L'Essentiel
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L’évolution de la télécommunication

Cette évolution n’est pas nouvelle ; le simple fait de pouvoir télégraphier ou téléphoner, c’est-à-dire de se trouver dans un réseau d’émission ou de réception de l’information à distance, est un acquis économique et social déjà ancien. Mais le fait que, dès aujourd’hui, cette transmission puisse porter sur des débits d’information beaucoup plus importants et […]

Cette évolution n’est pas nouvelle ; le simple fait de pouvoir télégraphier ou téléphoner, c’est-à-dire de se trouver dans un réseau d’émission ou de réception de l’information à distance, est un acquis économique et social déjà ancien.
Mais le fait que, dès aujourd’hui, cette transmission puisse porter sur des débits d’information beaucoup plus importants et s’effectuer par le truchement d’objets beaucoup plus variés, modifiera les rapports traditionnels à la distance de nos sociétés.
Le fait également que cette révolution puisse porter sur des mini-distances ou sur des réceptions d’information infiniment plus fines -comme celles programmées dans les capteurs à objet médical implantés dans le corps humain, y contribuera également.

Le télétravail

En Algérie, le déploiement des réseaux de télétravail date du début des années quatre-vingt. Il reposait alors, pour l’essentiel, sur l’usage du téléphone à des fins de démarchage commercial.
Il prend actuellement une autre dimension. Les autorités de régulation (ARPT) devront insister sur l’importance de son développement en Algérie en essayant de promouvoir le concept de «e-travail» afin de matérialiser cette nouvelle dimension.
En l’occurrence, il s’agit de décliner, dans ce domaine, l’idée que les nouvelles techniques d’information et de communication seront à la base d’une société fondée sur la connaissance et la participation plus active des salariés dont le télétravail peut être l’un des supports.
Au demeurant, dans la définition qu’elle doit donner de ce mode d’activité, l’ARPT doit insister non seulement sur les facteurs géographiques d’éloignement de l’entreprise, mais également sur l’emploi des techniques modernes de communication, en particulier la transmission des fichiers. En précisant que ce concept s’appliquait aussi bien au travail totalement délocalisé hors de l’entreprise, soit à domicile, soit dans des centres de télétravail, qu’au travail alterné entre le siège de l’entreprise et l’un ou l’autre de ces modes de délocalisation. Les avantages du télétravail sont multiples : économiques ;
pour les entreprises, une étude menée aux Etats-Unis sur l’exercice 2000 fait état d’une amélioration de productivité des salariés de l’ordre de 15% pour le télétravail à domicile et de l’ordre de 30 % pour le télétravail dans des centres de télétravail ; pour les salariés, l’avantage essentiel est celui de la délocalisation loin des grands centres urbains et -plus spécifiquement pour les femmes- la possibilité de pratiquer leur activité à domicile, ou en alternance entre le domicile et le travail.
Ces deux «plus-values» peuvent donner à espérer que cette offre nouvelle pourrait augmenter le taux d’activité de la population et, en particulier, de la population féminine.
Sociaux : par les possibilités de délocalisation qu’il implique, le télétravail a trois retombées positives ; les économies d’énergie et la lutte contre la pollution. L’étude américaine précitée estime -sur la base d’une utilisation moyenne de l’automobile plus importante qu’en Europe- que les télétravailleurs s’épargnent plus de 4 000 km de trajets, ce qui représenterait annuellement une tonne métrique de dioxyde de carbone et 7 kg de polluant en moins ; du fait de la relocalisation de ces activités en dehors des grandes villes, il pourrait donner un nouvel essor à l’aménagement du territoire ; enfin, il pourrait être utilisé massivement pour aider à la réinsertion économique des handicapés moteurs.
Après une étude effectuée par des statisticiens en Europe, car ce dernier occupe la deuxième place après les Etats-Unis dans le domaine, le télétravail est plus masculin, prévalent chez les travailleurs non salariés, et plus répandu chez les cadres supérieurs.
On ajoutera qu’il est aussi assez fortement corrélé avec les niveaux de connexion Internet des pays considérés -dont certains, comme la Finlande, ont également lancé des politiques spécifiques sur ce point.
Aussi, la remarque faite sur le passage d’un monde où le télétravail avait une image floue (insuffisance de la demande, coûts élevés, difficultés d’organisation) à un monde où son utilité est avérée mais où les obstacles à son développement sont de nature plus technique (interrogation sur la protection des données) ou culturels (interrogation sur la productivité des salariés et la qualité de leur travail).
Comme conclusion de cette étude, plus le télétravail est développé dans un pays moins les entreprises mettent en évidence des obstacles à ce développement. Ce constat peut avoir un caractère tautologique. Mais si l’on considère que la plupart des pays sont ceux qui ont les connexions Internet les plus nombreuses en pourcentage de la population et ceux qui mènent des politiques volontaristes pour promouvoir l’économie de l’information, on ne peut qu’insister sur le fait qu’il existe une très forte corrélation entre le déploiement du télétravail et celui des techniques qui permettent ce déploiement.

La télésanté

Les domaines de la santé font partie de ceux dans lesquels les applications de progrès de la chaîne télécommunications-informatique sont les plus avancés, le plus souvent grâce aux apports, en parallèle, des micros ou des nanotechnologies.
Elles reposent le plus souvent sur le couplage de capteurs et de réseaux de transmission.
Les capteurs, miniaturisés ou non, sont soit des systèmes d’alerte comme ceux qui permettent à des malentendants ou à des aveugles d’être avertis des dangers auxquels les expose leur environnement. Ils se présentent sous la forme d’un bracelet-montre qui capte les signaux acoustiques extérieurs et retransmet des vibrations à l’utilisateur ; soit des systèmes de surveillance, sous la forme d’implants ou de bracelets, qui contrôlent, par exemple, les différents aspects du rythme cardiaque ou des taux de glycémie ; soit encore des systèmes d’assistance thérapeutique directe (libération contrôlée des médicaments ou évaluation cellulaire directe de leurs effets thérapeutiques). Ces capteurs sont, en général, reliés à des réseaux.
A titre d’illustration, l’expérience pilote «Télémédica» qui sera, sous peu, menée dans des zones rurales éloignées en Norvège et en Grèce, vise, à l’aide de capteurs, à donner des informations sur les paramètres clés de la santé des patients. Données qui seront envoyées par une communication sans fil à l’ordinateur du patient. A l’aide d’un logiciel approprié, et en relation Internet avec des professionnels, cet ordinateur sera à même de préconiser soins et examens.
La raréfaction du nombre de médecins par habitant dans certaines régions françaises commande d’accorder de l’importance à ces techniques.
Les recherches et les développements de ces améliorations des systèmes de surveillance et de soins arrivent à des stades de maturité proches de la mise sur le marché.

Le téléenseignement

Déjà introduit dans notre pays, le téléenseignement commence à prendre un élan considérable par le biais de Cisco et Djaweb ou encore l’EEPAD.
Les étudiants utilisateurs potentiels de cette nouvelle technologie sont satisfaits mais suggèrent une révision des prix devant l’incapacité du pouvoir d’utilisation dans une société où l’avantage compétitif repose, au moins autant, sur la mise en ?uvre des connaissances que sur l’accumulation du capital ou la libre disposition des matières premières, les possibilités d’accès au savoir qu’offrent les nouvelles technologies de communication sont devenues un enjeu social et économique.
Ceci pose le problème de l’introduction, dans nos sociétés, des modes d’apprentissage qui y sont liés. A cet égard, nous souhaitons évoquer trois problèmes.
En premier lieu, se profile un problème de maîtrise économique qui a des incidences culturelles fortes.
Confronté à un vide et à un besoin, le marché a répondu. De façon beaucoup plus prompte, et avec un triple danger pour l’Algérie : le danger d’un retard sur un marché éducatif appelé à se développer très rapidement. En 1998, on évaluait le chiffre mondial de la formation professionnelle à 63,6 milliards de dollars, dont 62 milliards pour la formation professionnelle traditionnelle, et 1,6 milliard pour la formation professionnelle à distance ; en 2004, ce chiffre atteindrait 78 milliards de dollars, dont 34 milliards pour la formation à distance. Or, dès maintenant, les Etats-Unis sont très en avance sur le marché de l’accès et du contenu de ces formations professionnelles à distance, ce qui implique, à terme, qu’ils seront en mesure de concurrencer l’offre européenne avec des produits amortis sur leur propre marché.
Une forme de «macdonaldisation» du savoir, les modèles, les contenus et les structures d’apprentissage étant peu à peu alignés sur ceux des Etats-Unis.
Ensuite, et sans qu’il soit besoin d’insister sur un aspect de cette question qui est connu, il est clair que le téléenseignement -en d’autres termes l’accès à un mode d’acquisition des connaissances qui deviendra prévalent à un horizon de 10 ans- est un terrain d’élection privilégié des inégalités correspondant à ce qu’on appelle le «fossé numérique». Etant précisé que, comme pour le télétravail, cette inégalité est double : d’accès aux réseaux mais également d’accès économique aux équipements et aux logiciels.
Enfin, l’irruption de cet apprentissage direct, non médiatisé par la formation professionnelle ou l’Education nationale, posera sous peu des problèmes d’adaptation et de légitimation à nos structures d’enseignement et de formation, dont les réseaux risquent d’être déstabilisés et délégitimés.
Au terme d’une présentation des principales évolutions scientifiques et techniques du secteur des télécommunications, dont on désire qu’elle s’en tînt à l’essentiel -et d’une description de quelques-uns des changements économiques et sociaux que cette évolution ne manquera pas de produire, on souhaite, à nouveau, souligner l’importance de la mutation en cours. Au début des années quatre-vingt, on utilisait la métaphore du nénuphar doublant de surface chaque année, pour symboliser l’agressivité de conquête de certains marchés par l’industrie japonaise. Cette image correspond assez bien à l’effet d’accélération à venir de l’emprise des nouvelles techniques de communication sur l’économie et le corps social.
C’est dire que chaque année de retard mise au déploiement de ces techniques, à leur utilisation dans l’économie et à l’introduction de leurs usages sociaux peut avoir des conséquences fâcheuses.

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Écrit par itmag2003

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