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GeekWeek: Les saveurs des TIC en Algérie

La dernière semaine, les TIC avaient une saveur particulière. Ooredoo, l’opérateur qui a toujours la tête dans les étoiles du multimédia, a mis son grain de sel lors de la Journée mondiale de la poste placée, cette année, sous le thème : «l’innovation, l’inclusion et l’intégration sont les principaux facteurs du succès pour l’avenir de […]

La dernière semaine, les TIC avaient une saveur particulière. Ooredoo, l’opérateur qui a toujours la tête dans les étoiles du multimédia, a mis son grain de sel lors de la Journée mondiale de la poste placée, cette année, sous le thème : «l’innovation, l’inclusion et l’intégration sont les principaux facteurs du succès pour l’avenir de la poste». Il est devenu «partenaire» en ces temps d’austérité ou pour reprendre les termes du premier ministre Abdelmalek Sellal de «rationalisation des dépenses publiques» ! L’opérateur de téléphonie mobile a profité pour avoir le maximum de visibilité : par les affiches dès l’entrée du siège d’Algérie Poste à Bab Ezzouar jusqu’au sac qui contenait la documentation.
Quand Abdenacer Sayah, directeur général d’Algérie Poste, prononce son petit discours à la tribune, il n’y a aucun photographe pour immortaliser l’instant mais quand la ministre prend la parole, une nuée de photographes se positionne devant elle et les flashs n’ont cessé de crépiter. Les effets d’annonces distillées aux journalistes quant aux évolutions futures de la poste ont semblé donner l’impression de vouloir séduire plutôt que convaincre. La recette est toujours la même. Et la mayonnaise prend !
Pourquoi Ooredoo et pas les autres opérateurs ? L’opérateur choisi répond sur sa page facebook : «tout simplement parce que Ooredoo est le seul partenaire d’Algérie Poste. C’est aussi simple que ça. Ooredoo travaille pour le développement des nouvelles technologies dans tous les domaines». Fervents collectionneurs de Guides Michelin, ses cadres pleins d’étoiles dans les yeux, ont toujours suivi leur…bonne étoile !
La délégation qui a accompagné la visite de Imane-Houda Faraoun, ministre de la Poste et des TIC à la capitale des Hammadites (Béjaïa) a apprécié l’huile d’olive qu’on leur a proposé en attendant de huiler le réseau d’Algérie Télécom pour éviter les coupures d’Internet. La ministre a été d’ailleurs interpellée par des députés au sujet de ces coupures récurrentes particulièrement au niveau de la zone industrielle d’Akbou. Mais la vraie question qui se pose est de savoir si l’Algérie dispose réellement d’une stratégie numérique qui a pour objectif de procurer des avantages aux consommateurs et aux entreprises grâce à des connexions internet rapides et à des applications interopérables. Même si l’Internet est sans frontière par essence, l’économie numérique algérienne reste à la traîne. L’Algérie est en train de cumuler des retards qui lui coûtent très cher sur tous les plans, social, économique, éducatif. Le cyberparc de Sidi Abdellah a été conçu dans l’objectif de soutenir les start-up. Qu’en est-il de cet objectif des années après son inauguration ? Il y a d’autres freins, telles les lourdeurs administratives ainsi que l’accès au crédit. Comme à son habitude, la ministre n’a pas mâché ses mots pour pointer du doigt les responsables d’Algérie Poste quant à la mauvaise gestion de ce secteur, indiquant que près de 70% des problèmes peuvent être réglés par seulement une gestion rationnelle. Elle a révélé également que des sommes colossales ont été injectées, au cours de ces dernières années, par l’Etat au profit de cette wilaya, mais presque rien n’a été fait.
«Faut parler concrètement et pas tourner autour du pot en refaisant éternellement le constat : tout le monde le connaît», s’insurge un citoyen. La mise en place au niveau de la plus haute autorité de l’Etat, d’une structure décisionnelle et de coordination, avec pour mission d’assurer le pilotage et le suivi de la mise en œuvre de la politique des TIC paraît aujourd’hui plus qu’indispensable. Mais pour l’habitant de Toudja sur les hauteurs de Béjaïa, tout cela n’est que de la politique. «Nous voulons juste un bureau de poste où tout fonctionne normalement et un débit internet acceptable pour permettre à nos enfants de se cultiver», dira-t-il. Il exhibe un prospectus de fim@ktabati d’Algérie Télécom : «à quoi peut me servir ce service si je n’ai pas accès au réseau. Ce ne sera qu’une feuille volante ou de l’encre sur du papier». Il a tout résumé en une seule phrase.

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Written by Kamel Bouyoucef

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