L'Essentiel
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Le virtuel jette les Algériens dans la Toile

En effet, à l’époque, les réseaux informatiques étaient pratiquement tous centralisés : un calculateur central permettait à d’autres terminaux de travailler. Ce modèle présentait un énorme embarras pour le Département américain de la défense. En effet, alors en pleine guerre froide, si un missile atteignait le poste principal, tous le réseau s’en trouvait alors démoli. […]

En effet, à l’époque, les réseaux informatiques étaient pratiquement tous centralisés : un calculateur central permettait à d’autres terminaux de travailler. Ce modèle présentait un énorme embarras pour le Département américain de la défense. En effet, alors en pleine guerre froide, si un missile atteignait le poste principal, tous le réseau s’en trouvait alors démoli. Il fallut donc opter pour un autre modèle de réseau. Dans les années 1970, l’infrastructure d’Arpanet est mise à disposition des universités américaines. Ainsi, le nombre d’utilisateurs s’élève petit à petit et Arpanet se détache progressivement de sa vocation initiale. En 1992, le Centre européen de recherche nucléaire (CERN) propose le projet World Wide Web, fournissant ainsi l’aspect convivial que tout le monde connaît (utilisation de navigateurs).
Ainsi, Internet est sorti des laboratoires de recherche en étant utilisé par le public et les entreprises. De nouveaux métiers se sont créés et des acteurs se sont mis en place.
La croissance de l’Internet est provoquée surtout par les applications. Si le courrier électronique est la plus ancienne application connue, sa charge sur l’infrastructure est restée modeste jusqu’à ce jour, étant donné le type (principalement du texte) des données échangées. Le Web a facilité l’accès à des images et, surtout, accéléré la navigation d’un service d’information à un autre. Les débits engendrés par l’usage du Web ont donc rapidement représenté la part la plus importante du trafic de l’Internet. Le déploiement futur d’applications impliquant le transfert de données audiovisuelles (téléphone, vidéoconférence, télévision) engendrera de nouveaux types de trafic et provoquera des demandes nouvelles sur l’infrastructure (bande passante mais aussi qualité de service en temps réel). Dans un autre domaine, on peut imaginer qu’une fois déployés les services d’infrastructure, le commerce électronique demandera de fournir aux utilisateurs une qualité de service largement supérieure à celle qui est disponible actuellement. Au début de l’Internet, les contenus étaient principalement dédiés à la recherche universitaire américaine puis mondiale (description des activités et des organisations, forums de discussion, archives de listes de diffusion, rapports de recherche, thèses, spécifications techniques, logiciels). L’introduction du Web a permis une explosion des contenus mesurable par la croissance exponentielle du nombre de machines connectées.

{{Le pouvoir
des Internautes}}

Les types de contenus se sont rapidement diversifiés : informations publicitaires (sites de marque, de sociétés), presse (sites de journaux, publication uniquement électronique, chaînes thématiques), documents de référence (index des bibliothèques, musées virtuels, images et vidéo, documents électroniques, support technique pour les clients), logiciels (logiciels du domaine public, versions d’évaluation, mises à jour, correctifs), accès à des bases de données (annuaires, horaires, catalogues, généalogie), informations en temps réel (dépêches de presse, informations financières, météorologie, trafic routier, webcam, radios) et sites personnels (blogs, hobbies, communauté d’intérêts). Par les navigations sur le Web, par la disponibilité des archives, par l’accès à l’information mondiale et par l’interactivité qu’il peut faciliter, l’Internet peut s’adapter aux rythmes et préférences de chacun, renouvelant ainsi potentiellement l’intérêt du public et autorisant une innovation en termes d’usages. Enfin, le domaine des loisirs, qu’il s’agisse de les organiser ou de les pratiquer en ligne, constitue à lui seul un formidable facteur de diffusion des techniques Internet, par la mise en relation qu’il permet entre passionnés d’un même domaine, par la disponibilité de jeux informatiques enrichis par l’interaction en ligne, et par les forums thématiques disponibles. Internet a trouvé dans les téléphones mobiles un média qui va encore plus vite que lui. Leur rencontre va certainement accélérer le développement de «la société de l’information», de même que l’ordinateur ou la télévision vont continuer de le faire. Il n’y aura pas de préférence pour tel ou tel terminal. L’essentiel sera d’avoir accès à l’information au moment où l’on en a besoin. C’est la variété et la complémentarité des usages qu’il sera important de conserver pour permettre à chacun de tirer le meilleur parti des informations mises à sa disposition. Selon certains spécialistes, «derrière le téléphone mobile, c’est Internet que tous les acteurs visent. Le téléphone mobile est devenu un véritable produit grand public. Ce sera la plate-forme privilégiée pour l’accès à Internet».

{{Chacun aura sa
petite bulle…}}

Cependant, Internet est perçu par certains comme un réseau qui renforce la dislocation sociale. Aujourd’hui, dans les cours d’écoles comme au bureau, les émissions de télévision de la veille constituent souvent des sujets de conversation qui nous rapprochent les uns des autres. Demain, le journal de 20 heures ou les émissions «El Fhama» ou «Saraha Raha» seront peut-être moins fédérateurs. Chacun passera plus de temps dans sa propre bulle virtuelle. Nous ne nous rencontrions plus au marché, à l’école ou au club mais uniquement par écrans et claviers interposés.
«L’Internet est comme une semence; en suivant la bonne méthode, nous pouvons planter des écoles ayant accès à l’Internet, faire pousser des entreprises dotées du Web, fertiliser l’imagination du public et voir fleurir les bourgeons de l’innovation de sorte que les fruits salutaires des produits et des services puissent, en mûrissant, enrichir la vie de tous les citoyens», avait déclaré Yoshio Utsumi, ex-secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT).
Pour mettre de l’ordre, l’ICANN a été créée en 1998. C’est une association privée à but non lucratif ayant reçu le mandat officiel d’effectuer la coordination technique des ressources fondamentales d’Internet, tout particulièrement les noms de domaine. Bien qu’elle soit implantée en Californie, son autorité s’étend, directement ou indirectement, à tous les utilisateurs d’Internet.
Qu’en est-t-il en Algérie ? Le gouvernement a mis du temps à faire avancer ses pions et a fini par adopter et promulguer la loi 2000-03 du 5 août 2000 fixant les règles générales relatives à la poste et aux télécommunications, qui consacre ainsi l’ouverture du secteur à la concurrence. Alors que la téléphonie mobile prend son envol, Internet évolue lentement. Le nombre d’abonnés Internet à haut débit (ADSL) est de 34 000. Un Algérien sur 100 dispose d’un PC, contre 5,34 sur 100 au niveau mondial. Ce taux d’utilisation influe forcément sur l’accès à Internet puisque 5,83 personnes sur 100 ont accès à Internet en Algérie, alors que ce nombre est de 11,22 sur 100 au niveau mondial.

{{Les entreprises algériennes : une longueur de… retard}}

De façon générale, les entreprises algériennes sont encore peu présentes sur Internet. Son usage n’en est donc qu’à ses débuts. Il reste à la majorité de ces entreprises à comprendre et exploiter toutes les dimensions du Web et de l’Internet vis-à-vis de leur activité. Il s’agit non seulement de rattraper le retard en termes de connexion à l’Internet et de présence sur le Web, mais également d’y développer de vrais services à valeur ajoutée pour leurs clients (commerce électronique, support technique) sous peine de voir leur compétitivité s’éroder de façon spectaculaire dans les années à venir. Il n’existe que 1 400 sites avec le Dotdz («.dz»). On compte actuellement plus de 3 milliards de pages Web sur Internet. En France, il y a 432 000 sites dans le domaine «.fr». Ce chiffre doublera car ce domaine a été ouvert aux particuliers depuis le 20 juin 2006. La Chine possède 1 200 000 sites en «.cn» et 130 millions d’internautes avec un taux de croissance estimé à 145%. Au niveau maghrébin, la Tunisie enregistre près de 4 000 sites Web et le Maroc fait un peu mieux avec 6 000 sites. La Chine, où un habitant sur dix est internaute, pourrait détrôner dans les deux ans les Etats-Unis du premier rang mondial pour les usagers d’Internet, un eldorado pour les investisseurs, mais aussi un défi pour les autorités en raison de la fracture numérique croissante.
Les contraintes pour une utilisation massive sont essentiellement la faible pénétration des ordinateurs dans les foyers malgré l’opération OusraTic (lancée en novembre 2005) et qui, sans être un échec, n’a pas été pour autant un modèle de réussite, manque d’un point national d’interconnexion pour les fournisseurs d’accès, manque de stratégie pour le secteur, déficit en préparation pour le commerce électronique, manque de contenu local accessible sur le Web, niveau insatisfaisant des qualifications du personnel des TIC et manque de consultation entre les acteurs du secteur.
D’une manière générale, les hommes sont davantage attirés par l’action, tandis que les femmes privilégient l’aspect plus humain des relations interpersonnelles. Plus spécifiquement, les hommes seraient consommateurs de nouvelles et de résultats sportifs. Ils seraient par ailleurs gros consommateurs de musique en ligne et utiliseraient plus facilement la webcam. Les femmes, quant à elles, seraient plutôt intéressées par les sujets liés à la santé, à la spiritualité et pratiqueraient l’e-mail comme moyen d’asseoir leurs relations plutôt que d’en faire un usage purement pratique. Dans toutes les régions du pays, les cybercafés ne désemplissent pas. Véritable effet de mode pour les uns, plutôt un phénomène social pour les autres. Certains ont pu avoir l’ADSL (haut débit) et d’autres en sont encore au stade des coupures de connexion et des lenteurs dans le débit. En faisant un tour dans les cybercafés de la capitale, que constatons-nous ?
Premièrement, que de nombreux jeunes connaissent le courrier électronique, envoient des lettres à leurs amis mais curieusement, ne savent pas faire des recherches sur Internet ! Les filles passent leur temps à expédier leurs photos à la recherche de l’âme sœur. L’usage du «tchat» est emblématique de la recherche de contacts avec de nouveaux correspondants inconnus. L’anonymat (pseudonyme) du «clavardage» permet d’exprimer plus librement les émotions et les expériences, voire des thèmes tabous pour notre société. Dans cet espace virtuel, «on cause de tout et de rien», avoue un étudiant en médecine. Les échanges ont lieu bien plus rapidement si l’on dispose d’une bonne connexion à Internet, le seul obstacle du point de vue de la vitesse est le temps nécessaire pour taper et formuler ses idées.

{{La révolution tranquille du SMS et du «tchat»}}

Il se représente comme une première étape de l’appropriation d’Internet, le passage obligé d’où découlera la banalisation ultérieure des autres usages. Explication de ce phénomène : la proportion de jeunes vivant chez leurs parents a crû de manière continue. Les jeunes se marient de plus en plus tard et sur ce plan aussi l’âge d’entrée dans la vie adulte (entendue comme un mode de vie défini par l’accès à une relative stabilité professionnelle et familiale) se trouve retardé. C’est donc l’âge de l’expérimentation des façons «être ensemble», l’âge où se cultivent les plaisirs de la rencontre. Pourquoi utiliser Internet ? Dalila Brahmi Bérass de l’université d’Oran fournit plusieurs réponses : «L’une des fonctions principales de l’Internet est la communication. Que ce soit par courrier électronique ou dans les forums de discussions [newsgroups], le réseau Internet est un lieu d’échange permanent.
La seconde fonction est celle de s’informer, car il est actuellement le meilleur moyen d’avoir accès, au moment où on le désire, à des informations précises et à jour dans plusieurs domaines. Une autre fonction de l’Internet est de consulter sans se déplacer surtout pour les personnes qui font de la recherche.» De nos jours, avoir son adresse e-mail devient incontournable au même titre que le téléphone ou le fax. Cette adresse apparaît sur les documents et supports de communication (cartes de visite, papiers à en-tête, factures) et dans les plans de communications (publicité, TV, radio et journaux).
Force est de constater que malgré les progrès d’Internet dans le monde, le fossé dans le domaine des connaissances s’élargit, privant les pays en développement de l’opportunité de participer réellement à la nouvelle économie mondiale.

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Écrit par itmag2003

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