L'Essentiel
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Lahcene Guemidi, manager de GeoSYS  « Il y a beaucoup à faire pour faire avancer les TIC » 

Lahcene Guemidi est manager de GeoSYS, une société opérant dans les TIC et qui produit et développe la cartographie, entre autres. Il a  bien voulu répondre à nos questions. M. Guemidi relève qu’il y a des « obstacles » à la création d’entreprises dans le domaine des TIC. De même, il estime que dans les […]

Lahcene Guemidi est manager de GeoSYS, une société opérant dans les TIC et qui produit et développe la cartographie, entre autres. Il a  bien voulu répondre à nos questions. M. Guemidi relève qu’il y a des « obstacles » à la création d’entreprises dans le domaine des TIC. De même, il estime que dans les conditions actuelles de leur développement, les sociétés algériennes « ne peuvent développer des activités à l’international»  « elles ne peuvent s’implanter dans  des pays de l’UMA ou dans des pays africains», a-t-il souligné.  Entretien.

IT Mag : Les conditions générales dans lesquelles s’opère aujourd’hui l’investissement dans les TIC sont-elles favorables ?  Y a-t-il des contraintes particulières qui bloquent l’investissement ?
Lahcene Guemidi : Non, les conditions générales ne sont pas favorables. Le jeune ingénieur qui sort de nos écoles et universités avec des idées et des projets en tête se heurte aux premiers obstacles ; ils sont d’ordre administratif. Le premier écueil dans la création d’une entreprise de droit privé algérien (Eurl ou la Sarl) est la location d’un siège. La cherté des loyers, ajoutée à l’exigence imposée par des prioritaires qui demandent une année de loyer à l’avance, rend difficile la création d’une entreprise. Le deuxième écueil est lié au fait  que la création d’une société doit  passer par un notaire alors que dans les pays développés, le jeune promoteur  peut télécharger un statut type sur le site Web des chambres de commerce, des organismes  qui ont pour rôle d’accompagner les jeunes chefs d’entreprise.
Le jeune promoteur pourra ainsi remplir le formulaire et l’enregistrer lui-même. Les tarifs de création de statut varient entre 15 000 et 50 000 DA. Ce montant peut être investi dans l’acquisition d’un microordinateur, un outil de base, nécessaire à la création de la société. En ce qui concerne la location, le ministère du Commerce doit permettre la création de sociétés de domiciliation qui peuvent être aussi des incubateurs privés, c’est un schéma classique développé dans beaucoup de pays. Le géant mondial Google a fonctionné, à ses débuts, sur ce modèle. Ces sociétés de domiciliation pourront offrir des adresses fiscales aux jeunes sociétés à des prix permettant la création d’entreprises. Le jeune promoteur pourra bénéficier des services de la société de domiciliation à la carte (à la demande). Exemple : louer une salle de réunion avec ses clients qu’une demi-journée pour présenter ses produits. Le développement se fait chez lui et cela permettra de faciliter la création d’entreprises, la création d’emploi et le développement des services. Autre facteur qui influe sur le développement, c’est le coût de la connexion ADSL en Algérie.
Le tableau en annexe explique ce handicap et son influence sur la connexion Internet dans le développement des TIC en Algérie. Une analyse comparative entre certains pays de l’UMA et un pays de la rive Nord donne un aperçu sur l’effort que nous devons faire pour faire avancer le domaine des TIC. D’après ce tableau, il faut dépenser le huitième du SMIG algérien pour se connecter à Internet. Je pense que c’est très cher. Il faut y remédier.
Au Maroc, il faut dépenser le 1/22. Le Maroc a le même nombre d’habitants que l’Algérie. Je pense qu’une coopération entre l’operateur public et les providers privés permettra de juguler cet obstacle et réduire les coûts de connexion dans un rapport de 1/16 au bout de deux années, c’est-à-dire réduire les coûts de connexion de 50%. Notre opérateur présente cependant  un handicap : la masse salariale.
Pour les jeunes sociétés ayant développé des produits dans les TIC, et afin de stimuler le développement et la créativité de personnel, il serait souhaitable de plafonner l’exonération de l’IRG à 100 000,00 DA par trimestre et par personne.
Vu les gains salariaux, relativement bas, par rapport à nos voisins, nos sociétés pourront même  distribuer des dividendes sans charges patronales et augmenter la sédentarité des développeurs et surtout pérenniser le savoir-faire cumulé durant des années.

 La 3G tarde à voir le jour en Algérie. Avez-vous un commentaire à faire à ce sujet ?
Il y a des sociétés algériennes qui ont développé du contenu et le plus grand canal de communication actuellement est le téléphone portable, donc tout retard dans le déploiement de cette technologie ne leur permettra pas de se développer ni de développer des activités à l’international.
Au niveau régional, le marché de l’UMA est important et est encore vierge. Si nous ne consolidons pas nos positions en Algérie, nous resterons faibles à l’export et nous ne pourrons pas nous implanter  dans les pays de l’UMA et dans les pays africains.

Vous vous  intéressez, entre autres, au GPS. Quel regard portez-vous sur l’évolution du système GPS en Algérie, et à l’étranger ?
Nous avons un grand pays qui nécessite de suivre l’évolution de ses infrastructures et de ses équipes sur de vastes étendues.
Le GPS est l’un des outils qui permet de  donner des informations en temps réel.
Je souhaite que le ministère de l’Enseignement supérieur crée des licences et des masters en géomatique pour combler le déficit en compétences.

Quelles en sont les applications les plus connues ?
J’ai cité le cas du futur site « www.aina.dz ». Il y a Google Maps pour la société Google, Virtual Earth pour Microsoft qui se disputent des marchés plus connus.
Le site « Aïna » repose sur la même technologie que Google Maps.

 En Algérie, des opérateurs se plaignent de lourdeurs et de difficultés en matière d’investissements dans le domaine du GPS. Ils évoquent, pour l’exemple, des contraintes liées à l’établissement de cartographies. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
Notre société GeoSYS produit les données géographies pour les systèmes de géolocalisation et les systèmes de navigation embarqués.
Nous avons produit les grandes villes du Nord, selon les normes internationales. L’effort est considérable et l’investissement très lourd. Nous travaillons, dans ce cadre-là, en partenariat avec la société Aïna Business Services qui a développé une plateforme spatiale en webmapping qui va être mise en ligne et ce, grâce au soutien d’une institution étatique,  dans le cadre de l’encouragement et du développement de TIC dans notre pays. 
Le site web « www.aina.dz »  offrira des services gratuits aux citoyens et des services payants aux opérateurs de géo-localisation.
Ce site web va permettre à tous les citoyens algériens résidents ou à l’étranger et aux étrangers désirant se rendre en Algérie de découvrir le pays via une cartographie numérique et avec des services de localisation, de recherche d’informations géo-localisées, des informations d’itinéraires et des informations sur les potentialités touristiques (hôtels, plages, restaurants, musées gares, aéroports, banques, etc.).
Ce site permet, via des API (application programming interface), aux opérateurs ayant leur autorisation d’opérateur de géo-localisation délivrée par l’ARPT d’offrir à leurs clients la gestion de flottes et le suivi détaillé de leurs véhicules.
Des négociations avec deux opérateurs ayant opté pour cette plateforme sont en cours. Une des conditions établies dans le cahier des charges de l’ARPT pour l’octroi d’une licence est l’hébergement de la plateforme de gestion en Algérie. Le coût prohibitif des plateformes proposées par les fournisseurs étrangers est un obstacle de taille au démarrage de la majorité des opérateurs. La plateforme Aïna se trouve en Algérie et son modèle économique est locatif.
Ce modèle a été pensé afin de permettre le développement des sociétés dans les TIC. Les API développées par la société Aïina permettent aux start-up de développer des services autour de la plateforme.
A titre d’exemple, une start-up dans le domaine du tourisme utilise Aïina pour l’évaluation des clients pour les structures visitées. Une autre start-up utilise Aïna pour offrir des services de location de voitures à ses clients dans les grandes villes algériennes.
Je pense que d’autres sociétés pourront s’adosser à cette plateforme pour créer leurs propres produits et services.

Mettre du GPS à la disposition du grand public dans l’immédiat, est-ce possible ?
Oui. Des opérateurs ont été agréés par l’ARPT, GeoSYS et d’autres sociétés produisent et développent la cartographie, et des  sociétés comme Aïna Business Service développent les logiciels d’application.
Donc tout est réuni pour que le train arrive à bon port.

 

 

Tableau en annexe

Pays             SMIG                    Connexion ADSL        Tarif         Rapport
Algérie :      16.000,00 DA         1 Mb                               2000 DA            1/8
Maroc :          2.230,00 DH          1 Mb                                 100 DH            1/22
Tunisie :                   300 DT           1Mb                                     15 DT             1/20
France :          1500,00  euros    8 Mb                                   25 euros       1/60

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Écrit par itmag2003

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