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Le Maghreb à l’heure de l’ePaiement: Entre ambitions et contraintes

Le epaiement au Maghreb, chez nos voisins du Maroc et la Tunise. les pouvoirs publics affichent une ferme détermination à impulser l’essor des transactions électroniques. Toutefois entre les déclarations d’intentions maintes fois réitérées et les réalisations sur le terrain, une nette marge se dessine. Les chiffres rendus publics révèlent une progression laborieuse des modes de […]

Le epaiement au Maghreb, chez nos voisins du Maroc et la Tunise. les pouvoirs publics affichent une ferme détermination à impulser l’essor des transactions électroniques. Toutefois entre les déclarations d’intentions maintes fois réitérées et les réalisations sur le terrain, une nette marge se dessine. Les chiffres rendus publics révèlent une progression laborieuse des modes de paiement électroniques face à la prééminence du cash.

La nécessité d’impulser le développement de l’E-paiement fait l’objet d’un quasi-consensus dans les pays du Maghreb. Que ce soit en Algérie, en Tunisie, ou au Maroc, les pouvoirs publics affichent une ferme détermination à impulser l’essor des transactions électroniques. Toutefois entre les déclarations d’intentions maintes fois réitérées et les réalisations sur le terrain, une nette marge se dessine. Les chiffres rendus publics révèlent une progression laborieuse des modes de paiement électroniques face à la prééminence du cash. Parmi les explications avancées pour justifier les retards dans la mise en œuvre des projets, on peut citer : le poids de l’économie parallèle, le manque de confiance affiché par les partenaires commerciaux et l’insuffisance ou l’inefficience d’un cadre législatif crédible sécurisant les transactions.

Tunisie : un levier pour assurer l’inclusion sociale
Ce constat tend à être vérifié dans cas de la Tunisie. Lors d’un workshop sur “Les paiements électroniques organisé par l’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et des Etablissements Financiers(APTBEF) organisé au début du mois de septembre dernier, le Secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, Habib Dabbebi a indiqué que le taux de paiement électronique est actuellement situé à 10% des transactions financières contre 20% prévu dans le cadre de la stratégie Tunisie numérique 2020. Rappelant qu’environ 4 millions de Tunisiens sont titulaires d’un compte bancaire alors que 8 millions d’entre eux possèdent des portables, M. Habib Dabbebi a souligné que le paiement électronique demeure, aujourd’hui, un facteur essentiel pour assurer l’inclusion sociale et développer l’économie en Tunisie tout en permettant d’intégrer une part non négligeable de l’économie parallèle dans l’économie réelle.Bien que encore marginal, l’E-paiement connait cependant une notable progression. Au titre de l’exercice 2016, la Tunisie a occupé la 3ème place en Afrique dans le domaine du commerce électronique (après l’Afrique du Sud et l’Ile Maurice) et la 73ème place au plan mondial, selon le rapport de la conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED).Il y a lieu de signaler qu’en 2016, la valeur des opérations réalisées à travers les systèmes de paiement électronique de la poste tunisienne et des sociétés monétiques -Tunisie, a dépassé les 111 millions de dinars, contre environ 99 millions dinars en 2014, alors que le nombre des sites de commerce électronique atteint actuellement environ 980 sites, selon les statistiques du ministère de l’industrie et du commerce.Pour expliquer les retards enregistrés dans le domaine des paiements électroniques, Anouar Maarouf, le nouveau ministre tunisien des Technologies de la Communication et de l’Économie numérique évoque la non-mise en œuvre des projets déjà identifiés  dans la stratégie « Tunisie numérique 2018 » arrêtée en 2015. Les chiffres sont éloquents : 75% des 72 projets identifiés depuis 2012 sont restés au stade d’idées. Seuls 20% de ces projets sont en cours de réalisation et au final, seulement 5% des projets ont été réalisés. Ce sévère constat tranche avec les généreux objectifs de la stratégie nationale numérique arrêtée en 2015. Cette dernière visait à hisser le positionnement de la Tunisie au 40e rang mondial (81e en 2015), 1ereen Afrique et quatrième dans le monde arabe en matière des TIC et du numérique. Cette stratégie vise également à créer 80 000 postes d’emploi à l’horizon 2020. Pour expliquer faible capacité d’exécution des projets du secteur, les spécialistes évoquent des défaillances liées à la gouvernance, au financement et aux ressources humaines et une instance de pilotage inefficace.

Maroc : le «e-gov» et les compagnies aériennes en leader
Ce constat d’un net décalage entre des objectifs ambitieux et des retards dans la mise en place des projets est également vrai dans le cas du Maroc. L’évolution du commerce électronique au Maroc reste en deçà des potentialités qu’offre l’économie marocaine, notamment dans le secteur des services. Manque d’e-formation et résistance aux changements sont les deux principaux points qui ont entravé jusque-là le développement du digital selon la presse spécialisée marocaine. Le secteur des TIC n’arrive toujours pas à connaitre un franc essor. Explication : la culture du digital n’est toujours pas bien incorporée dans l’économie nationale et le cash a la vie dure.
Des progrès ont été cependant enregistrés au cours de la période récente. Les opérations de paiements en ligne ont ainsi connu, une hausse annuelle de près de 30% entre 2015 et 2016. Parmi les secteurs ayant enregistré une notable progression, figure les compagnies aériennes et le «e-gouvernement» dont les paiements ont connu une progression annuelle de près de 120 % entre 2013 et 2016. La hausse des paiements dans le cadre de l’»e-gouvernement» est notamment imputée à l’activation du paiement en ligne de la vignette automobile, qui a donné une forte impulsion au secteur. La présidente de la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’Offshoring (Apebi), Mme Saloua Karkri-Belkeziz explique cette progression par l’expansion et la démocratisation des TIC, le début de la généralisation de la 4G et le lancement de la stratégie Maroc Numeric 2020 qui ont fortement contribué au développement du secteur de l’e-commerce au Maroc.

Après les ratés du plan Maroc Numeric 2013, le Maroc s’est doté d’un nouveau plan de développement numérique à l’horizon 2020.
Le Plan « Maroc Digital 2020 » a été présenté par le ministre marocain de l’Industrie, du Commerce, de l’investissement et de l’Economie numérique, Moulay Hafid El Alamy, le 27 juin 2016 .Il s’agit d’un document qui définit les priorités du pays dans le secteur.Les objectifs du plan Maroc Digital 2020 sont ambitieux. Il s’agit notamment de faire du Maroc l’un des trois pays les plus performants de la zone Moyen-Orient/Afrique en matière d’infrastructures et d’environnement d’affaires IT et doubler le nombre de professionnels du numérique formés chaque année au Maroc pour atteindre 30.000 par an à l’horizon 2020.Parmi les autres objectifs importants du plan figure également la digitalisation de l’administration, des PME et la création d’une agence qui se chargera du développement de l’économie numérique et œuvrera à l’encouragement et la diffusion des outils numériques auprès de la population.

 

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Écrit par itmag2003

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