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Le site est aussi une «bouffée d’oxygène» Pour les journalistes, la liberté d’expression est sur Facebook…

Sur le site de socialisation le plus utilisé en Algérie, Facebook, il n’y a ni censure, ni rédacteur en chef, ni une ligne éditoriale non plus. Les journalistes, possédant tous des comptes sur ce site, s’expriment librement et sans aucun obstacle sur diverses questions de l’actualité nationale. Leurs murs sont alimentés plusieurs fois par jour […]

journauxSur le site de socialisation le plus utilisé en Algérie, Facebook, il n’y a ni censure, ni rédacteur en chef, ni une ligne éditoriale non plus. Les journalistes, possédant tous des comptes sur ce site, s’expriment librement et sans aucun obstacle sur diverses questions de l’actualité nationale. Leurs murs sont alimentés plusieurs fois par jour par des commentaires concernant toute déclaration émanant des hauts responsables du pays, de chefs de file des partis politiques, de porte-paroles d’associations et même des informations rapportées par la presse étrangère en relation avec l’Algérie. Les commentaires attirent, le plus souvent, d’innombrables réactions aussi bien des professionnels de la presse que de simples citoyens, ce qui crée une dynamique remarquable sur Facebook. Les journalistes disent tout et sans aucune retenue, la liberté est totale sur ce site qui leur permet de respirer, de donner libre cours à leurs plumes. Une liberté inouïe, voire impossible de trouver ailleurs. Dans cet espace, c’est le sens «propre» et parfois « illimité» de liberté de ton, mais aussi sans prendre le risque de censure ou de procédures disciplinaires. La presse nationale a fêté sa Journée mondiale, le 3 mai courant, et la plupart des journalistes ont «envahi» Facebook de textes, où ils font part de leurs revendications, préoccupations professionnelles et soucis d’ordre socioéconomique. Des mots qu’ils ne pouvaient dire aux responsables du secteur de la communication ou à leurs employeurs. «Sur Facebook, on se sent libre et sans aucune contrainte. Nous disons ce que nous pensons réellement et ça nous permet de respirer. Parfois même, lorsqu’on est écœuré dans la réunion de rédaction, on se soulage à travers des commentaires sur le site. Concernant l’actualité politique, économique, culturelle ou sportive, nous avons cette possibilité d’écrire des éditos, et même sur cet espace virtuel, nous attirons l’attention des lecteurs, ce qui fait notre première satisfaction», affirment, unanimes, plusieurs journalistes interrogés sur le sujet.

Solde illimité…..
Pour Abdellatif Belkaim, journaliste à la chaîne de télévision privée Echourouk News, le site de socialisation Facebook représente une opportunité sans égale pour la liberté de ton et d’opinion. «Facebook est mon propre journal, et ma petite entreprise. Je suis libre d’en faire tout ce que je veux», affirme-t-il, estimant que ce réseau, qui compte près de 5 millions d’Algériens, permet de s’exprimer «sans censure et même sans payer d’impôt». Un avis partagé par plusieurs autres journalistes qui font de Facebook une «vraie bouffée d’oxygène», où ils font valoir leurs talents et surtout leurs opinions relatifs aux différents volets de la vie citoyenne. De son côté, Ali Boukhlef, journaliste au quotidien El Watan, qualifie Facebook d’un espace «qui permet un échange sans limite», se félicitant du fait que «nous avons la chance d’être dans un pays où les réseaux sociaux ne sont pas contrôlés». Le mot est dit, non contrôlé. Aujourd’hui, aucune instance officielle n’intervient pour censurer les avis et opinions mis en ligne sur ce réseau, ce qui donne aux professionnels des médias de jouer leur rôle d’orientation de l’opinion publique, quoique dans un espace limité et virtuel. La vraie liberté est sur Facebook, lancent, unanimes, nos interlocuteurs. Pour la déontologie du métier, seule la conscience personnelle y fait loi. Certains commentaires sont, il faut le dire, «subversifs» et trahissent la noblesse de la profession. Surtout lorsque le journaliste use beaucoup plus de son appartenance politique dans ses écrits. Mais, cela ne réduit en rien l’importance et l’ampleur de l’épanouissement assuré par Facebook, car, en fin de compte, les utilisateurs ont, aussi, la possibilité de répondre ou de commenter ce qui est visible sur leurs murs. L’échange est à même, il faut le souligner, de «corriger les excès».

Épanouissement, débats, rencontres….
Les journalistes trouvent bien leur compte sur Facebook, où ils se sentent à l’aise pour afficher clairement leurs positions vis-à-vis de tout ce qui bouge sur la scène nationale ou internationale. «Facebook est, pour moi, un épanouissement sans limite. Je me permets de dire tout ce que je pense sans crainte aucune. C’est aussi un site, où les journalistes se connaissent et échangent les opinions. C’est un outil de communication par excellence», souligne Aziz Touaher, journaliste au journal arabophone Sawt El Ahrar. La liberté de la presse, même si elle fait objet d’un combat quotidien et sans relâche dans la réalité, elle est offerte gracieusement par le site de socialisation le plus utilisé en Algérie. Le virtuel est toujours moins contraignant, dit-on. Mais une liberté illimitée ne peut exister que dans le monde virtuel, bien que l’impact de Facebook et des réseaux sociaux en général ne soit, aujourd’hui, plus à démontrer….

Sorti sur IT Mag n°360 du 26 au 3 juin 2015

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Written by itmag2003

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