L'Essentiel
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L’inventeur des scanners de livres les plus rapides au monde

IT MAG : Pouvez-vous nous donner une idée de votre parcours universitaire et professionnel ? M. Lotfi Belkhir???? : Entre 1982 et 1985, j’ai étudié à l’université de Sétif, ma ville natale, pour préparer un diplôme d’études supérieures (DES) en physique avant de faire ma spécialité à l’université de Bab Ezzouar, à Alger. En 1986, […]

IT MAG : Pouvez-vous nous donner une idée de votre parcours universitaire et professionnel ?

M. Lotfi Belkhir???? : Entre 1982 et 1985, j’ai étudié à l’université de Sétif, ma ville natale, pour préparer un diplôme d’études supérieures (DES) en physique avant de faire ma spécialité à l’université de Bab Ezzouar, à Alger. En 1986, j’y ai obtenu mon diplôme où j’étais major de promotion. J’ai donc été sélectionné et décroché une bourse pour les Etats-Unis en vu de préparer une maîtrise dans le domaine de la physique.
Entre 1987 et 1993, j’ai fait ma maîtrise et obtenu un PhD en physique à l’université de Stony Brook, à New York. Ma thèse de doctorat avait trait à trois points principaux : la supraconductivité à haute température, l’effet de Hall quantique fractionnaire et les points quantiques. Après cela, j’ai fait des recherches post-doctorales pendant 18 mois à l’université de l’Indiana à Bloomington. Durant cette même période, j’ai travaillé à temps partiel dans une star-up comme développeur de logiciels à Bloomington. Cette expérience m’a permis d’avoir une idée du monde du travail. Une expérience que j’ai beaucoup appréciée d’ailleurs. En novembre 1995, j’ai quitté le monde universitaire pour rejoindre la société Xerox en tant que chercheur, dans la région de Rochester (Etat de New York). Pendant cinq ans, j’ai occupé plusieurs postes chez Xerox. J’ai travaillé, entre autres, dans les départements de développement de produits et de stratégie. Le dernier poste que j’ai occupé au sein de cette société était celui de responsable de laboratoire à Palo Alto, en Californie. C’est dans ce laboratoire que j’ai commencé à développer des scanners automatiques de livres que j’ai baptisés, en 2000, « Golden Gate ». Après que mon équipe ait déposé deux brevets d’invention et plus de 10 propositions d’invention, la direction de Xerox a décidé d’annuler le projet environ six mois après son lancement pour des raisons financières. Cela s’est passé lorsque j’ai demandé et reçu une licence exclusive de Xerox pour poursuivre le projet tout seul. Cela a mené à la naissance de la société Kirtas que j’ai fondée en juin 2001.

Vous avez mis au point le Book Scan 1200 et le Book Scan 2400, le plus rapide sur le marché mondial. Pouvez-vous nous donner davantage de détails au sujet de ces produits ?

J’ai commencé à mettre au point le Book Scan dans le laboratoire de Xerox en 2000, mais le gros du travail a été fait après la création de Kirtas. Je signale qu’à cette époque, la numérisation gagnait du terrain et touchait des domaines tels que la téléphonie et la télévision. Cette nouvelle tendance a cependant épargné ce que l’être humain avait de plus cher, le savoir en l’occurrence. Le savoir a été pendant longtemps conservé dans des livres mais en même temps il en a été le prisonnier en quelque sorte. Le besoin urgent de numériser ces livres a exigé la mise au point d’une nouvelle technologie et plus précisément de nouveaux scanners qui présenteraient l’avantage d’être rapides et qui assureraient une plus haute qualité que n’importe quel scanner disponible à cette époque sur le marché. C’est cette réflexion qui m’a poussé à réaliser des scanners automatiques de livres.
Le concept de « la page automatique » a été élaboré par Xerox, mais le produit, c’est-à-dire le scanner automatique des livres, a été fait par l’équipe Kirtas. Entre juin 2001 et août 2004, nous avons travaillé pratiquement de façon exclusive sur le développement de ce produit. Nous avons, par la suite, commencé à livrer à nos clients les premiers exemplaires du Book Scan APT 1200.
Plusieurs mois avant de commencer à commercialiser nos premières machines, nous avons débuté par offrir des services de numérisation à certains de nos clients. Ces derniers nous envoyaient des livres que nous scannions pour eux. Les premiers clients auxquels nous avons offert cos sévices étaient les universités telles que celles du Michigan, d’Atypon ou encore les publications d’Ebsco. Par ailleurs, ce même établissement a acheté un des premiers Book Scan 1200 après avoir reçu un lot de livres scannés par Kirtas.
Au début de l’année 2005, moins de 12 mois après le lancement des APT 1200, nous avons lancé un modèle deux fois plus rapide, Book Scan APT 2400, ou le premier scanner de livres dans le monde qui peut numériser un livre moyen en couleurs en moins de 8 minutes ; une tâche qui prend d’habitude une demi journée en mode manuelle.
Ce modèle a donné à Kirtas une dimension qui est devenue leader mondial en matière de numérisation de livres. Avec l’annonce du projet de Google relatif à la numérisation de 15 millions de livres appartenant aux plus importantes universités américaines et britanniques, beaucoup d’universités et de bibliothèques ont commencé à s’intéresser à la question de la numérisation des livres. Aujourd’hui, Kirtas est aussi connue pour avoir mis au point les normes de numérisation de livres. C’est aussi la société qui offre les scanners de livres les plus rapides et qui assure la meilleure qualité de numérisation en préservant les livres les plus fragiles lors de l’opération de numérisation.

Quel est le profile des organismes qui font appel aux services de votre société ?
Comme je l’ai mentionné, nous vendons nos machines, mais nous continuons à scanner des livres pour des entreprises. Actuellement, nous travaillons avec les plus grandes institutions académiques publiques et privées du monde. Nous travaillons également avec Microsoft, l’université de Cornell, l’université de Yale, l’université du Michigan, les Nations unies, les archives nationales du Canada, l’université publique de Toronto, la Northwestern university, l’université de Chicago, l’université de Californie, la librairie publique de Rochester, l’agence scientifique et technologique japonaise, l’institut Ibnu Taymiyah de Riad (Arabie saoudite) ainsi que de nombreuses autres institutions et organismes aux Etats-Unis et à travers le monde. Globalement, nos produits sont présents dans des pays tels que Canada, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Japon, Taiwan, la Libye, la Turquie, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

Entretenez-vous des contacts avec des entreprises ou de institutions algériennes ?

Oui, j’entretiens en ce moment des contacts avec un certain nombre d’institutions algériennes. Mon espoir est que nos services soient réellement pris au sérieux par les institutions algériennes, notamment celles qui envisagent de réaliser des programmes de numérisation des documents et des archives nationales.

Beaucoup d’Algériens ont réussi à lancer, à l’étranger, des entreprises spécialisées dans le domaine des technologies. Que faudrait-il faire, à votre avis, pour que ces chefs d’entreprise songent à investir dans leur pays d’origine ?

Je crois qu’il faudrait, en premier lieu, mettre les bases d’un environnement économique adéquat. Un environnement économique qui assurera à ces chefs d’entreprise les meilleures conditions de travail mais aussi la sécurité dont ils ont besoin. Le cadre légal doit lui aussi être adapté aux nouvelles réalités du terrain, et ce, afin de mieux protéger les investissements.

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Écrit par itmag2003

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