L'Essentiel
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GeekWeek 398: Effets d’annonce et réalité

L’Algérie était la semaine dernière à l’heure de la gouvernance de l’internet. Une Conférence africaine a été organisée en collaboration avec la Banque africaine de développement et en partenariat avec l’Union internationale des télécommunications (UIT). On a eu droit à des experts qui ont développé les tenants et les aboutissants de ce sujet sensible et […]

L’Algérie était la semaine dernière à l’heure de la gouvernance de l’internet. Une Conférence africaine a été organisée en collaboration avec la Banque africaine de développement et en partenariat avec l’Union internationale des télécommunications (UIT). On a eu droit à des experts qui ont développé les tenants et les aboutissants de ce sujet sensible et d’actualité. Malik Si-Mohammed, consultant international, a planté le décor en mettant en exergue dans son intervention le fait que les TIC sont un véritable phénomène de société et cette tendance va encore s’accélérer. Elles vont prendre de plus en plus de place dans notre vie quotidienne. Nous sommes dans un monde qui bouge, dominé par des innovations. Mais est-ce que nos décideurs sont sur orbite où sur une île déserte ? «En Algérie, on est plus dans les effets d’annonce, dans tout ce qui est clinquant et qui a des effets médiatiques immédiats. Sans volonté politique clairement affirmée et surtout mise en œuvre, l’avènement d’une société de l’information restera une illusion», lâche mouloud à la sortie de sa banque. Il est venu voir si les chèques ont été débités sur le compte de son entreprise après 10 jours d’attente. «Wallahi ma dekhlou !», ses sourcils se froncent de colère. Il pousse un cri de rage et son corps se crispe. Informaticien de profession, il sait que la compensation travaille 24/24/7 mais que les employés de la banque publique ne font pas leur boulot. Et dire qu’au Kenya, les téléphones portables offrent aux consommateurs la possibilité de créer et gérer leur propre compte bancaire et d’y accéder via leur opérateur mobile, en utilisant un système de paiement appelé M-Pesa.
En Algérie, on sait quand on commande un carnet de chèques mais jamais quand il sera retiré de sa banque : ça peut durer des semaines, voire des mois ! «Nooormal», comme dirait un jeune hittiste, toujours à la même place, face à la fac centrale à Alger, dos au mur, le regard vide, éternel chômeur qui voit ses rêves passés, y compris celui d’avoir son premier chèque à signer.
D’autre part et à en croire Houda-Imane Feraoun, ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, le métier de centre d’appels «ne peut être fait que par des jeunes qui veulent se faire de l’argent de poche, ce n’est pas un métier d’avenir». Alors que de nombreux jeunes promoteurs ont déjà investi plusieurs millions de dinars pour la création de leurs entreprises et l’acquisition de logiciels, elle leur conseille de faire marche-arrière. Le projet de création des 48 centres d’appels pour chaque wilaya, promis par Algérie Télécom est remis en question. Elle leur propose d’aller vers le déploiement du FTTH et du FTTX. Ils sont désorientés et ne savent plus à quel saint se vouer. Peut-être qu’une petite virée au mausolée de Sidi Abderahmane les aiderait à voir plus clair. La Casbah et l’air marin en bonus.
Sur le plan international, Le Mobile World Congress de Barcelone ouvrira ses portes fin février, c’est le plus grand salon dédié aux technologies, de la téléphonie à la mobilité. Un rendez-vous qu’aucun passionné de high-tech ne peut rater. Les plus grands créateurs viennent présenter leurs modèles haut de gamme et la tendance qu’ils défendront au cours de l’année. La grande révolution mobile est davantage attendue dans les usages, en particulier l’interaction avec l’écosystème des objets connectés. Annoncée comme la prochaine génération de communication mobile, la 5G fera l’objet d’une attention particulière. On parle de plus en plus de voitures connectées et de e-santé…
Dans ce cadre et après la carte Chifa, les autorités veulent généraliser le système d’information et de communication Sihatic qui consiste à doter les structures en charge de la santé d’un système d’information et de communication automatisé, intégré et global permettant de créer, mettre à jour, partager et exploiter les informations relatives aux usagers et aux praticiens de la santé. Cela permettra par exemple un suivi automatique de la disponibilité des lits au niveau des établissements de santé : taux d’occupation des lits, répartition par wilaya de spécialités. Cet outil apportera, aux décideurs du secteur de la santé, une forte valeur ajoutée dans le cas de la gestion des catastrophes naturelles (tremblements de terre, inondations). Les TIC peuvent ainsi contribuer à un meilleur accueil et une meilleure prise en charge des malades et d’humaniser les établissements.

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Écrit par itmag2003

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