L'Essentiel
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Lors d’une rencontre à huis clos MPTIC-ISP; Moussa Benhamadi déclare : « L’Internet est un droit »

Pour la simple raison que l’Etat, à voir ces chiffres, n’est pas près de voir, ou plutôt de revoir la couleur de l’argent « dépensé » surtout que l’utilisateur final, le citoyen, lui, ne voit pas l’impact de ces investissements sur sa vie de tous les jours C’est à travers un message au ton peu habituel que […]

Ministre de PTIC

Pour la simple raison que l’Etat, à voir ces chiffres, n’est pas près de voir, ou plutôt de revoir la couleur de l’argent « dépensé » surtout que l’utilisateur final, le citoyen, lui, ne voit pas l’impact de ces investissements sur sa vie de tous les jours
C’est à travers un message au ton peu habituel que le ministère de la Poste et des TIC a rendu compte des récentes activités du ministre Moussa Benhamadi, contenu dans un communiqué de presse à l’issue d’une réunion entre le ministre et les fournisseurs d’accès à Internet (ISP). Le « ton inhabituel » réside dans le choix des mots qui cadrent parfaitement, pour une fois, avec la réalité. Il écrit : « M. Moussa Benhamadi a tenu, à cette occasion, à rappeler aux ISP que l’heure est à la nécessité de l’accélération d’Internet et les citoyens sont en droit aujourd’hui non seulement de le demander mais surtout d’exiger sa disponibilité et la qualité de services qui lui sont liés. » Sur ce point, il y a lieu de s’attarder sur la consécration de l’accès à Internet comme un « droit » et c’est probablement cet aspect-là qui est susceptible d’être contenu dans la prochaine mouture de la loi qui régit les télécoms, en cours de révision. Pourtant, l’idée de révision de cette loi date déjà de 2010, lors d’une rencontre des cadres du ministère début mai de la même année.

Il fut question, à cette époque, d’autres avant-projets de loi, notamment sur les règles générales relatives aux transactions électroniques en définissant clairement les aspects liés à la signature électronique et à la certification et l’authentification.
A ce moment, on avait laissé entendre qu’un organe chargé de délivrer les autorisations aux fournisseurs de ces services conformément à un cahier des charges réglementaire serait créé avant que la mission ne soit totalement confiée à l’Autorité de régulation de la poste et des télécoms (ARPT). On avait même parlé d’un avant-projet de loi consacré au traitement des données à caractère personnel ainsi que d’un projet de décret portant création de l’agence de développement de l’administration électronique (EDARATIC).
Pour en revenir à 2012, il faut croire que tout ce qui se fait autour de la législation et du cadre réglementaire dédiés aux technologies de l’information et de la communication est entouré du plus grand secret, lui donnant presque un caractère « exclusif ».
Autre élément à relever du message du ministère de la Poste et des TIC : « Il est inadmissible que notre pays qui a engagé des moyens financiers et matériels importants pour la mise en place, la mise à niveau et le développement des infrastructures télécoms puisse enregistrer des poches dans différents lieux en matière d’accès à Internet. » Et d’insister : « Le citoyen réclame aujourd’hui plus que de l’eau, l’électricité et du gaz. Il exige l’accès à Internet. » Il parle de « poches » afin de désigner des disparités d’une ville à une autre et, dans très souvent des cas, d’une localité à une autre, une fracture numérique interne. Rappelons-nous les déclarations du président de la Commission nationale du haut débit lorsqu’il parlait de l’état d’Internet en Algérie. Il affirmait, à l’occasion de la tenue de la réunion d’examen des travaux de la commission, qu’« un total de 1 030 000 abonnés à Internet, les professionnels ne comptabilisant que 5% des effectifs ; plus de la moitié des 25 000 établissements d’enseignement sur le territoire national raccordés à moins de 2 Mo et le «dial-up», le «56 Ko», continue encore à être sollicité par 100 000 utilisateurs et […] 1 900 cybercafés » sur une population estimé par l’Office national des statistiques (ONS) à plus de 36 millions. Pourquoi « inadmissible » ? Pour la simple raison que l’Etat, à voir ces chiffres, n’est pas près de voir, ou plutôt de revoir la couleur de l’argent « dépensé » surtout que l’utilisateur final, le citoyen, lui, ne voit pas l’impact de ces investissements sur sa vie de tous les jours. D’un point de vue pratique, aucune administration n’utilise les nouvelles technologies, à leur tête Internet, à destination du citoyen.
D’un point de vue économique, il n’existe quasiment aucun impact sur l’économie nationale.
Le dernier rapport en la matière du Forum économique mondial (voir IT Mag n° 253) où, dans la rubrique « infrastructures, l’Algérie se positionne à la 88e place [sur une liste de plus de 140 pays]. Les efforts existent donc, et depuis les 5 dernières années, l’infrastructure a été quasiment l’‘‘obsession’’ des pouvoirs publics. Néanmoins […] ‘‘ l’impact économique et social ’’, lui, est quasi nul. Les technologies de l’information et de la communication n’ont eu aucun impact aussi bien économique que social sur la population avec une très peu enviable 140e position ».
D’ailleurs, lors de la dernière réunion avec les représentants du patronat et de la centrale syndicale UGTA et selon les chiffres avancés par M. Sellal, Premier ministre, seulement 15% des entreprises algériennes sont connectées à Internet, et à peine 9% ont une adresse électronique professionnelle et aucune entreprise ne propose sur son site un catalogue des produits qu’elle veut commercialiser.
Comment y remédier ? Au cours de cette même rencontre, le ministre, selon le communiqué, a mis en avant le genre de relations qu’il souhaiterait entre les ISP et Algérie Télécom. « La position d’Algérie Télécom […] doit être conçue comme étant un accompagnement pour les fournisseurs d’accès dans une logique gagnant-gagnant. »
Est-ce à dire qu’à l’heure actuelle, un déséquilibre existe entre les fournisseurs d’accès et l’opérateur historique ?
Si oui, vers quel côté penche-t-il ?

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Écrit par itmag2003

There is 1 comment

  • M. M. Mezoued dit :

    Le sujet est certes intéressant mais les conclusions, pratiquement à chaque chapitre de votre article manquent de réflexion!
    Les pourcentages cités, les causes de sous développement, le prix prohibitif par rapport aux offres hyper performantes à un coup moindre et à 2h d’alger, la gestion des centres AT, la lenteur du développement du réseau…le mode de paiement des abonnement qui relève du sous/sous développement… bref la performance tout au long de la chaîne managériale est complètement absente combien même l’intelligence des acteurs et des salariés est présente!

    Bien à vous

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