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Etat des lieux du marché spatial algérien Plus de 50 millions de dollars dépensés annuellement

Le coût annuel de la capacité spatiale algérienne s’élève à plus de 50 millions de dollars, a-t-on indiqué auprès d’Algérie Télécom Spatiale (ATS), qui précise que cette capacité et ceux des transpondeurs technologiques sont fournis actuellement par des satellites étrangers. Selon ATS, les opérateurs algériens consomment près de 960 Mégahertz (Mhz) de capacité spatiale (l’unité […]

Le coût annuel de la capacité spatiale algérienne s’élève à plus de 50 millions de dollars, a-t-on indiqué auprès d’Algérie Télécom Spatiale (ATS), qui précise que cette capacité et ceux des transpondeurs technologiques sont fournis actuellement par des satellites étrangers.

Selon ATS, les opérateurs algériens consomment près de 960 Mégahertz (Mhz) de capacité spatiale (l’unité de mesure de la capacité en Hertz est transformée par la suite en bits : 1 Mhz peut produire entre 0,5 à 5 Mbits selon les performances des équipements). Environ 680 Mhz sont dédiés aux télécommunications et 280 Mhz à la radio et télédiffusion. Il est précisé que le prix mensuel du Mhz télécommunications coûte entre 1.000 dollars et 2.500 dollars et celui de la télédiffusion entre 6.000 dollars et 9.000 dollars.
ATS estime qu’avec l’évolution du marché spatial, cette redevance (50 millions de dollars) passera au cours des 3 prochaines années à plus de 100 millions de dollars/an, ce qui représente le tiers du coût d’investissement d’un satellite de télécommunications comme celui récemment lancé par l’Algérie Alcomsat-1 qui est estimé à environ 300 millions de dollars.

Alcomsat-1 permet un retour d’investissement en trois ans
Avec Alcomsat-1, les opérateurs nationaux et étrangers vont pouvoir faire «un retour d’investissement sur 3 à 4 années maximum», estime ATS, affirmant que ce satellite permettra de répondre à plusieurs besoins du marché notamment grâce aux différentes capacités qu’il comporte.
Alcomsat-1 est un satellite de dernière génération qui comporte une partie destinée aux services d’entreprise d’une capacité qui s’élève à 432 Mhz permettant «de réduire considérablement la facture d’importation en réduisant le transfert des devises».
La deuxième partie, dotée de la bande Ku (consommation actuelle 280 Mhz, disponible sur le satellite 324 Mhz), est attribuée aux services de télévision, radio et données informatiques. Cette bande est la plus répandue dans le monde, du fait de la petite taille des paraboles nécessaires à sa réception. De nombreux démodulateurs, ainsi que les têtes universelles, intègrent cette bande de fréquence. Cette capacité allouée permettra d’héberger les chaines de TV et radio publiques et privées nationales ainsi que des chaines étrangères.
La troisième partie, une nouveauté pour le marché spatial algérien, est l’internet très haut débit destinée principalement aux particuliers. Ce sont ainsi 2,2 Gigahertz de capacité permettant de créer un nouveau besoin du marché en l’occurrence l’internet résidentiel et de palier aux problèmes des zones non ou mal desservies, a-t-on expliqué.
Le satellite algérien Alcomsat-1, qui a été mis avec succès en orbite géostationnaire le 10 décembre 2017, portée par le lanceur chinois Long March 3B, depuis la station Xichang Satellite Launch Center à Sichuan (Chine), est un outil multi-missions qui fournit également des services de télé-enseignement, de télémédecine et de visioconférence entre autres. Il permet la continuité de fonctionnement des services de télécommunications en cas de catastrophes naturelles majeures et l’augmentation de la capacité du réseau national de télécommunications.
La surveillance des frontières fait, également, partie des objectifs du nouveau satellite, qui vise également la délocalisation des activités et services concentrés au nord du pays grâce à un réseau de télécommunications optimisé.
Outre la diffusion de l’internet très haut débit sur la bande KA qui couvre l’ensemble du territoire algérien, Alcomsat-1 permet d’arroser en moyen débit les utilisateurs en Afrique du Nord via la bande Ku qui couvrira, en plus de l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie, le Sahara occidental, le Mali, le Niger, le Burkina-Faso, la Libye, la Tunisie, le nord du Tchad et le nord du Soudan.
Piloté par des ingénieurs algériens depuis les stations terriennes de Bouchaoui (Alger) et Boughezoul (Médéa) et dont plus de 300 ont été formés dans le contrôle, l’exploitation, l’expertise et l’assemblage du satellite, Alcomsat-1, qui émet aussi sur la Bande L et couvre une bonne moitié de l’hémisphère Nord de la terre, permet d’optimiser la qualité du signal des satellites de géolocalisation (GPS, GLONASS, Galileo) et de diminuer les risques de brouillage ou de détérioration volontaire des signaux.

Expérience de 15 ans dans le domaine spatial
Avant Alcomsat-1, l’Algérie avait lancé 5 satellites, dont 3 en 2016 et le premier en 2002, mais tous dédiés à l’observation de la terre. En effet, le gouvernement algérien a adopté dès novembre 2006 le programme spatial national (PSN) horizon 2020, qui vise à acquérir progressivement la technologie spatiale et à répondre aux besoins nationaux au service d’un développement national durable.
L’utilisation de l’outil spatial date déjà de 2002 bien avant la mise en œuvre du programme spatial national 2006-2020, avec le lancement d’Alsat-1, le premier microsatellite algérien dédié à l’observation de la terre et qui venait ainsi confirmer l’existence de potentialités nationales dans le domaine scientifique, qui sont le résultat du travail entamé à la fin des années 1980, avec la création du Centre national des études spatiales (CNTS).
La mise en place en 2002 de l’Agence spatiale algérienne (ASAL), placée sous la tutelle du gouvernement, va booster encore plus ce domaine avec le lancement dans le cadre du programme spatial national 2006-2020 de 4 satellites (3 dédiés à l’observation de la terre et un expérimental).
En effet, le 12 juillet 2010, l’Algérie a lancé un satellite d’observation de la terre en haute résolution Alsat-2A (toujours en orbite) qui a fourni plus de 40.000 produits à fin 2016.
S’ensuivra le 26 septembre 2016, le lancement de deux satellites dédiés à l’observation de la terre, en l’occurrence Alsat-1B et Alsat-2B, et d’un autre Alsat-1N pour la recherche scientifique et le développement technologique, qui sont actuellement en phase d’exploitation.
Depuis le lancement réussi des deux satellites d’observation de la terre Alsat-1B, Alsat-2B et d’un satellite expérimental Alsat-1N, depuis le site de Sriharikota en Inde, les opérations de contrôle et de tests en orbite sont opérées de manière autonome par des ingénieurs algériens.
Les deux satellites Alsat-1B et Alsat-2B ont été assemblés, intégrés et testés en grande partie par les ingénieurs de l’ASAL au niveau du Centre de développement des satellites (CDS) d’Oran, constitué d’infrastructures modernes (ateliers et laboratoires) dédiés à la conception, l’assemblage des satellites ainsi que des moyens de test et d’essais d’environnement.

D’autres satellites seront lancés entre 2020 et 2040
D’autres satellites de dernières génération, dont certains dédiés aux télécommunications, seront lancés dans le cadre du programme spatial national 2020-2040, qui est «en cours d’élaboration», a-t-on indiqué auprès de l’Agence spatiale algérienne (ASAL). Ce nouveau programme sera effectif après l’achèvement du programme spatial national 2006-2020 qui a enregistré le lancement avec succès de 5 satellites dont le dernier en date est Alcomsat-1.
Suite à ces réussites successives, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a, dans un message, rendu un vibrant hommage aux cadres et ingénieurs de l’ASAL, qui «viennent de prouver, à travers leurs réalisations, que l’acquisition et l’appropriation de la technologie ne nous sont pas inaccessibles et que ne nous sommes pas condamnés à l’achat uniquement de ce qui est produit par les autres». Le chef de l’Etat a affirmé que le satellite Alcomsat-1 est un outil «pour la promotion des technologies spatiales à des fins pacifiques» qui permettra aux différentes entreprises nationales, tant publiques que privées, de bénéficier de services «qui étaient l’apanage de compagnies étrangères et dont l’accès impliquait d’importantes sommes en devise forte», ajoutant qu’il est devenu «plus qu’indispensable de répondre aux besoins de notre pays en matière de télécommunications spatiales, de services télévisuels, de transmission audio, d’internet à haut débit, de télé-enseignement, de télémédecine et d’autres applications».De son côté, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a affirmé qu’avec le lancement du satellite algérien de télécommunication Alcomsat-1, «l’Algérie entre dans une nouvelle ère avec d’autres retombées positives attendues pour le développement national».Il a ajouté qu’Alcomsat-1 «permettra au pays de disposer d’un réseau national de transmissions et de communication très performant et mieux sécurisé, y compris aux risques de catastrophes naturelles», soulignant que «chacun mesure l’importance d’un système d’information et de télécommunications efficace et continu pour toute la vie économique et sociale d’une nation à l’ère des réseaux et des échanges électroniques».
Le Premier ministre a indiqué à cette occasion que «les succès enregistrés par l’Algérie dans le domaine spatial doivent beaucoup aux compétences nationales que recèle l’Agence spatiale algérienne et dont le nombre est passé en une décennie, de 100 à 600 cadres et ingénieurs de haut niveau qui gèrent le centre de développement des satellites d’Oran, ainsi que les centres d’exploitation de Bouchaoui et de Bouguezoul».Il a exprimé, à ce propos, «les chaleureuses félicitations du gouvernement» aux responsables et cadres de l’ASAL et à tous leurs partenaires nationaux pour tout ce qui a été réalisé.

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Écrit par itmag2003

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