Geek-Week
0

GeekWeek 393: Algérie Télécom s’offre une évasion

Pour faire oublier les problèmes de connexion à Internet, le débit faible et les réclamations des clients quant aux dérangements du téléphone fixe, l’opérateur Algérie Télécom s’est offert une balade de santé sur les routes du «Challenge Sahari International», un évènement présenté comme «sportif et incontournable». AT a été le sponsor majeur du rallye. Petite […]

Pour faire oublier les problèmes de connexion à Internet, le débit faible et les réclamations des clients quant aux dérangements du téléphone fixe, l’opérateur Algérie Télécom s’est offert une balade de santé sur les routes du «Challenge Sahari International», un évènement présenté comme «sportif et incontournable». AT a été le sponsor majeur du rallye. Petite cerise sur le gâteau : il a reçu un trophée à l’instar des autres sponsors et des partenaires. «C’est bien pour la visibilité», me dit un ami avec un petit sourire en coin. Un autre répond du tac au tac : «Ah bon ! tu penses que l’opérateur n’est pas assez visible. Il est partout sur les autoroutes et sur les ondes des radios où il sponsorise émissions et bulletin météo». L’important est de se remettre en question et fidéliser les abonnés en leur garantissant entre autre un accueil personnalisé dans les Actels.
Dans un autre registre, la semaine dernière a été caractérisée par l’annonce du projet de loi sur les technologies de l’information de communication (TIC) par Imane Houda Feraoun, ministre de la Poste et des TIC mais qui ne semble pas faire l’unanimité auprès de la Fédération nationale des travailleurs de la poste et des TIC, affiliée à l’UGTA. Au-delà du manque de dialogue, les syndicalistes n’acceptent pas une des dispositions : le dégroupage, une technique qui permet à un opérateur d’utiliser les infrastructures d’Algérie Télécom pour fournir des services à valeur ajoutée. Pourtant, cette technique a été adoptée par les grands pays et les opérateurs de renommée mondiale. Résultat : la pénétration d’Internet a été augmentée et il y a eu plus d’offres compétitives. En s’accrochant à son monopole, AT risque de retarder le développement de ce secteur. L’Algérie n’est pas une île isolée et notre pays ne peut rester en marge des tendances mondiales.
Ce n’est pas la première fois que ce projet de loi suscite la polémique. Il a été déjà retiré par calcul politique ou carrément relégué aux calendes grecques pour calmer les ardeurs du «partenaire social». Sommes nous à ce point réfractaire à toute modernité regardant incessamment dans le rétroviseur ?
Avec le lancement des services via internet et de la monétique, peut-on de façon raisonnable continuer avec une loi qui date de 2000 ? Les discours actuels du gouvernement mettent en exergue «l’économie numérique» comme un des facteurs de relancer la machine économique pour se substituer graduellement à la rente des hydrocarbures. Mais sans mesures concrètes, ce discours restera comme un effet de mode sans plus.
Les TIC permettent aussi aux gérants des 3.000 ou 5.000 cybercafés de s’accrocher à ce métier et de continuer à en vivre. Composés d’une clientèle de plus en plus jeune et branchée, elle vient pour demander la carte d’identité nationale biométrique via le Ministère de l’intérieur et des collectivités locales. D’autres demandent des réservations d’hôtels pour des vacances de fin d’année sous d’autres cieux plus touristiques que le nôtre et des visas à TLS Contact. Certains téléchargent des films ou de la musique. Ils ont su s’adapter aux changements en proposant des services autres que la connexion Internet, puisque ce seul service ne semble plus être aussi rentable qu’avant. Aujourd’hui, les cybercafés offrent à leurs clients la possibilité de scanner des documents ou autres travaux de bureautique car il ne suffit plus d’assurer des connexions Internet pour vivre. C’est précisément la diversification des services fournis au niveau des cybercafés qui a permis à de nombreux établissements de durer alors que d’autres ont baissé leurs rideaux. Dans ce contexte, les cybercafés peuvent avoir une influence positive sur les relations entre l’administration et les administrés et sur les politiques de mobilisation et de sensibilisation sociale. Ils peuvent en outre permettre de rendre accessibles en tout lieu et en tout temps les informations publiques comme les formulaires et les guides administratifs, l’organisation et les programmes d’activités des départements ministériels et de mettre en place des procédures online pour permettre une meilleure transparence de l’administration, la suppression des interminables déplacements et attentes dans les services administratifs et de meilleurs rapports avec les administrés.

Share:
  • googleplus
  • linkedin
  • tumblr
  • rss
  • pinterest
  • mail

Written by itmag2003

There are 0 comments

Leave a comment

Want to express your opinion?
Leave a reply!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire les articles précédents :
intelligence-artificielle
L’Intelligence artificielle de Google chiffre ses données l’homme sera-t-il dépassé?

Les nouvelles opportunités d’agrégation, d’analyse et de corrélations statistiques au sein de quantités massives de données –Big Data- semblent permettre...

Fermer