L'Essentiel
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40 ans déjà: et le 4004 créa le micro ordinateur

Je commencerais par cette phrase de Bill Gates : « Nous avons toujours surestimé les changements qui se produisent dans les deux prochaines années et sous-estimé les changements qui se produiront dans les dix prochaines années. » Effet prospective ou a-t-il une boule de cristal ? Pour la génération qui a aujourd’hui entre 20 et 29 ans, génération […]

Je commencerais par cette phrase de Bill Gates : « Nous avons toujours surestimé les changements qui se produisent dans les deux prochaines années et sous-estimé les changements qui se produiront dans les dix prochaines années. » Effet prospective ou a-t-il une boule de cristal ?
Pour la génération qui a aujourd’hui entre 20 et 29 ans, génération « innovation » et venture-capital, elle n’a pas connu les moments où les ordinateurs étaient rares et si chers que seules les grandes sociétés ou des gouvernements pouvaient se le permettre. Cette génération ne connait pas ou n’a aucune expérience du monde où des milliards d’individus ne pouvaient avoir qu’un poste radio pesant quelques kilogrammes. L’électronique et la miniaturisation ont fait que ce poste radio soit de la taille d’un paquet de cigarette, faisant la joie des industriels,  au début japonais, et ensuite chinois. Il a fallu attendre novembre 1971 pour qu’Intel, le géant d’aujourd’hui, mette sur le marché le 4004, un « micro-ordinateur sur une puce », titrait à l’époque la presse américaine. La réalité est que le 4004 ne pouvait rien faire sans une batterie de composants mais il a permis le changement surtout avec la Dram 1103 qui ne stockait qu’un kilobit et qui offrait de pouvoir programmer quelque chose. Ce sera le changement d’ère, engendrant le nouvel âge de l’informatique. 10 années plus tard, IBM met sur le marché le PC et c’est le décollage. Il y a 40 ans, peu de gens savaient ce qu’était un ordinateur, aujourd’hui, très peu de gens ignorent ce qu’est un ordinateur. Que de découvertes entre-temps. En novembre 1971, il ya 40 ans, Intel a placé une annonce dans « Nouvelles électroniques », introduisant le 4004, le premier microprocesseur. « Un micro-ordinateur sur une puce programmable ! », en manchette.
A l’époque de ma première année de collège, j’ai eu la chance de décrocher un emploi comme technicien en électronique. Aucun des ingénieurs avec qui j’ai travaillé ne croit au battage médiatique. Meilleur effort d’Intel à l’époque qui avait abouti à la DRAM 1103, avec seulement 1 kilobit de données stockées. Le saut d’un ordinateur sur une puce qui semblait impossible. Et il s’est avéré que le 4004 avait besoin d’une variété de composants supplémentaires avant de pouvoir réellement faire quelque chose. Mais le 4004 a annoncé une nouvelle journée à la fois dans les ordinateurs et l’électronique.
L’histoire de la micro-informatique est liée à l’histoire de l’électronique, qui est l’utilisation d’éléments actifs tels que les transistors, tubes, diodes pour transformer les signaux. Le micro-ordinateur, lui, doit savoir  interpréter des quantités importantes d’éléments actifs. Mais dans la nature, avons-nous quelque chose qui y ressemble ? Benjamin Franklin (17 janvier 1706 à Boston – 17 avril 1790 à Philadelphie) a mis en avant avec son cerf volant le fait qu’il y ait de l’électricité dans l’air, grâce à la foudre. On peut dire schématiquement que c’est un circuit composé de nuages et d’atmosphère. De l’électricité dans la nature, on en trouve encore dans les anguilles électriques. Bien que les Perses aient inventé la batterie quelques milliers d’années auparavant, il faudra attendre Luigi Galvani (né à Bologne le 9 septembre 1737 et mort dans cette même ville le 4 décembre 1798) pour voir la première batterie artificielle bien que Volta (Le comte Alessandro Giuseppe Antonio Anastasio Volta, né à Côme le 18 février 1745 et mort à Côme le 5 mars 1827) a été probablement le premier à comprendre que des circuits organiques utilisent l’électricité.
Dans la même période de Galvani, Pieter van Musschenbroek (14 mars 1692 à Leyde – 19 septembre 1761 à Leyde), physicien néerlandais, contribua à mettre en place la Bouteille de Leyde, qui est l’ancêtre du condensateur. Alors que Joseph Henry (né le 17 décembre 1797 à Albany -New York-, mort le 13 mai 1878 -à 80 ans- à Washington) eut l’idée d’enrouler un noyau de fer avec du fil de cuivre ce qui donna naissance à l’électro-aimant et tout de suite, cela a conduit directement à l’invention du télégraphe. Il ne restait à Georg Ohm (né le 16 mars 1789 à Erlangen Allemagne et mort à 65 ans le 6 juillet 1854 à Munich) qu’à déterminer qu’il y a une relation de proportionnalité directe entre la différence de potentiel appliquée aux bornes d’un conducteur et le courant électrique qui le traverse, ce que l’on appelle maintenant la loi d’Ohm. Utilisant ces résultats expérimentaux, il détermine les relations fondamentales entre courant, tension et résistance électrique, ce qui constitue le départ de l’analyse des circuits électriques. A la fin du IXXe siècle, il y a avait les ingrédients de base pour aller vers le micro-processeur. Il faudra des années pour que l’on comprenne les théories de base. Il faudra attendre 1969, année où la société japonaise Busicom, premier gros client d’Intel (qui a été fondée en 1968), se rapproche d’Intel afin de discuter du développement de circuits intégrés dont elle avait conçu l’architecture logique. Ceux-ci leur étaient nécessaires pour réaliser un type de calculatrices. L’architecture utilisée par Busicom était répartie en sept puces : un CPU à but spécifique lui-même divisé en trois puces avec une mémoire en lecture seule (ROM) dédiée au stockage des programmes ; un registre à décalage ayant pour but de stocker l’information; et deux puces d’entrée et sortie (I/O). Etant donné que Busicom avait les droits exclusifs sur le 4004, Intel ne pouvait le vendre à aucun autre client. Intel avait vendu les droits exclusifs du 4004 à Busicom pour 60 000 dollars. Par chance pour Intel, la firme Busicom connaît de légers problèmes de trésorerie et demande à Intel de renégocier son contrat de partenariat. Ed Gelbach, qui vient de Texas Instrument et qui venait d’être nommé vice-président de la section marketing et ventes d’Intel, comprend l’énorme potentiel du 4004 et accepte de rembourser les 60 000 dollars de frais de recherche en contrepartie de la totalité des droits industriels et commerciaux sur l’Intel 4004. Avec 2 300 transistors et une puissance d’exécution d’environ 90 000 opérations par seconde à une fréquence maximale de 740 KHz, il est comparable à l’ENIAC, qui occupe 167 m2 pour un poids total de 30 tonnes, le 4004 fut enfin introduit sur le marché en novembre 1971, ce qui a permis d’ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire de la microélectronique qui allait permettre à un certain Bill Gates de créer Microsoft et à Steve jobs de mettre en place Apple.

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Écrit par itmag2003

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