L'Essentiel
0

La bataille technique des BTS

Pour ce qui est de Djezzy, ce sont Alcatel et, dans un moindre degré, Siemens, qui ont eu le loisir de suivre l’évolution de celui-ci depuis qu’il a décroché la première licence GSM mise en vente en 2001. En effet, selon l’équipementier français, «dans le cadre du contrat signé en 2001, d’une valeur de 400 […]

Pour ce qui est de Djezzy, ce sont Alcatel et, dans un moindre degré, Siemens, qui ont eu le loisir de suivre l’évolution de celui-ci depuis qu’il a décroché la première licence GSM mise en vente en 2001. En effet, selon l’équipementier français, «dans le cadre du contrat signé en 2001, d’une valeur de 400 millions d’euros, Alcatel a déployé sa solution Evolium de bout en bout, à même de livrer des solutions dans la gamme GSM 800, 900, 1800 et 1900 MHz, comprenant notamment les systèmes d’accès radio, le c?ur de réseau ainsi que la plate-forme de services». Enfin, Nedjma recourt au savoir-faire et à l’expertise de l’allemand Siemens. Alcatel se charge d’installer des BTS pour le compte de Djezzy dans les régions d’Alger et sa périphérie ainsi que dans les wilayas du Sud. Pour sa part, Siemens se charge d’installer les BTS dans l’Est et l’Ouest pour Djezzy de même que pour Nedjma. Le premier cité intervient également dans le «switching» ainsi que l’IN (Intelligence Network) alors que le second dans la partie BSC (Base Station Control), qui raccorde entre elles toutes les BTS.

BTS : ce qu’il faut savoir

Une station de relais radio ou une station de base (BTS pour «Base Transceiver Station») est généralement regroupée par trois sur un pylône ou suivant une configuration équivalente. Ce genre d’architecture crée ainsi un «damier hexagonal» de cellules. Ce damier est avant tout une vue de l’esprit, les zones se recouvrant les unes avec les autres et varient avec la météo, le nombre d’utilisateurs, etc., et servant à la localisation du destinataire d’un appel. Existe également ce qu’on appelle le «multiplexage temporel». Dans le combiné, la voix est numérisée et donne donc un code binaire. Celui-ci a la particularité de pouvoir être compressé. Or, sur une bande de 200 kHz, on peut faire passer plusieurs paquets de telles données compressées. Du coup, le téléphone numérise, puis compresse le son et n’envoie cela que par «paquets» toutes les 20 millisecondes. De la sorte, on peut imbriquer huit émissions (7 communications plus 1 canal de contrôle) par canal. Les systèmes mobiles actuels fonctionnent en mode numérique (la voie est échantillonnée, numérisée et transmise sous forme de bits). Les bases de transmission sont réparties sur le territoire selon un schéma de cellules et chaque base utilise un groupe de fréquences différent de ses voisines, les fréquences étant réutilisées seulement à une distance qui ne cause pas d’interférences. Plus le rayon d’une cellule est petit, plus la bande passante disponible est élevée. Ainsi, dans les zones urbaines fortement peuplées, des cellules d’une taille pouvant avoisiner quelques centaines de mètres seront présentes tandis que de vastes cellules d’une trentaine de kilomètres permettront de couvrir les zones rurales. Dans un réseau cellulaire, chaque cellule est entourée de 6 cellules voisines (c’est la raison pour laquelle on représente généralement une cellule par un hexagone). Afin d’éviter les interférences, des cellules adjacentes ne peuvent utiliser la même fréquence. En pratique, deux cellules possédant la même gamme de fréquences doivent être éloignées d’une distance représentant deux à trois fois le diamètre de la cellule. Les systèmes mobiles sont standardisés pour être compatibles entre les réseaux des différents pays et s’interconnecter avec les réseaux de téléphonie fixe. Il existe dans le monde deux grands standards de systèmes mobiles, le standard IS41 d’origine américaine (norme ANSI-41) et le standard GSM, défini dans l’Europe par l’ETSI, le plus répandu dans le monde. Pour localiser en permanence les usagers et savoir sur quelle base diriger un appel entrant, le réseau mobile échange périodiquement avec les téléphones portables des informations sous forme de messages de signalisation. C’est ce qui se produit dans les réseaux radioélectriques des trois opérateurs télécoms. L’autre élément intrinsèque aux antennes radio est l’onde électromagnétique qu’elles émettent ou qu’elles reçoivent à partir d’un terminal mobile. Le spectre électromagnétique est la décomposition du rayonnement électromagnétique selon ses différentes composantes en termes de longueur d’onde ou d’énergie des photons. Enfin, les ondes radioélectriques (dites ondes radio) sont des ondes électromagnétiques dont la fréquence d’onde est par convention comprise entre 9 kHz et 3 000 GHz, ce qui correspond à des longueurs d’onde de 33 km à 0,1 mm.

Comment s’effectue l’installation d’une BTS ?

Tout commence par les services de transmissions. Après étude de l’emplacement (voir notamment si l’installation d’une BTS n’est pas gênée par une autre station relais), intervient le génie civil pour s’assurer que l’emplacement ne causera pas de dégât (effondrement ou destruction d’une bâtisse). Ce n’est qu’une fois cette procédure achevée que les négociateurs entrent en scène pour marchander le prix de location de l’emplacement.
Interrogé pour de plus amples détails sur les prix de location pratiqués, un technicien originaire du Moyen-Orient aguerri dans l’installation des BTS nous avoue qu’ils «ont chuté par rapport à quelques années. Auparavant, les trois opérateurs télécoms algériens éprouvaient beaucoup de peine à convaincre les propriétaires de villas et de bâtisses à installer une BTS. Aujourd’hui, la situation a totalement changé». «Au début, les propriétaires cédaient à 20 000 DA l’emplacement pour installer une BTS. Actuellement, la fourchette se situe entre 15 000 et 12 000 DA. Pour une macro-BTS [module qu’on installe dans un balcon], le prix varie entre 12 000 et 10 000 DA», poursuit-il. Quant au temps de déploiement d’une BTS, il oscille entre une semaine et un mois. Ce sont des maçons et man?uvriers égyptiens et parfois tunisiens qui s’échinent à la construction de l’abri pour les stations radios au moment où les techniciens occidentaux mais aussi algériens se chargent du «commissioning» (jargon usité pour désigner l’opération de marchandage), de la programmation et de l’intégration. Il arrive qu’en échange de la cession d’une zone pour ériger une BTS, un opérateur télécoms propose en échange un badigeonnage de l’immeuble en question ou un échange de services fructueux et arrangeant pour le propriétaire.

Quelles BTS pour le marché algérien ?

Dès son arrivée sur le marché algérien de la téléphonie mobile, le second opérateur Djezzy a commencé à installer son réseau de BTS en s’appuyant sur l’expertise des techniciens français d’Alcatel et de France Télécom. Ainsi, les premières antennes érigées par Djezzy étaient des BS 240. C’est la plus utilisée sur le territoire national. On estime qu’il en existe au moins 2 000, soit plus que la moitié des BTS de Djezzy. Ce modèle peut accueillir jusqu’à 8 fréquences. En 2003, est introduite la BS 240 XL. Elle est capable d’une réception jusqu’à 12 fréquences. Il faut savoir qu’une unique fréquence peut couvrir les communications de 7 à 8 abonnés. En 2004, la nouvelle génération des BS est déployée et peut supporter des extensions jusqu’à 24 points d’entrée par BTS. Avec l’arrivée de Nedjma et le renforcement de la qualité technique des BTS de Mobilis, Djezzy s’était vu obliger d’en faire de même en installant des E-Micro, une BTS pourvue de 2 à 4 racks (une sorte de disque dur géant).
Face à la concurrence technologique très avancée qu’imposait de fait Nedjma, Mobilis et Djezzy ont délégué récemment des techniciens en Allemagne et en France pour acquérir la technologie des nano-BTS pour les trafics de communication importants (des BTS très petites et très performantes placées dans les immeubles et les infrastructures importantes). Des nano-BTS qui offrent également un canal pour la voix sur IP pour les communications Internet dans les bâtiments. De la sorte, on peut utiliser un 070 ou un 054 comme une ligne fixe ou un fax.
En outre, les équipementiers ont recours aux techniciens algériens, moins coûteux et surtout plus efficaces que ceux issus des pays du Moyen-Orient. De plus, les techniciens et autres ingénieurs algériens bénéficient d’une très bonne réputation parmi les équipementiers européens. Certains ont même été embauchés par des multinationales pour installer des BTS en Irak, en 2004, en pleine guerre et ce, en raison de la qualité et de la rapidité d’exécution du travail réalisé. D’autres BTS encore seront installées prochainement par les trois opérateurs. Il s’agit des BS 241 ou encore les BTS externe (Out-Door). Une BTS qui possède un rack de 8 fréquences de 2 mégas chacune. Dernier «gadget» pour attirer davantage d’abonnés et qui sera tout aussi déployé par les trois opérateurs : le Micro-Wave (une micro-parabole), d’une capacité de 15 à 38 Ghz. Des Micro-Wave fabriqués par la société japonaise Nec. Sa particularité tient dans sa facilité à être montée en moins de 4 jours. A toutes ces installations, il ne faudrait pas oublier les BSC (Base Station Control) qui contrôlent l’ensemble des BTS sur le territoire algérien. Au total, il existe 25 BSC à Alger, 15 à Oran et 10 à Constantine, sachant qu’une BSC régule entre 20 et 35 BTS.

Coupures de communication : le pourquoi !

En effet, un phénomène d’«overload» ou surcharges est derrière les perturbations dans la réception des radiofréquences qu’il arrive que nous rencontrons lors de nos différentes utilisations. Parfois, la fréquence disparaissait carrément. Explication : un «délestage» est systématiquement opéré dans le souci de répartir, particulièrement dans les heures pleines, les fréquences entre les abonnés. Des ingénieurs sont alors mobilisés pour optimiser le réseau et changer la fréquence de celui-ci. C’est ce qu’on appelle communément le «radio-planning». Mais le plus gros problème pour le réseau d’un opérateur, quel que soit son nombre d’abonnés, ce sont les vents et les tempêtes. C’était le cas, il y a quelques semaines, à Sétif. Face aux rafales de vent, des BTS se sont désappointées, provoquant une interruption des échanges des ondes électromagnétiques et, par là même, la perte de la communication.

L’avenir du réseau technique et l’UMTS

La question reste encore posée quand il s’agit de parler de l’UMTS ou 3G où il faudrait refaire tout le réseau existant. Il est surtout question de changer BTS par BTS pour passer au mode SWAD ou au mode B (RNC), normes technologiques régissant la 3G. Aucun opérateur de téléphonie mobile en Algérie ne se dit prêt à s’aventurer dans la téléphonie mobile de troisième génération. Même Mobilis, qui a été le premier à avoir réalisé un essai technique en ce sens, a été conseillé par son équipementier européen Ericsson de ne pas s’y engager tant qu’un potentiel commercial important et avéré n’existe pas. Mais en attendant, les Algériens peuvent se contenter de la voix.

Share:
  • googleplus
  • linkedin
  • tumblr
  • rss
  • pinterest
  • mail

Écrit par itmag2003

There are 0 comments

Leave a comment

Want to express your opinion?
Leave a reply!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire les articles précédents :
Entre mécontentement et appât du gain

Avec l'utilisation massive des mobiles et la prolifération sans commune mesure des stations de réseau, les Algériens s'inquiètent et commencent...

Fermer