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L'essentiel
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Face à l’oisiveté et au manque d’activités ludiques adéquates Quand les retraités se réfugient dans Facebook !

Le phénomène est nouveau dans notre société. Il est même très récent, mais risque de prendre des proportions pouvant le propulser au statut de «constante». Au rythme effréné de l’avancement et des inventions dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC), ainsi que leur «implantation» croissante au sein des différentes couches […]

unaZ364Le phénomène est nouveau dans notre société. Il est même très récent, mais risque de prendre des proportions pouvant le propulser au statut de «constante». Au rythme effréné de l’avancement et des inventions dans le domaine des technologies de l’information et de la communication (TIC), ainsi que leur «implantation» croissante au sein des différentes couches de la société, la nouvelle tendance «Papy Facebook» risque d’égaler l’engouement des jeunes pour ce site de socialisation. En effet, de plus en plus de retraités se retrouvent le plus souvent, et pour de longues heures, sur ce site en train de discuter, publier, commenter et partager de ce qui leur tient à cœur. Il s’agit, bien évidemment, de personnes dont l’addiction à Facebook remonte à la période où ils étaient actifs. C’est dans le milieu professionnel qu’ils se sont, en réalité, familiarisés avec ce nouveau moyen de communication interactive dans l’espace virtuel. Après être admis à la retraite, il était, pour eux, impossible de juguler cette «folle envie» de rester branché à l’univers magique de la Toile. Certains y sont contraints en raison de l’absence d’autres milieux «réels» où ils peuvent vivre leur retraite, alors que d’autres, bien qu’ils aient tous les moyens idoines pour une vie paisible et équilibrée, ils se retrouvent «forcés» de se connecter à Facebook, tant l’addiction est devenue intraitable. «Nous sommes condamnés de fréquenter ce milieu virtuel, tant que dans la vie ordinaire rien ne semble nous arranger afin de bien mener cette période difficile de la vie. Lorsqu’on échange des idées avec d’autres personnes de différents âge, ça nous permet de nous rajeunir», avouent Amar, Saïd et Amrane, retraités de différents secteurs d’activité, mais amis dans la réalité et depuis quelques mois, sur Facebook également. «Il est vrai qu’on se rencontre parfois, mais la plupart du temps, on passe des journées entières ensemble dans l’espace virtuel. Vivement ce Facebook, et je me demande si cet outil n’existait pas, quel serait notre vécu», insiste Saïd, le plus «collé» à la Toile, comme il se définit. Plusieurs autres personnes sont du même avis : Facebook les a sauvés de l’oisiveté et du dégoût, voire même de l’isolement, surtout lorsqu’on sait que les retraités en Algérie n’ont aucun espace où ils peuvent se rencontrer, s’exprimer ou faire bénéficier les jeunes de leur expérience et savoir-faire.

Le temps passe assez vite…
Pour Omar, fraîchement admis à la retraite après près de quarante ans dans la comptabilité, le retour aux réseaux sociaux constitue une solution idoine à une situation qui a failli tourner à l’incontrôlable. «Au début, j’ai décidé de rompre avec l’addiction à la Toile. J’ai passé un mois à sillonner les marchés, cafés maures, villages de Kabylie comme ne pas me rendre compte de la lourdeur du statut de retraité. Dans la vie réelle, je n’ai pas trouvé ce qui m’arrange, il y a beaucoup de conflits, de stress et de soucis. Ce n’est qu’après mon retour à Facebook que j’ai retrouvé la quiétude et la paix en l’âme», témoigne-t-il. «Devant mon ordinateur, je publie, je commente, j’aime, je n’aime pas, je discute, je fais de nouvelles connaissances,…c’est tout un univers où je ne risque pas d’être heurté ou blessé, car le seul intérêt est de se cultiver et de s’amuser», se réjouit-il. La gent féminine n’est pas épargnée par cette tendance, tant qu’un grand nombre de femmes retraitées sont très actives sur Facebook. «Il n’y a aucune raison de se séparer de Facebook après la retraite. Au contraire, c’est la période où il faut tirer profit de cette technologie pour s’enrichir et contribuer à élever les débats», estime Ghania, ex-cadre dans une banque publique. «La plupart de mes amies sont des retraitées de divers domaines, ce qui nous permet d’échanger et d’apprendre les unes des autres. D’ailleurs, je réfléchis à créer une page spéciale pour retraités», ajoute-t-elle.

Le revers de la médaille…
D’apparence, se connecter à Facebook permet de se soulager, mais pour bon nombre de personnes ayant dépassé la soixantaine, il s’agit seulement d’un souffre-douleur. Les spécialistes en psychologie sociale s’accordent à affirmer que l’espace virtuel ne peut en aucun cas être source de sentiment de tendresse et d’attention dont ont besoin des personnes retraitées. «Leur attachement à la Toile est, dans la plupart des cas, du au manque d’alternative réelle. On remarque que les adeptes de Facebook parmi les retraités ont toujours le regard triste, car ils sont, en vérité, en quête d’une affection qui n’existe que dans le monde réel et que seuls la famille et l’environnement immédiat peuvent procurer», souligne A. Amour, chercheur en psychologie sociale. «Je crains que les férus de la Toile parmi les retraités finissent dans des cliniques psychiatriques, au vu des effets lents, mais certains, de cette addiction sur le système nerveux et même sur l’état psychologique à moyen et à long termes», ajoute notre interlocuteur, signalant la nécessité d’assurer une «vie équilibrée entre le réel et le virtuel pour éviter les mauvaises surprises». Pour lui, la sensibilisation s’impose pour tirer ces derniers «des griffes d’une addiction menaçante».

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Écrit par itmag2003

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