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GeekWeek: On tourne en rond

Deux amis se rencontrent dans une des postes d’Alger. Venant retirer leur paie, ils ont été surpris d’apprendre sur place qu’il «n’y a pas de réseau». Les ordinateurs sont éteints. Le préposé au guichet les invite avec un sourire forcé à prendre leur mal en patience. Cette situation récurrente inspire un commentaire à l’un d’eux : […]

carrouselDeux amis se rencontrent dans une des postes d’Alger. Venant retirer leur paie, ils ont été surpris d’apprendre sur place qu’il «n’y a pas de réseau». Les ordinateurs sont éteints. Le préposé au guichet les invite avec un sourire forcé à prendre leur mal en patience. Cette situation récurrente inspire un commentaire à l’un d’eux : «une nation, qui ne se remet pas en question et qui refuse l’autocritique, tournera en rond…. ». L’autre, à l’humour corrosif, a saisi la balle au bond : «on tourne en rond oui. Les Derviches tourneurs, eux au moins, y gagnent quelque chose». Il se souvient de son dernier voyage à Istanbul où des derviches, vêtus de blanc, les pieds nus, les bras étendus, commencent à tourner : leur robe s’enfle, la musique s’anime, ils précipitent leurs danses en regardant au ciel convaincus qu’ils exécutent un acte religieux très méritoire. Ils attendront encore une petite heure avant d’encaisser leur chèque. Plus que jamais, ils sont convaincus que l’entreprise Algérie Poste (AP) n’est pas prête pour se transformer en banque postale qui nécessite une organisation et une formation particulières pour les agents, qui seront confrontés à des échanges interbancaires nationaux et internationaux auxquels Algérie Poste n’est pas encore prête. Le projet est pourtant régulièrement évoqué ces dernières années, précisément depuis l’époque de Houadria Ghania en 2007 ! Huit ans plus tard, le projet est au stade de…projet !
Par ailleurs, certains clients d’Algérie Télécom ont transité vers le 023 sans le savoir. Ils sont restés injoignables pendant des semaines. Un cadre de la direction générale trouve une échappatoire : «Ils sont avertis, mais il y en a beaucoup qui ne répondent pas au téléphone car ils utilisent leur ligne seulement pour la connexion. On fait du phoning avant chaque basculement». Le développement d’Algérie Télécom et plus globalement des TIC est-il une priorité gouvernementale ? Force est de constater que nous avons un réel problème de gouvernance. Lorsqu’un politicien part et qu’un autre le remplace, au lieu de capitaliser ce qui a été accompli, le nouveau fait table rase de tout ce qu’a fait son prédécesseur et il recommence à zéro. En 2008, Hamid Bessaleh, à l’époque ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication a lancé le plan «e-Algérie 2013», comme cela existe dans tous les pays. Malheureusement, dès que le ministre a quitté le gouvernement, tout s’est arrêté et le plan n’a plus été pris au sérieux. Conséquence directe : l’appropriation des technologies ne s’est pas encore opérée, ou du moins s’opère très lentement.
Houda-Imane Faraoun, la jeune ministre de la Poste et des TIC, va-t-elle faire exception ? Elle, qui a déclaré : «Je n’ai jamais été adepte de la rupture, il ne faut jamais perdre l’acquis. Il faut toujours capitaliser, que ce soit au niveau de l’expérience ou de l’investissement. Il faudrait se projeter dans le futur, moderniser et relancer ce qui a été abandonné et dynamiser les projets qui tardent à se réaliser. Tout ce qui a été fait va être valorisé et utilisé pour aller de l’avant rapidement».
Les opérateurs de téléphonie mobile cherchent à capter des parts de marché et se livrent une bataille de promotions. Mais l’Algérien est toujours aussi éloigné des autoroutes de la société de l’information et de la connaissance. Bref du monde.
Finissons cette chronique par une bonne nouvelle : des blocs opératoires dotés d’un logiciel informatique pouvant gérer toutes les fonctions du bloc vont être installés dans les centres hospitalo-universitaires (CHU) du pays selon la directrice de la planification et des études au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. L’intégration des technologies de l’information et de la communication dans la gestion des fonctions du bloc opératoire permet de programmer plus de rendez-vous pour les malades et d’avoir une traçabilité de la vie des malades, ainsi que celle de l’équipe médicale qui a effectué l’opération chirurgicale. C’est une première étape vers d’autres applications. Espérons qu’ils ne connaîtront pas le sort des scanners des hôpitaux publics qui sont soit en panne, soit en réparation, soit quasiment à l’arrêt, soit fermé à double tour. Ce qui pousse très souvent les malades à se rabattre sur le privé pour effectuer leurs examens (scanner, radio de base, téléthorax). En attendant, dans le monde, la e-Santé s’articule autour des 4 piliers: Nano-technologies, Bio-technologies, Informatique et Cognitique. L’heure est à la recherche et au développement, avant le passage prochain à une démocratisation de ces technologies et de ces outils.

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Written by itmag2003

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