L'essentiel
0

Finale de NextGen 2015 de Condor Comment Lancer l’entrepreunariat sans la demande

Est-ce que c’est le Ramadhan qui accélère la chose ou c’est une coïncidence mais le mois de mai 2015 est celui de toutes les compétitions de start-up. Après ImagineCup de Microsoft, c’est le Next Génération de Condor et en parallèle le concours des start-up du MPTIC. Le Next Generation de Condor s’est déroulé dans le […]

condor nextgenEst-ce que c’est le Ramadhan qui accélère la chose ou c’est une coïncidence mais le mois de mai 2015 est celui de toutes les compétitions de start-up. Après ImagineCup de Microsoft, c’est le Next Génération de Condor et en parallèle le concours des start-up du MPTIC.
Le Next Generation de Condor s’est déroulé dans le fief de Condor à Bordj Bou-Arreridj sous la coupe des responsables IT de Condor et animé par un Rafik Chala dans ses grands jours et avec un jury international hautement qualifié.

«Le but de cette manifestation est de créer un écosystème», nous dit Benaskar Samir, responsable ICT au sein de Condor avant d’ajouter avec un regard malicieux «et peut-être en recruter quelques-uns».
La Start-up Academy de Condor est avant tout une initiative qui permet «d’agrandir» l’écosystème IT à travers un concours. Mais pas uniquement, puisqu’il est prévu une série d’ateliers de formation et mentorat pour permettre aux étudiants d’approfondir les notions sur l’entrepreunariat. La startup Academy brosse trois compétences : le mobile, le coding et la formation on live.
La formation est un élément important et les responsables de la start-up Academy de Condor l’ont bien compris. En effet, beaucoup de formations ne sont pas en lien avec les besoins du marché, du monde du travail. Il est donc nécessaire de rediriger les jeunes universitaires, sinon vers les activités numériques via l’apprentissage du code informatique. Il n’y a qu’à voir les statistiques, plus il y a de «codeur», plus il y a de projets. Cela relève du bon sens.
Ce que nous avons assisté est la partie NextGen qui est une compétition nationale de développement d’applications mobiles et de services 3G. Cinq universités –Alger, Blida, Chlef, Constantine, et Ghardaïa – y ont assisté auxquelles il faut ajouter les ateliers start-up junior d’Alger. Près d’une cinquantaine de projets ont été soumis et 10 ont été retenus pour la finale qui s’est déroulée le 16 mai dernier. Avant le lancement du concours, Rafik Chala dira que «l’évaluation du jury tiendra compte de trois éléments importants : l’originalité de l’idée, le potentiel commercial et l’utilisation des TIC». En effet, dira un des membres du jury, «l’analyse de faisabilité du projet et la construction du business model doivent avoir cinq perspectives : marketing, financière, stratégique, managériale et humaine sans oublier l’élaboration de la stratégie d’amorçage et de croissance de l’entreprise et les problématiques de financement et de levée de fonds»
Pour arriver à 10 équipes, «il y a eu plus de 1 200 inscrits et près d’un millier qui ont participé», nous souligne Hedia Kouloughli, responsable communication au sein de Condor avant d’ajouter «près de 1 000 étudiants ont participé à nos différents ateliers et aujourd’hui ce sera la finale avec 10 teams qui ont de bons projets aboutis».
La compétition commence et l’animateur dira que «le vainqueur de cette compétition aura un chèque d’un million de dinars, ce qui lui permettra de mieux entreprendre et lancer son produit». Un silence se fait dans la salle, ce qui a permis à Rafik Chala de lancer le premier projet en précisant qu’ils «ont 35 minutes pour expliquer le projet et 25 minutes pour les questions du jury».
Ce qui ressort de cette compétition, c’est que les «petits jeunes» n’ont pas froid aux yeux et que presque tous sont trilingues. Ils manient aussi bien l’arabe, le français que l’anglais avec un accent très british. Des projets et des idées, il y en a eu à profusion, touchant tous les domaines et on a remarqué que l’ensemble des projets tournent et ne sont pas uniquement à l’état d’idée.
L’événement qui s’est déroulé à Bordj Bou Arreridj, donc pas à Alger, veut dire que la culture entrepreneurial s’est déplacée et commence à fleurir dans l’Algérie profonde. De plus, même si toutes les équipes étaient en compétition, nous avons remarqué un nouvel esprit : le partage de connaissance et de savoir. En un mot mettre en commun un savoir pour pouvoir aller plus loin.
Cet état d’esprit permettra l’émergence de nouvelles start-up qui pourront aller titiller le marché et par la même ouvrir encore l’écosystème IT qui reste très petit. De plus, la mise en place de ce type de compétions, qui est un évènement beaucoup plus entrepreneurial, permettra l’ancrage d’une culture IT.
Face à «l’Algerian bashing», ces critiques anti-algériennes auxquelles s’adonnent volontiers certains avec plaisir, les «petits jeunes», eux, préfèrent coder et développer des applications et faire valoir leurs atouts. Contrairement aux idées reçues, rien n’est figé et tout progresse à vive allure, plus pragmatique, d’autres nous disent que «nous voulons une amélioration du financement des start-up au niveau des banques, qui ne nous comprennent pas et ne nous suivent pas». A la question de savoir pourquoi ils font ces compétitions, tous me répondent «pour se challenger et créer des entreprises».
Le NextGen, premier du genre, rentre dans la catégorie des finales de compétions qui se déroulent en dehors d’Alger et c’est la première fois que cela se passe. Ce fait permet de dire aux talents que la wilaya de Bordj Bou Arreridj rentre dans la Top5 sur les endroits idéals pour lancer une start-up. Il faut savoir qu’il y a pratiquement 6 critères de base qui permettent l’émergence de start-up : l’investissement (les crédits, l’aide publique…), l’éducation (le nombre de diplômés, le taux de chômage…), le coût de la vie, l’économie (PIB de l’État, impôt sur les sociétés, inflation) et l’immersion (investisseurs et banquiers, entrepreneurs de l’industrie et des services, experts et conseils spécialisés). Et Bordj Bou Arreridj est bien placée : un haut niveau d’éducation, des coûts de location bas et un écosystème industriel, donc des investisseurs, bien développés. «Le numérique, c’est le futur de l’industrie», nous avait dit Abderrahmane Benhamadi lors de l’inauguration de l’usine des panneaux solaires, mais c’est un futur qui ne pourrait être réalisé sans ses compétitions et sans entrepreneur.
Encourager la création de start-up, c’est la condition d’en faire une filière exemplaire et avant-gardiste. Toutes ces initiatives sont à encourager et elles existent pour célébrer l’entrepreneuriat et les talents, mais surtout aussi pour découvrir d’autres manières de réfléchir sur le digital au quotidien. Comment se conjugue l’entrepreneuriat chez les jeunes, quels sont les enjeux du numérique sur l’Algérie ou comment l’innovation pousse-t-elle les jeunes à entreprendre, à créer, à se dépasser ? Autant de questions auxquelles de nombreux jeunes tentent de répondre chaque jour à travers leur travail et leur envie de se faire une place dans un univers jusqu’ici principalement réservé aux pays nantis.
Le réveil de l’Algérie numérique est déjà enclenché mais c’est vrai qu’à Alger on préfère encore regarder du côté de la Silicon Valley, qui continuera encore longtemps de faire rêver les start-up algériennes en quête d’inspiration. Pourtant la prochaine grande révolution entrepreneuriale se jouera bien ici.

 

Sorti sur IT Mag n°360 du 26 mai au 3 juin 2015

Share:
  • googleplus
  • linkedin
  • tumblr
  • rss
  • pinterest
  • mail

Written by itmag2003

There are 0 comments

Leave a comment

Want to express your opinion?
Leave a reply!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire les articles précédents :
elit
DZHack: La sécurité au cœur des métiers Les batailles secrètes pour collecter vos données et contrôler votre monde 

Notre monde est de plus en plus, sinon totalement, dépendant des télécommunications. L’Internet explose, l’usage du courrier électronique se banalise,...

Fermer