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Le billet électronique tisse son réseau

«Notre plus grand défi, c’est la billetterie électronique. Aujourd’hui, un billet sur deux est un billet électronique. Mais il faut accélérer le mouvement. Il n’est plus possible de revenir en arrière», a estimé Giovanni Bisignani, directeur général de l’IATA. L’organisation, qui représente 261 compagnies pour 94% du trafic aérien, a prévenu qu’elle sanctionnerait ses membres […]

«Notre plus grand défi, c’est la billetterie électronique. Aujourd’hui, un billet sur deux est un billet électronique. Mais il faut accélérer le mouvement. Il n’est plus possible de revenir en arrière», a estimé Giovanni Bisignani, directeur général de l’IATA.
L’organisation, qui représente 261 compagnies pour 94% du trafic aérien, a prévenu qu’elle sanctionnerait ses membres qui ne se plieraient pas à ses directives. L’objectif, à la fin de cette année, est d’arriver à une part des billets électroniques de 70% avant d’atteindre les 100% fin 2007.
L’IATA, qui a émis 315 millions de billets papier en 2005, a souligné qu’avec cette mesure, les voyageurs ne perdraient plus leurs billets. Le coût d’un billet électronique est d’un dollar contre 10 pour un billet classique. La généralisation de l’utilisation de l’e-ticketing d’ici à 2007 est une décision qui répond à la nécessité pour les compagnies aériennes de réduire considérablement leurs dépenses d’exploitation. Lancé en 1995 aux Etats-Unis, le billet électronique n’en finit pas de séduire compagnies et passagers. Perçu comme un excellent moyen pour réduire les coûts de distribution des billets et simplifier les procédures à l’aéroport, ce service dématérialisé est devenu incontournable dans le secteur du voyage.
Avec le billet électronique, il n’y a plus de billets papier que l’on risque de perdre, d’oublier ou de se faire voler. Dans le cas d’un billet d’avion, l’information relative au voyage est stockée dans le système informatique de la compagnie aérienne et on n’a plus, une fois rendu à l’aéroport, qu’à présenter une pièce d’identité ou un passeport et une preuve de paiement, notamment l’itinéraire-reçu, document émis par le transporteur et comportant le numéro de confirmation de la réservation, le nom du passager et de l’information sur le vol.
Par exemple, les achats en ligne sur le site Airfrance.fr ont doublé au cours du deuxième semestre 2005 et 60% des clients utilisent le billet électronique. 10 000 clients ont recours chaque jour aux bornes de libre-service pour effectuer leur enregistrement (283 bornes dans 82 escales).
L’enregistrement par Internet (permettant d’imprimer soi-même sa carte d’accès à bord) a vu son nombre d’utilisateurs tripler au cours des 5 derniers mois de 2005. En un an, en partie grâce au moteur de recherche, le volume des ventes sur l’ensemble des sites des transporteurs qui ont un e-ticket a été multiplié par deux. Près d’un tiers des acheteurs choisissent de modifier leur date de voyage en fonction des tarifs proposés par le moteur de recherche. Fin février 2006, 94% des clients ont pu utiliser le moteur de recherche grâce aux 46 sites de la compagnie dotés de ce service.

E-services : le vent en poupe

Pour répondre aux attentes fortes de la clientèle en matière de voyage fluide et d’autonomie, les transporteurs européens développent de nouveaux services au sol. Ainsi, la compagnie française Air France déploie avec son partenaire KLM les e-services, en s’appuyant sur les nouvelles technologies dans lesquelles la compagnie possède un savoir-faire certain. Pour preuve, le standard code-barres qu’Air France a développé pour ses cartes d’embarquement a été choisi par l’IATA en 2004.
Les e-services font gagner du temps aux clients (affaires ou vacances), pour lesquels chaque minute compte, et qui recherchent un environnement serein et efficace. Cela est encore plus vrai pour les voyages courts et moyen-courriers. Aux aéroports, les circuits sont fluides, moins de files d’attente ! Les e-services permettent aux clients d’organiser leur voyage en complète autonomie en ayant, par exemple, accès sur Airfrance.fr à toute l’information telle que tarifs ou disponibilité. Recherche des meilleurs tarifs en ligne, billet électronique ou encore enregistrement et émission de la carte d’accès à bord chez soi ou au bureau, sont quelques-uns des e-services.

Air Algérie en liste d’attente !

En ce qui concerne la compagnie nationale Air Algérie, elle se prépare dans la discrétion à l’échéance de 2007. Sans faire trop de publicité, elle a lancé un appel d’offres pour la mise en ?uvre d’un service de billetterie électronique. Les offres devront contenir deux parties distinctes : l’offre technique avec l’implémentation de l’électronique ticket et les différentes composantes du système (fonctionnalités) ainsi que les connexions et les transferts d’informations entre les trois systèmes pivots, à savoir le système de réservation, le système d’enregistrement et le système de revenu (gestion des recettes) et une offre financière avec l’implémentation globale (la formation, le prix par coupon et les frais de télécommunication). L’enjeu est de taille pour la compagnie aérienne frappée de plein fouet par la flambée des prix du pétrole et qui fait bondir les coûts dans un contexte de féroce concurrence, notamment sur le réseau international (Europe/Moyen-Orient).
La compagnie britannique British Airways a encouragé l’utilisation du billet électronique dès son arrivée en Algérie. Une formule de plus en plus appréciée par les passagers. Question chiffres, elle a été adoptée par 40% des voyageurs car elle a beaucoup d’avantages : une fois son billet acheté sur BA.com, il est possible de choisir son siège dans l’avion et de définir son régime alimentaire. Dans le monde, un quart des passagers de la compagnie consulte ce site avant de prendre le vol.
Les responsables de cette compagnie sont conscients de l’importance que représente la rapidité de ce site pour les internautes. Ils sous-traitent le contrôle du site Web dans plus de 40 endroits dans le monde. Les rapports de contrôle générés sont régulièrement étudiés afin de maintenir un niveau de qualité supérieur à la moyenne.

La révolution des e-services en quelques chiffres

Plusieurs facteurs peuvent ralentir le temps de réponse, dont la plupart échappe à son contrôle. Il s’agit par exemple de la vitesse de connexion, du débit du fournisseur d’accès Internet ou tout simplement du volume du trafic Internet à un moment donné.
Certaines études laissent entendre que les coûts du secteur aérien pourraient être réduits de 3 milliards de dollars lorsque l’e-ticket aura définitivement remplacé le ticket papier.
Les billets électroniques représentent 10% du total des billets d’avion émis en 2005 en Afrique, selon une étude de l’IATA. L’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) a apporté son soutien à cette démarche, appelant au passage les gouvernements africains à réduire drastiquement les taxes d’aéroport. Seulement 35 millions de passagers sur les 2,3 milliards transportés en 2005 dans le monde ont transité par les aéroports africains. La ville sud-africaine de Johannesburg abrite la première plate-forme aéroportuaire africaine avec 11 millions de passagers chaque année. Elle est suivie par les aéroports du Caire (Egypte) et de Casablanca (Maroc) avec respectivement 8 et 3 millions de passagers chaque année.
Après l’inauguration du nouvel aéroport (terminal) d’Alger, plusieurs compagnies vont adopter le ticket électronique et l’installation de nouveaux équipements pour le lancement de l’e-service. C’est en tout cas l’ambition du directeur commercial d’Air France en Algérie qui a tenu à le préciser lors des rencontres avec les journalistes. Reste que la réussite de ce genre de projet dépend de la généralisation de la monétique en Algérie.
Lors du récent Salon international du tourisme et des voyages (Sitev), le département presse et communication de la compagnie française a diffusé un document sur les «e-services, autonomie, facilité et fluidité». En fait, «la bataille du ciel» sera gagnée par les compagnies qui maîtriseront les dépenses et incluront les services à forte valeur ajoutée. Le secteur aérien mondial devrait enregistrer en 2006 une perte nette de 2,2 milliards de dollars. Il s’agirait de la sixième et dernière année consécutive de pertes pour le secteur, après les 6 milliards en 2005 : l’IATA table en effet pour 2007 sur des bénéfices de 7,2 milliards pour le secteur, estimation revue en hausse par rapport aux 6 milliards précédemment envisagés.
Ainsi, le billet électronique rend la préparation au voyage moins stressante surtout en ce début de saison estivale, période des longs congés et de la grande évasion…

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Écrit par itmag2003

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