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Les TIC et le réchauffement climatique Le numérique se met au vert

L’année 2015 est une année décisive pour l’environnement. En ce mois de décembre, les dirigeants du monde entier participent à la conférence COP21 à Paris, afin d’adopter un accord global qui permettra de lutter contre le réchauffement climatique.  La société, de plus en plus technologique, doit intégrer les nouveaux défis environnementaux : énergie, la qualité de […]

mondeL’année 2015 est une année décisive pour l’environnement. En ce mois de décembre, les dirigeants du monde entier participent à la conférence COP21 à Paris, afin d’adopter un accord global qui permettra de lutter contre le réchauffement climatique. 

La société, de plus en plus technologique, doit intégrer les nouveaux défis environnementaux : énergie, la qualité de l’air, bruit et biodiversité,  auxquels doivent faire face les gouvernements, les villes, les acteurs économiques et plus généralement l’ensemble des citoyens. «Les bons sentiments, les déclarations d›intention ne suffiront pas. Nous sommes au bord d’un point de rupture. Il s’agit de décider ici même à Paris de l’avenir même de la planète», a déclaré le président français François Hollande à l’ouverture des travaux. Mais y a-t-il un lien entre les TIC et le réchauffement climatique ? Pertinente question que IT Mag tente de répondre avec des arguments scientifiques et un maximum d’objectivité. Nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser chaque jour, au travail ou à la maison, les technologies de l’information et de la communication (TIC). Ces pratiques améliorent les échanges et le partage de l’information, contribuent partiellement à éviter déplacements, impressions ou autres activités émettrices de gaz à effet de serre (GES). Néanmoins, l’analyse de leur cycle de vie montre qu’elles génèrent aussi des impacts spécifiques : fabrication des ordinateurs, consommation électrique (celle-ci augmente de 10% par an environ depuis 10 ans) et déchets. Le simple affichage des résultats d’une requête via un moteur de recherche sur le web est émetteur de GES : le temps passé devant un ordinateur consomme de l’électricité, ainsi que le stockage des données indexées par le moteur de recherche, qui nécessite des serveurs fortement consommateurs d’énergie et de fluides frigorigènes pour leur climatisation.
Le changement climatique concerne également l’industrie des télécommunications et des technologies de l’information. C’est le constat fait par l’Union internationale des télécommunications (UIT) dans ses différents rapports. Il s’agit d’efforts à faire, non seulement par les opérateurs télécoms, mais également par les équipementiers, fournisseurs de services et les gouvernements. Ces derniers doivent prêcher par l’exemple : utiliser des solutions Green IT dans l’administration publique, mettre en place des tableaux de bord Green IT et réduire la consommation d’énergie des bâtiments publics. Dans ce même contexte, il faut savoir que les déchets électroniques et électriques sont ceux qui ont la plus forte croissance (entre 3 et 5% par an). Lorsqu’ils ne sont pas recyclés, ces déchets dangereux conduisent à des pollutions irrémédiables des sols, eaux et air. La situation est extrêmement préoccupante au niveau mondial, d’autant plus que la fascination qu’exercent sur les populations «le tout numérique» et «les objets communicants» est à l’origine d’un volume de déchets en explosion.
Un ordinateur dure en moyenne quatre ans. Les portables sont plus souvent remplacés que les fixes. Les appareils électroniques sont composés d’un mélange complexe de plusieurs centaines de matériaux dont un grand nombre contiennent des métaux lourds (plomb, mercure, cadmium, béryllium) ainsi que des substances chimiques dangereuses. Un téléphone portable, par exemple, contient de 500 à 1 000 composants.
Ces substances chimiques dangereuses génèrent une forte pollution et des risques sanitaires pour les travailleurs qui les produisent ou les éliminent. L’exposition au plomb et au mercure des enfants et des femmes enceintes est particulièrement préoccupante. Même à faible niveau d’exposition, ces métaux sont extrêmement toxiques et peuvent porter atteinte aux enfants et aux fœtus.
En outre, Il est difficile pour l’internaute de prendre conscience de l’infrastructure mise en œuvre pour lui assurer un service. Pourtant, le milliard de serveurs en service sur la planète ont une empreinte écologique non négligeable et chaque fois que nous les sollicitons, nous les faisons consommer davantage d’énergie et nous participons à l’expansion de leur nombre en augmentant la demande. Dans le même ordre d’idées, l’augmentation des débits sur la Toile a engendré immédiatement l’augmentation des besoins en climatisation des centraux hébergeant les nœuds de communication des fournisseurs d’accès. Il y a donc une véritable prise de conscience de l’internaute à développer pour qu’il modère autant son utilisation de l’Internet que son équipement.

Vers une société plus intelligente et plus efficace
Il est tout à fait possible d’offrir au matériel informatique une seconde vie, par une réutilisation pour un service moins gourmand en ressources, une réparation ou un don. Malheureusement, la cause n’est pas toujours aussi bonne : en pratique, exportés sous couvert de dons ou de vente à des prix défiant toute concurrence, nombre d’ordinateurs ne sont en fait pas réutilisables et sont abandonnés dans la nature ou brûlés, après récupération des métaux précieux. Certains chercheurs dénoncent la position de certains acteurs qui, au-delà des effets d’annonce, n’iraient pas très loin. Ils considèrent que les entreprises n’agissent que là où les enjeux d’image rejoignent les enjeux économiques. Par exemple, sur la question des Datacenter, qui est porteuse en termes de communication et qui rejoint de enjeux de réduction de la facture d’énergie pour des grosses entreprises du secteur des TIC ou du numérique. Ils critiquent également la publication des chiffres de certains acteurs en affirmant que ceux-ci sont tronqués (les ACV ne seraient que partielles).
«Dans l’esprit du grand public, le lien entre les télécoms et l’environnement est très peu compris. Il est effectivement difficile de raccorder les enjeux environnementaux à l’activité d’un groupe télécom. Pourtant, l’environnement représente à la fois un enjeu critique et une opportunité. Cet événement est une occasion unique de montrer que les TIC sont impliquées dans le challenge climatique mais aussi qu’elles peuvent apporter des solutions : télétravail, mobilité assistée par les technologies et smart cities», explique Christine Hermann, directrice de la communication à Orange en charge de la responsabilité sociale d’entreprise.
En outre, dans bien des cas, chaque utilisateur individuel possède un grand nombre d’équipements. Il y a seulement vingt ans, un seul poste de télévision suffisait pour les loisirs d’une famille, aujourd’hui, une famille type a souvent plusieurs postes de télévision, auxquels s’ajoutent des magnétoscopes, un lecteur DVD, un ou plusieurs décodeurs, des consoles de jeux et des ordinateurs. La plupart de ces appareils sont habituellement laissés en veille pendant la nuit.

Le téléphone portable, symbole de notre société de surconsommation
La capacité de traitement de ces équipements TIC s’améliore, mais leurs besoins en énergie et en systèmes de refroidissement augmentent aussi. Par exemple, les téléphones mobiles de la troisième génération (3G) utilisent des fréquences plus élevées et ont besoin davantage d’énergie que les modèles des générations précédentes. La 5G intègrera la dimension environnementale dans son ADN dès sa phase de conception. Il faut savoir que ce qui consomme le plus dans nos réseaux, ce sont ses extrémités, d’un côté les Datacenter, de l’autre le réseau d’accès. Pour un réseau mobile, par exemple, ce sont les relais, qui ne sont pas extrêmement gourmands en eux-mêmes mais qui pèsent de par leur nombre.
On estime au niveau de l’UIT que les technologies de l’information et de la communication (TIC) contribuent chaque année pour environ 2 à 2,5% au total mondial des émissions de gaz à effet de serre (GES). Cet impact augmentera sans doute avec la généralisation de l’accès aux TIC. Mais parallèlement, les TIC sont un élément clé des efforts déployés pour lutter contre les changements climatiques. Elles sont un outil universel extrêmement efficace qui peut aider à limiter et, à terme, réduire les émissions de gaz à effet de serre dans d’autres secteurs de l’économie, notamment du fait de la conception et de la mise en service d’équipements et réseaux à meilleur rendement énergétique et de l’élimination sans danger de ces équipements à la fin de leur cycle de vie. De tels efforts doivent être axés sur la normalisation des alimentations électriques et des accumulateurs, la réalisation d’équipements et de bâtiments intelligents, la production de nouveaux systèmes à faible consommation énergétique, les études de recherche-développement sur la consommation et les alimentations électriques, l’utilisation enfin des TIC dans la gestion des déplacements et des réunions «sans papier».
A cet égard, les possibilités les plus évidentes sont, sans doute, la diminution du nombre de voyages ou la recherche de solutions de remplacement. Le secteur des TIC offre différents moyens et services pouvant, en théorie, remplacer les voyages, en particulier les voyages d’affaires, qui vont du plus banal (par exemple, courrier électronique, communications téléphoniques et messagerie texte) au plus évolué (visioconférence haut de gamme).
Une autre méthode est celle de la «dématérialisation», c’est-à-dire du remplacement des «atomes» par des «bits», ainsi qu’en témoigne l’évolution actuelle du marché du film et de la musique préenregistrés, qui ne sont plus distribués sur des supports concrets comme les DVD et les CD, mais sont distribués en ligne. L’UIT apporte également sa modeste contribution à la dématérialisation en renonçant, à long terme, à la publication sur papier au profit de la publication en ligne.

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Written by itmag2003

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