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Analyse
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Evoqué pour la première fois dans un rapport du Business Monitor International : Fusion Djezzy – Mobilis : un scénario catastrophe

Ce qui retient le plus l’attention du rapport du BMI, c’est l’idée d’un rapprochement entre Djezzy… et Mobilis ! Il serait issu de la dilution de l’un dans l’autre si jamais le gouvernement rachète la totalité de Djezzy et qu’il rejette l’option d’un partenaire étranger. Un rapprochement que le BMI ne recommande d’ailleurs pas. (Suite de […]

Ce qui retient le plus l’attention du rapport du BMI, c’est l’idée d’un rapprochement entre Djezzy… et Mobilis ! Il serait issu de la dilution de l’un dans l’autre si jamais le gouvernement rachète la totalité de Djezzy et qu’il rejette l’option d’un partenaire étranger. Un rapprochement que le BMI ne recommande d’ailleurs pas.
(Suite de la page 7)
Business Monitor International (BMI), groupement britannique d’études et d’analyses économiques et de « risque pays », vient de publier un rapport sur les télécommunications en Afrique du Nord. Ce rapport revient principalement sur ce qui a été accompli depuis la libéralisation du secteur dans la région et à partir des données récoltées et des prévisions démographiques, le document « ose » des projections sur 5 ans.
Le « North Africa Telecommunications Report » contient également des orientations pertinentes quant aux évolutions de croissance pour la téléphonie fixe, le mobile et l’usage Internet des quatre pays de la région, l’Algérie, la Libye, le Maroc et la Tunisie. Globalement, la région a bénéficié d’une très forte présence de compagnies internationales qui non seulement ont injecté des capitaux mais permis un transfert technologique rapide au vu de l’expertise déjà acquise dans leur propre environnement.

En attendant la 3G…

Reposant sur un diagnostic SWOT, une méthodologie bien anglo-saxonne, le rapport écrit qu’« en dépit d’un taux de pénétration très élevé du mobile dans la région; la croissance est encore envisageable et demeure à un niveau ‘‘ raisonnable ’’ ». Une marge de progression existe bel et bien et celle-ci repose en toute logique sur les futures normes de téléphonie mobile, comprendre 3G et au-delà, et les services associés. Néanmoins, bien que la moyenne des revenus ne soit pas énorme comparativement aux pays du Moyen-Orient, elle est généralement plus élevée que dans d’autres régions d’Afrique. Ceci pour les points forts du diagnostic.
Pour les faiblesses, le rapport les situe dans « un niveau élevé d’abonnés prépayés qui, dans une large mesure, n’a pas été corrigé, entraînant une baisse des recettes moyennes par utilisateur et plusieurs abonnés inactifs ». De plus, ce « phénomène » s’accompagne d’une croissance de plus en plus lente. Autre point ; hormis le Maroc, l’autre faiblesse qui caractérise le marché de la téléphonie mobile dans la région nord-africaine, c’est la lenteur dans le lancement de services 3G-4G. En Algérie, l’intention y est, mais sans plus. Cependant, quand on y voit de plus près, il est inutile d’avoir des canaux de diffusion de nouvelle génération si ceux-ci ne sont pas « remplis » à bon escient. Comprendre que sans contenu diversifié pour « justifier » le passage à la 3G, celui-ci ne peut représenter une priorité.
Cela dit, les opportunités ne manquent pas ! « Certains opérateurs ont fait des progrès sur l’amélioration de leur ‘‘ mix ’’ abonné », écrit BMI. « L’ARPU peut être augmenté si les opérateurs ciblent les clients dont les dépenses prépayées augmentent en les transformant en abonnés au post-payé. » Ce faisant, si l’opérateur télécoms n’engrange pas une dynamique de croissance, il peut au moins espérer garder le même niveau de dépense de son abonné en passant à un mode post-payé. D’autres possibilités existent pour développer des services à valeur ajoutée mais le rapport insiste encore une fois sur le fait que la prochaine source de « croissance » reste les applications et le contenu à développer pour les réseaux mobiles de future génération. Au final, un environnement quasi commun à tous les pays analysés à quelques exceptions près.
Contrairement à la Tunisie, l’Algérie a connu une croissance d’abonnés relativement faible, l’estimant à près de 3,5% en 2010. Le BMI impute cette faible croissance, du moins dans son ensemble, à une moins bonne performance de Djezzy, qui, quoi que l’on dise, demeure un acteur majeur du secteur jusqu’à devenir, ou en tout jusqu’à être considéré comme un « levier ».

Rapprochement Djezzy – Mobilis :
un scénario catastrophe

Sauf que, actualité oblige, le BMI a inscrit dans son rapport « l’Affaire Djezzy ». « A partir de 2011, Djezzy est susceptible de revenir entre les mains de l’Algérie, il sera alors très difficile de connaître, à ce moment-la, la façon dont le marché va évoluer. » Certes, Djezzy a connu une performance beaucoup plus « impressionnante » au deuxième trimestre de 2010 lorsqu’il a établi un gain d’abonnés de 352 000 nouveaux souscripteurs, augmentant sa part de marché à 42,6%. Toutefois, lorsque l’opérateur s’est vu « sévèrement » limité l’achat de nouvelles cartes SIM depuis l’étranger car soupçonné d’irrégularités dans le transfert de devises et de non-conformité avec les lois de changes, il a du coup « perdu 223 000 clients; avec une réduction de sa part de marché à 42% ». En fait, pour le BMI, bien qu’« Orascom prétend que Djezzy a une part de marché de près de 58%, d’autres sources suggèrent que ce n’est pas le cas ». En revanche, ce qui retient le plus l’attention du rapport du Business Monitor International, c’est l’idée d’un rapprochement entre Djezzy… et Mobilis ! Un rapprochement, issu de la dilution de l’un dans l’autre, que le BMI ne recommande d’ailleurs pas.
« La perspective d’un rapprochement entre Djezzy et Mobilis est ‘‘ alarmante ’’ en raison de l’impact que peut avoir cette évolution sur l’environnement concurrentiel. On ignore si les deux entreprises seraient combinées ou si le gouvernement compte trouver un nouveau partenaire étranger. Toutefois, nous estimons que de nombreux investisseurs potentiels seraient prudents ».
Pour ce qui est de Nedjma, dont les performances sont saluées par le rapport en question, il avait été la principale source de nouveaux clients pendant six trimestres consécutifs. Cependant, au deuxième trimestre de 2010, l’opérateur a enregistré une perte nette de 260 000 clients. Conséquence directe ; sa part de marché est tombée à 22,5% contre 23,4% au trimestre précédent. La société mère Wataniya Telecom, elle-même détenue par QTel, n’a pas expliqué les raisons de la perte de clients mais il semble qu’elle a eu lieu uniquement dans le segment prépayé, laissant supposer qu’il pourrait s’agir d’une « purge » opérée sur ses abonnés inactifs. Nedjma a connu un dernier trimestre légèrement meilleur, ajoutant 60 000 clients à son actif, même si elle a vu 5 000 clients dans le segment postpayé « plier bagages ».
Quant à Mobilis, sa croissance est estimée à environ 3,2% au cours des neuf derniers mois de 2010, représentant un gain d’environ 387 000 clients. Une reprise due et qui repose principalement sur son service prépayé. Sous toute réserve, selon le BMI, au vu de la « difficulté » rencontrée dans la collecte de données statistiques.
Enfin, pour rester dans son cœur de métier, celui de la prévision et de la prospective, le BMI ne manque pas de prédire qu’à « la fin de 2015, nous nous attendons à voir 41,6 millions d’abonnés et un taux de pénétration de 109,3% ».

Une « libéralisation » qui fait défaut

Dans ce volet, le Business Monitor International reprend la même recette : un diagnostic SWOT. Encore une fois, comme pour la partie dédiée à la téléphonie mobile, le rapport met en avant la forte présence d’investisseurs étrangers, y compris Tecom et France Telecom, qui « apportent d’excellentes ressources et l’expertise nécessaire de l’Afrique du Nord dans le marché de la connexion à large bande ».
Pour le BMI, le secteur dans la région connaît un taux de pénétration relativement élevé et a pu plus ou moins résister à « sa substitution » par la téléphonie mobile. De plus, dans la plupart de ces marchés, les services à large bande n’ont pas encore bouleversé les usages ni même été amplement exploités, même si une tendance à une croissance « soutenue et tenace » est clairement identifiée.
En revanche, le rapport revient sur la menace que pourrait constituer, à terme, « la croissance rapide du haut débit mobile qui pourrait freiner la croissance ».
Selon le rapport, « il y a quelques modifications mineures à nos prévisions pour les marchés de la téléphonie fixe en Afrique du Nord pour le premier semestre de 2011. En dépit de cela, les trajectoires générales restent intactes. Nous estimons que le secteur en Algérie […] continuera à diminuer au-delà de 2010. A la fin de 2009 [données les plus récentes], Algérie Télécom exploitait un peu plus de 2,5 millions de lignes fixes en service, en baisse de 16% par rapport aux 3,07 millions un an plus tôt. Cette chute du nombre de lignes fixes est attribuée à la substitution fixe-mobile ainsi que la déconnexion, de l’ordre de 0,5 million de lignes en 2009 pour les remplacer par des accès NGN. A l’avenir, nous prévoyons que la baisse du nombre de lignes fixes sera plus progressive. A la fin de notre période de prévision en 2015, nous prévoyons qu’il y aura 2,264 millions de lignes fixes en service, donnant au pays un taux de pénétration de 5,9%. »
Poursuivant son analyse dans le segment de la téléphonie fixe, le rapport du BMI écrit que « malgré l’introduction de la concurrence fixe au début de 2006, le marché de la téléphonie fixe continue à être dominé par Algérie Télécom ». On s’en souvient, le consortium Lacom, détenteur de la seconde licence de téléphonie fixe, n’a pas fait long feu…
Les données officielles les plus récentes à être publiées dans le rapport se rapportent à la fin de 2008, date à laquelle il y avait 3,069 millions de lignes fixes en service, en hausse de seulement 731 lignes d’année en année. Ces chiffres correspondent aux données publiées
par l’UIT qui positionne le taux de pénétration du fixe à environ 9%. Comme alternative, le rapport revient sur les connexions WLL qui avaient été utilisées pour fournir des services téléphoniques de base. A fin 2008, 703 191 lignes WLL ont été mises en service, contre 858 200 un an plus tôt.
Dans l’intervalle, Algérie Télécom a modernisé son infrastructure de téléphonie fixe et ce, à travers des équipements de nouvelle génération. Depuis 2009, Algérie Télécom a déployé le Multi Service Access Nodes (MSAN), offrant une capacité de 400 000 connexions dans une première phase, déployés principalement dans cinq villes (Alger, Constantine, Sétif, Chlef et Oran).

Internet : encore du chemin…

D’emblée, le rapport commence par une comparaison entre la Tunisie, dont il dit avoir « le deuxième taux de pénétration d’Internet le plus élevé, à 36,9% », et l’Algérie, « avec un taux de 18,4% ». Dans la région, c’est la Libye qui possède le plus faible taux de pénétration, avec 6,1%. Dans le volet du haut débit, l’Algérie a un taux de pénétration arrêté à 4,1% à la fin de 2010. Comme la Tunisie, le haut débit en Algérie reste dominé par la technologie « xDSL ». A partir de là, le secteur « devrait croître plus lentement au cours des cinq prochaines années, avec un taux de pénétration qui devrait atteindre les 7,2% en 2015 ».
Selon les données de la Banque mondiale, il y avait environ 4,7 millions d’internautes en Algérie à la fin de 2009 au plus tard, en hausse par rapport à 2008 et 2007. « Toutefois, il convient de noter […] que seulement environ 25% des utilisateurs d’Internet peuvent être considérés comme des utilisateurs réguliers », poursuit le rapport.

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Écrit par itmag2003

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