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Gouvernement électronique en Algérie Constat d’échec et défis majeurs

Le gouvernement a mis en place un plan de travail visant à intégrer « totalement » les TIC dans tous les secteurs d’activité à l’horizon 2050. Il a affirmé qu’une démarche graduelle est adoptée à travers trois étapes ; 2019, 2030 et 2050 pour atteindre les objectifs assignés à cette « stratégie nationale ». L’introduction et l’utilisation des technologies de […]

electLe gouvernement a mis en place un plan de travail visant à intégrer « totalement » les TIC dans tous les secteurs d’activité à l’horizon 2050. Il a affirmé qu’une démarche graduelle est adoptée à travers trois étapes ; 2019, 2030 et 2050 pour atteindre les objectifs assignés à cette « stratégie nationale ».

L’introduction et l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les divers secteurs de la vie citoyenne tardent à décoller en Algérie. La grande ambition affichée constamment par le gouvernement n’est pas suivie de plans d’actions efficients à même d’atteindre les objectifs escomptés en matière du gouvernement électronique (e-gouvernment). Plusieurs facteurs ont contribué à classer l’Algérie aux derniers rangs des pays dans ce domaine. Ce constat d’échec a été dressé, lundi dernier, par des spécialistes algériens et étrangers ayant pris part à un séminaire international sur le e-government, tenu à l’université de Blida. Ces derniers sont allés jusqu’à prévoir l’échec de la stratégie e-Algérie 2013, arguant du fait qu’on est déjà à la fin du premier semestre alors que les réalisations sont « minimes » à cet effet. D’autres spécialistes ont mis l’accent sur la nécessité de fournir de gros efforts afin d’être au diapason des évolutions « accélérées » sans cesse enregistrées dans ce secteur névralgique. « Les acquis de l’Algérie dans le domaine de l’utilisation des TIC dans la gestion des affaires publiques sont au dessous des aspirations. A fin 2012, l’Algérie a été classée à la 131èmeposition, sur un total de 190 pays, selon un rapport établi par les Nations unies (voir IT Mag n° 300). « Des pays ayant beaucoup moins de moyens humains et matériels se trouvent aujourd’hui mieux placés ! », a souligné le Docteur El Hadi Boukelkoul, de l’université Badji Mokhtar (Annaba). Le titre de son intervention est d’ailleurs des plus éloquents ; « e-gouvernement en Algérie ; grandes ambitions, peu de réalisations ». Plusieurs facteurs ont mené à cette situation peu reluisante, a-t-il expliqué. Le taux de pénétration de la téléphonie mobile est estimé à 92,42%, alors que celui de la téléphonie fixe ne dépasse pas le seuil de 8,25%, même si la téléphonie fie est indispensable pour la connexion au réseau ADSL. Le taux de connexion à Internet ne dépasse pas, selon lui, le taux de12,5%, ce qui renseigne sur l’énorme défi à relever dans ce sens, a-t-il insisté. « Il y a également les tarifs d’accès à internet qui sont trop excessifs en Algérie par rapport à d’autres pays, même si la qualité de connexion laisse le plus souvent à désirer. En France, par exemple, l’abonnement mensuel à l’ADSL est estimé à 20 euros, soit 2% du salaire minimum garanti (SNMG), alors qu’en Algérie le coût d’abonnement représente 4,91% du SNMG. Les prestations offertes au niveau des cybercafés sont aussi coûteuses, à savoir entre 50 et 70 dinars/l’heure », a ajouté le conférencier. Il a préconisé, à cet effet, de mener une politique visant à augmenter le taux de pénétration de l’ADSL et de réduire les coûts afin de rendre cet outil de travail et de loisirs accessible à l’ensemble des citoyens. Le conférencier a étalé les mauvais résultats enregistrés par l’Algérie dans ce domaine, estimant que cette situation devait pousser les autorités à réagir énergiquement et rattraper le retard. Toutefois, a-t-il déploré, les plans d’actions mis en place à cet effet restent loin d’avoir l’apport escompté. « Concernant les brevets d’invention en TIC, l’Algérie est classée, en 2012, à la 136ème place. Elle a occupé la 88ème position en termes d’équipement technologique et la 127ème place dans le taux d’utilisation des citoyens et des institutions des TIC…. ». Et la liste est longue. Le autres intervenants ont également mis l’accent sur la nécessité de se lancer dans une stratégie « bien étudiée et ayant des objectifs précis à court, à moyen et à long termes ». Les conférenciers venus d’Egypte, du Koweït et de la Jordanie ont été unanimes à souligner que l’Algérie possède d’énormes potentialités pour « réaliser des miracles » dans le secteur des TIC, à condition que le domaine soit géré de façon plus « intelligente » et surtout « avec une grande volonté politique ».

Le gouvernement pense à 2050…
Le secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargé de la prospective et des statistiques, Bachir Messaitfa, a souligné lors de son allocution d’ouverture de ce séminaire, que le gouvernement a mis en place un plan de travail visant à intégrer « totalement » les TIC dans tous les secteurs d’activité à l’horizon 2050. Il a affirmé qu’une démarche graduelle est adoptée à travers trois étapes ; 2019, 2030 et 2050 pour atteindre les objectifs assignés à cette « stratégie nationale ». Reconnaissant la difficulté de cette mission, il a insisté sur la nécessité de l’implication de toutes les parties concernées pour amener l’Algérie au rang des pays émergents.

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Written by itmag2003

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