diverses branches de l’IT. Parmi les autres exposants « inédits », le ministère de la Poste et des Télécommunications a choisi d’y figurer afin de donner le coup d’envoi de ce qui sera un énorme chantier national fait de sensibilisation et de communication autour des nouvelles technologies de l’information et de la communication et ce, en directions des citoyens de tout bord et de tout profil. A ce propos, selon M. Chaouche, « le ministère de la Poste et des TIC a également réservé un espace important pour mettre en valeur les différentes structures qui dépendent de lui et qui sont donc résolument engagées dans la modernisation de l’Etat ». Et de poursuivre : « Nous avons également des fournisseurs de solutions qui sont présents mais également des constructeurs algériens ; des éditeurs de logiciels, des prestataires de services informatiques, particulièrement de services d’accès à Internet? » Le Siftech 2011 tient sa particularité dans la mise en place du « Cyber’Rifi », qui démarrera à la clôture du salon pour sillonner les villages et hameaux afin d’y apporter une expérience des TIC aux populations autochtones et de ramasser une base informationnelle qui servira par la suite pour l’édition de contenu proprement local fait de photos, d’informations géographiques… Rendez-vous est donc pris du 17 au 19 mai au palais de la Culture.
IT MAG : Quelle est la petite histoire du Siftech ?
Mustapha Chaouche : Le SifTech est né en 1995, au palais de la Culture, pour succéder à une exposition très individuelle, l’Asten Expo. Cette dernière était une présentation des produits et du savoir-faire du groupe Asten. En 1994, au troisième Asten Expo, nous avons accueilli des confrères de la profession, comme Xerox ou encore Selectron, qui, à l’époque, avaient dit que ce serait bien que ce salon ne s’appelle plus Asten […] Et c’est ainsi qu’est né le Siftech, en 1995. Une belle édition à cette date; caractérisée par une forte demande ; 96 rien qu’au printemps et la pression était telle sur le Siftech que la même année nous avons dû organiser une seconde édition d’automne. C’était aussi l’année où nous avons lancé l’édition de 40 000 cartes postales qui portaient l’inscription « Je veux Internet, Tu veux Internet, Nous voulons Internet? » avec dessus un petit mot pour dire que cette carte est à envoyer au ministre de la Poste et des Télécoms et ce, pour réclamer la démocratisation de l’accès à Internet. En 1997, le Siftech s’est déplacé à Oran. Première édition régionale, grand succès également. L’année d’après, le Siftech d’Alger devient professionnel. Donc nous nous sommes dit, nous allons mettre à Alger une édition destinée aux professionnels et dans les régions, à Oran, dans l’est, dans le sud? mettre en place des éditions qui seraient plus ouvertes au grand public. C’est ce que nous avons fait d’ailleurs. Jusqu’en 2005, le Siftech s’était déroulé en apportant chaque année le « up-to-date » en matière de technologies.

Jusqu’à cette date justement ; vous ne l’avez plus organisé. Que s’est-il passé ?
En 2005, et c’est la raison pour laquelle il y a eu un temps mort; j’étais à la tête d’une entreprise de communication qui réalisait plusieurs événements, le Siftech mais également un Salon international du médicament et de l’équipement médical, un Salon de la femme et de la beauté, un Salon de l’automobile dans le Sud, un Salon du froid, etc., et après 40 années de métier, de vie professionnelle, je me suis dit que je vais arrêter un peu. Alors je me suis retiré de la vie professionnelle en confiant à mes collègues la suite du salon. Mes collègues ont opté pour développer le salon médical, celui de la beauté, entre autres, mais à l’époque, ils ont peut-être dû trouver que le Siftech n’était pas un événement très attirant pour eux ou alors difficile à mettre en œuvre. En tout cas, depuis 2007, il n’a plus eu lieu. En revanche, à cette époque, nous avions reçu au Siftech, comme exposant, une jeune société française qui s’appelle XCom, qui plus tard a lancé le Med-IT, venu occuper la place vide libérée par le Siftech jusqu’à cette année où nous avons décidé de relancer cet événement pour avoir un outil ou un vecteur de communication national qui puisse mettre en avant les priorités, les orientations qui nous intéressent en matière de technologies de l’information et de la communication.

Peut-être une certaine expertise faisait défaut ou alors que l’organisation du Siftech dépendait beaucoup de vous ?
Dans ce créneau mais ils ont pris le relais dans d’autres. Peut-être que le Siftech était effectivement trop attaché à ma personne puisque, d’abord moi j’ai fait de l’informatique depuis de nombreuses années en tant qu’opérateur ; ce qui n’était pas le cas pour l’automobile, la beauté ou la médecine, salons dans lesquels j’intervenais en tant qu’organisateur événementiel seulement alors que dans le Siftech, j’étais non seulement l’organisateur mais aussi l’un de ceux qui, à l’époque, utilisais beaucoup l’informatique dans son propre métier pour gérer, développer, etc. Probablement le reste de mon équipe ne voyait pas cet événement avec le même regard et ne pouvait pas consentir les mêmes efforts pour ce salon. J’ai la conviction que nul n’est indispensable mais il est vrai que lorsqu’on peut avoir des compétences et de l’expérience, on a plus de chances de réussir.
Qui a déjà répondu à l’appel du Siftech ?
A aujourd’hui, disons que les grosses structures des opérateurs télécoms seront présentes. La majorité a déjà réservé ses espaces. Généralement ce sont de grands espaces. Le ministère de la Poste et des TIC a également réservé un espace important pour mettre en valeur les différentes structures qui dépendent de lui et qui sont donc résolument engagées dans la modernisation de l’Etat. Nous avons également des fournisseurs de solutions qui sont présents mais également des constructeurs algériens ; des éditeurs de logiciels, des prestataires de services informatiques, particulièrement de services d’accès à Internet? A cette date, à peu près plus de 60% des espaces disponibles ont été réservés. Il existe une demande qui est en train de s’accélérer ; nous pensons en réalité que dans moins de dix jours, nous aurons pratiquement bouclé la réservation des espaces disponibles.

Qu’est-ce qui est prévu pour l’édition de cette année ?
En dehors de l’exposition elle-même, et j’espère que les exposants vont ramener le top des technologies, chacun dans son créneau, sont prévues trois journées de conférences, dont les thèmes sont la modernisation des services de l’Etat, un autre thème est consacré à l’infrastructure et aux réseaux intelligents, un autre au e-commerce et à la monétique, un autre encore dédié à la recherche, au développement et à l’innovation. Ce sont donc les quatre thèmes qui vont prendre chacun une demi-journée, plus une demi-journée totalement consacrée à la célébration de la Journée mondiale des télécoms et de la société de l’information. Voilà côté conférences. En parallèle, des ateliers animés par les exposants seront au menu, chacun présentant sa solution, son produit? Il y a également des espaces dédiés qui ont été imaginés pour la promotion du savoir-faire algérien dans ce créneau et l’encouragement des initiatives; parmi lesquels un espace start-up, qui va en accueillir une dizaine qui présenteront aux visiteurs leurs projets et dont ils essaieront d’obtenir les soutiens nécessaires pour leur concrétisation, un espace « Village numérique », dans lequel seront présentées toutes les solutions imaginées au bénéfice du citoyen et qui sont soit déjà opérationnelles, soit qui le seront à très court terme; également un espace de promotion de l’emploi, qui sera une véritable Bourse de l’emploi dans les TIC, animé avec notre partenaire « Emploi Partner » afin d’expliquer aux gens quels sont les différents métiers liés aux TIC, quels sont les profils et les compétences nécessaires, de coacher les candidats et d’essayer d’aider les recruteurs à trouver les bons profils pendant le Salon. Donc trois espacés dédiés, en plus d’un autre totalement différent et intemporel, celui du « Cyber’Rifi », qui est une nouveauté du Siftech. La décision a été prise pour que cette initiative rentre dans le cadre de la thématique, cette année, de la Journée mondiale de la société de l’information, qui est «  Mieux vivre dans le monde rural grâce aux TIC ».

Qu’est-ce qu’exactement le « Cyber’Rifi » ?
Le « Cyber’Rifi », un fourgon itinérant, va permettre d’emmener dans les villages où la couverture à Internet, où l’infrastructure nécessaire n’existent pas, tous les équipements indispensables pour donner aux villageois une connexion de très haute qualité, un encadrement pédagogique qui leur permette de s’initier à la navigation sur Internet, de toucher du doigt les appareils du numérique. Il y aura sur place des caméscopes numériques, des appareils photo, des scanners… Il s’agit donc d’emmener le tout-numérique dans un village. En fait, c’est une mission à double sens. Nous apportons le numérique, la connexion Internet aux gens pour qu’ils puissent découvrir, connaître? et en même temps, nous allons récolter du contenu proprement algérien pour enrichir la Toile. Je vous donne un exemple, les fruits. Si vous prenez des nèfles, le fruit est désigné de dizaines de façons différentes à travers le pays; ce qu’on peut recenser. Autre exemple ; les légendes et les proverbes sont différents d’un endroit à un autre. La gastronomie aussi ; où le même plat peut porter plusieurs noms. L’avantage du fourgon, c’est qu’il va pouvoir emmener à son bord un chapiteau qui peut être dressé là où les salles pour accueillir les équipements ne sont pas disponibles, un groupe électrogène afin de fournir l’énergie électrique là où ce n’est pas disponible non plus, de même que les éléments de confort minimum à l’équipage si, par exemple, dans certains endroits ils ne pourront pas trouver ce qu’il faut pour se reposer, en plus de toute la panoplie technique ; les antennes de connexion, les routeurs, les ordinateurs…

Quels en seront la date de départ et l’itinéraire ?
Le « Cyber’Rifi » sera exposé tout au long du Siftech et partira le lendemain de la clôture, le 20 ou le 21 mai prochain. En premier lieu, il partira en direction d’une wilaya. A ce propos, une commission est en train de réfléchir laquelle il faudra prendre comme région pilote, car tout dépend de la densité de la population, du taux de couverture d’Internet actuellement existant et d’un certain nombre d’autres paramètres, mais nous le saurons dans la semaine qui vient.

Quel est la plus-value ou alors la valeur ajoutée du Siftech ?
Je pense que la première valeur ajoutée qu’on peut donner au SifTech 2011, c’est le retour d’un vecteur de communication totalement dédié à la promotion des décisions nationales en matière de développement informatique. Il vient s’ajouter aux autres vecteurs qui existent et qui ont peut-être des connotations et des objectifs légèrement différents. Il existe déjà le Sicom, il y a eu la Semaine du Web? Cette multiplication d’événements, à mon avis, est bon signe. Cela veut dire qu’il y a beaucoup d’idées, beaucoup de gens qui sont concernés et j’espère que très vite, nous aurons une profusion d’entreprises d’informatique de différentes tailles qui vont donner un certain niveau d’autonomie à l’Algérie dans ce créneau.

Mais qu’apporte-t-il ou qu’a-t-il apporté de concret ?
J’ai souvent eu la fierté de rencontrer des managers qui me disent que c’est grâce au SifTech qu’ils se sont développés. Ils me racontent qu’ils ont exposé sur neuf mètres carrés la première fois, puis sur dix-huit la fois suivante, ils se sont fait connaître, ils ont eu des marchés et ont pu recruter? Ils sont très nombreux. Je crois que le SifTech a été une opportunité et il a dû y avoir plus de 500 entreprises au moins qui se sont créées à travers ce salon, que ce soit directement ou indirectement. C’est-à-dire que soit l’entreprise était naissante puis en exposant elle a pu se faire connaître, avoir des marchés sur place, lui permettant de décoller, soit quelqu’un est venu et a eu l’idée de créer son entreprise en s’inspirant des exposants?

Et combien de visiteurs attendez-vous pour cette édition ?
Nous devrions recevoir entre 7 000 et 10 000 visiteurs. Mais personnellement, pour ce retour, si nous aurons 5 000 visiteurs, j’en serai content.

Comment voyez-vous l’avenir de ce Salon ?
Je pense qu’après ce retour, nous allons redimensionner le Siftech dans sa version initiale ; une présence nationale, puisque le ministère nous a demandé de relancer les éditions régionales, et nous allons donc le reconfigurer pour voir quels sont les pôles où le Siftech doit être présent. Le nombre de visiteurs potentiels est en train de croître de façon exponentielle en Algérie et je pense que s’il y a un Siftech à Sétif, à Oran ou à Annaba, ce serait une bonne chose.

Et à l’international ?
Immédiatement non. Nous avons eu une tentative pour un pays africain, le Mali plus exactement. Nous sommes allés à Bamako, nous y avons prospecté, mais la faisabilité s’était heurtée à une forme de bureaucratie qui, pour nous, n’était pas tolérable.

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Écrit par itmag2003

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