L'essentiel
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Le piège des tarifs

SLC, Anwarnet et Icosnet, trois opérateurs télécom alternatifs s’estiment lésés par l’ARPT -Autorité de régulation de la poste et des télécommunications- et ils le font savoir. Ils accusent l’ARPT de ne pas appliquer le décret exécutif 02-156 fixant les conditions d’interconnexion des réseaux et services de télécommunications afin de permettre à «Algérie Télécom d’exercer un […]

unaZ364SLC, Anwarnet et Icosnet, trois opérateurs télécom alternatifs s’estiment lésés par l’ARPT -Autorité de régulation de la poste et des télécommunications- et ils le font savoir. Ils accusent l’ARPT de ne pas appliquer le décret exécutif 02-156 fixant les conditions d’interconnexion des réseaux et services de télécommunications afin de permettre à «Algérie Télécom d’exercer un monopole dans la tarification des liens d’interconnexion et location de capacité», nous dit Lotfi Nezzar. 

Lors d’une rencontre avec la presse, Ali Morsli (Icosnet), Lofti Nezzar (SLC) et Fadi Gouasmia (Anwar Net) ont tiré la sonnette d’alarme afin d’attirer l’attention des autorités sur les difficultés auxquelles ces opérateurs sont confrontés tout en demandant une application des textes. Un à un les patrons des 3 ISP -provider Internet- qui restent en fonction en Algérie et qui étaient en 1999, 96 providers, ont tous jeté l’éponge. Les patrons de ses ISP qui restent encore sur le marché, nous disent que «nous sommes un choix» tout en accusant l’ARPT de «ne pas mettre en place une concurrence pour l’Internet». Les trois provider qui vont créer une association des opérateurs alternatifs donne la solution qui est «le coût réel de l’interconnexion et le prix de la bande passante selon le décret 02/256». L’interconnexion est le processus qui permet le traitement des appels pour d’autres opérateurs et c’est aussi l’ouverture des réseaux de façon à permettre aux clients d’un réseau de communiquer avec les clients d’un autre réseau. Le décret exécutif 02/256 a été publié le 9 mai 2002 et ce décret oblige le régulateur à ne valider que les tarifs qui ont été établis selon les coûts réels. 0

Pourquoi l’interconnexion est-elle importante ?
Pour Lotfi Nezzar, «L’interconnexion peut représenter le coût opérationnel le plus important mais être aussi la seconde source de revenu».
Cette rencontre où les trois opérateurs sont montés au créneau pour dénoncer et surtout expliquer leurs problèmes qui sont basés sur des mauvais tarifs «appliqués par Algérie Télécom».
«On ne peut pas avancer et on est bloqué», diront les trois patrons présents car, disent-ils, «ce décret (02/256) n’a jamais été appliqué par l’ARPT, ce qui a laissé le champ libre à l’opérateur historique pour nous imposer des tarifs de lien très élevé. L’ARPT devrait appliquer la loi pour minimiser les coûts payés par ceux qui louent les liens d’AT et garantir ainsi une concurrence saine entre différents fournisseurs des services d’Internet», ce qui signifie de revoir le catalogue d’interconnexion.

Création d’un écosystème
Très pragmatique, ils nous donnent l’exemple d’une connexion entre une offre d’Orange (France) sur SeWeMe4 et une offre d’Algérie Télécom où les «prix proposés par AT sont 10 fois supérieurs à ceux que propose Orange», indique Lotfi Nezzar.
Il explique qu’ils ont demandé une cotation à Orange et Algérie Télécom. «Orange a proposé 16 000 euros par mois et Algérie Télécom 13 millions de dinars pour la fourniture du même service». Continuant sur sa lancée, il dira «au même titre qu’Algérie Télécom a créé une filiale pour le mobile, que AT crée sa filiale pour Internet avec les même conditions que nous»
Pour Ali Morsli «cette tarification élevée ne nous permet pas d’aller vers une clientèle résidentielle» et pour cela il dira que «le coût d’un méga octet par seconde sur le SeameWe4 nous est facturé à 20.000 dinars et sur Alpal2 pour 42.000 dinars alors que selon nos informations le coût de revient est de 6 dollars. La différence est énorme» tout en se désolant «qu’à ce tarif-là, il ne peut pas y avoir d’écosystème performant». Les trois derniers ISP à encore faire de l’accès sur le marché algérien «sont en grande difficultés et le principal responsable de cette situation étant l’ARPT» qui est censée être l’huile et l’arbitre du secteur mais les trois patrons relèvent que l’ARPT ne joue plus son rôle de «régulateur» et se comporte comme «un arbitre qui ne siffle pas les fautes». Pour le patron d’AnwarNet,Fadi Gouasmia, son entreprise souffre «malgré un grand investissement en l’absence d’une concurrence et d’une politique de tarification claire qui s’approche des coûts». Cependant, il ne voit pas «un avenir si l’ARPT ne change pas d’attitude vis-à-vis de nous».

La loi
Au cours d’une séance de questions/réponses, les trois managers nous ont dit qu’ils «ne comptent pas se taire» et pour cela, «nous avons décidé de créer une association d’opérateur télécom alternatif (AOTA)» et d’user de toutes «les armes légales pour une orientation vers les coûts». Cela donne, dit-il, des coûts élevés qui ne «favorisent pas une massification de l’Internet». De plus ajoutent-ils, «nous avons à payer une taxe de 10% à l’ARPT sur notre chiffre d’affaires, ce que ne fait pas Algérie Télécom, notre concurrent sur la partie Internet». L’interconnexion est un élément critique et il est toujours en évolution car c’est très complexe. Et cette complexité est due pour trouver une balance entre la stratégie pour un internet pour tous, la marge et la logique des tarifs et des coûts.

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Written by Abderrafiq Khenifsa

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