L'Entretien
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Karim Brahiti, Directeur général de LVSC Méditerranée à IT Mag « Nous avons développé une d’antenne qui transforme les ondes radio en énergie»

Les organisations avant-gardistes, à l’image de LVSC Méditerranée, se concentrent aujourd’hui davantage sur le développement d’approches audacieuses autour de la gestion des données, en tirant parti des innovations et infrastructures IoT existantes. Ce type d’organisation ose et met en place une mini-R&D qui crée de nouveaux produits. L’objectif : développer de nouveaux modèles d’alimentation sans piles […]

Les organisations avant-gardistes, à l’image de LVSC Méditerranée, se concentrent aujourd’hui davantage sur le développement d’approches audacieuses autour de la gestion des données, en tirant parti des innovations et infrastructures IoT existantes. Ce type d’organisation ose et met en place une mini-R&D qui crée de nouveaux produits. L’objectif : développer de nouveaux modèles d’alimentation sans piles mais aussi des nouveaux modèles économiques dédiés par exemple à la logistique, la réduction des émissions de carbone,  ou encore des plateformes de vigies contre les criquets pèlerins. Les organisations pourront élever leur stratégie IoT en passant de la simple collecte des données à la mise en action de celles-ci. Une organisation, une entreprise c’est avant tout ses hommes et femmes qui l’a dirigent. Karim Brahiti en est : Directeur et visionnaire.  Il habille, il améliore ce qui était encore à l’état d’ébauche ou d’idée un peu saugrenu, un peu ‘starwars’. Son génie de visionnaire se résume tout entier dans cette projection. Il transforme l’utile en indispensable. Une chose est sure, Internet et les objets connectés ont en commun de pouvoir nous facilité le quotidien. Ecoutons-le.

IT Mag: L’internet des objets ou « l’Internet de n’importe quoi comme vous le dites » c’est des produits avec de plus en plus de capteurs pour collecter des données et qui seront capables de prévoir vos besoins. L’internet des objets est un réseau de réseaux qui permet de transmettre des données entre objets physiques et virtuels.  Ce n’est plus de la science-fiction mais déjà une réalité.  Vous êtes un des premiers à avoir investi dans ce vaste domaine où Internet n’est plus un réseau invisible mais il prend forme dans ces objets. Nous avons appris incidemment que vous avez développé un nano-générateur d’électricité qui élimine de facto les batteries. Ma première question est avez-vous mis au point un pilote qui marche et l’avez-vous utilisé dans un de vos développements de produit.
Karim Brahiti: Effectivement ce n’est plus de la science-fiction, mais plutôt la réalité. Heureusement pour nous ce n’est pas un scenario a la Terminator, où ce serons les machines qui prendrons le pouvoir. Du moins pas pour le moment. Les objets connectés émergent et nous les adorons. Ces trois dernières années, le monde des objets connecté, anciennement appelé M2M ou Machine to Machine, s’est vu propulser au-devant de la scène et cela parce que de grandes contraintes techniques avaient été levés. Oui, je vous confirme que nous avons développé un prototype d’antenne dipôle qui permet transformer les ondes radio en énergie nécessaire à alimenter un capteur, lui permettant ainsi d’avoir une autonomie énergétique et une durée de vie remarquablement importante pour la vulgarisation des réseaux de capteurs et villes intelligentes. Le capteur n’aura pas besoin de pile ou de connexion électrique. Il devient alors autonome avec notre prototype d’antenne.
Techniquement parlant nous utilisons un phénomène que l’on appelle le Courant Induit, dont les fondements ont été expliqués par le grand Nikola Tesla au début du 20 ème siècle. Ce courant induit collecté sera stocké dans des accumulateurs, qui permettent à leur tour à un circuit électronique très basse consommation de fonctionner et donc, par exemple de mesurer et d’envoyer ses relevés à une centrale de traitement. Après plusieurs mois de travail, nous avons abouti à un produit que nous avons testé et qui marche.

Est-ce que vous avez breveté votre innovation et avez-vous l’intention de l’industrialiser ?
Actuellement nous sommes dans la phase optimisation. Nous essayons d’optimiser les schémas de nos antennes et de nos circuits pour des gains d’énergie encore plus importants car à terme ce qui est à prévoir c’est la totale autonomie des objets connectés. Et là, nous passerons à la phrase dépôt de brevet.

Pour les IoT puisse pouvoir être rentable, il faut qu’il y a ait un déploiement et pour avoir un déploiement idéal il faut des fréquences. Est-ce que vous utilisé des bandes de fréquences libres ou avez-vous demandé à l’ANF des bandes de fréquences pour mettre en place un réseau IoT ?
Actuellement nous utilisons des bandes fréquences ISM (cad : libre de droit dans le monde), mais qui sont réglementées en Algérie. Tous nos produits sont utilisés avec des technologies de transmissions développées spécialement pour le monde du IoT (Lora, SigFox, …) qui permettent avec des budgets très faible de faire de grands déploiements. Il faut savoir, par exemple qu’une antenne relaie peut couvrir un rayon de 15km avec plus de 10 000 nœuds connectés. De plus, pour nos développements, nous avons fait le choix d’utiliser des fréquences ISM pour que nos produits puissent être exploités partout dans le monde et pas uniquement en Algérie. Notre marché c’est le monde.
En Algérie nous utilisons actuellement les réseaux radio des opérateurs télécom déjà déployés, et courant 2016 nous comptons installer en coopération avec une grande ville algérienne, le premier réseau qui fera de cette ville, le première Smart City Algérienne, et c’est à ce moment-là que nous solliciterons l’ANF pour la conformité légale de nos installations.

J’ai vu au sein de votre entreprise un mini fablab avec un projet très innovant dans le domaine environnemental avec la benne à ordure intelligente. Avez-vous d’autres projets dans le même domaine ou c’est selon la demande de vos clients?
Effectivement nous sommes contents de notre poubelle intelligente qui permet de faire des économies logistiques énormes au niveau des entreprises de collecte des déchets.
Bien sûr que nous sommes en train de créer et d’innover encore. Et bien sûr, nous répondons aux demandes qui s’expriment. D’ailleurs, dans ce sens nous sommes destinataire d’un projet d’une entreprise qui est intéressée par des solutions de télémétrie pour lesquels nous sommes en train de développer une solution complète dédiée au secteur logistique.
D’un autre côté, notre prochain projet IoT est un projet ambitieux et social qui permettrait de créer non plus des objets connectés mais de véritables agents économiques utiles à la Société. Nous allons mettre en place un dispositif de veille et d’alerte pour le criquet pèlerin, dans le sud algérien, cela permettra de régler une problématique locale et nous permettra aussi de confronter nos technologies à la dure réalité du terrain.

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Written by itmag2003

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