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Mise en garde contre l’utilisation prolongée du téléphone mobile : «Risque» de cancer spécifique

La publication du dernier rapport de l’Agence internationale pour la recherche sur le cancer (AIRC), dans lequel elle faisait monter d’un échelon la classification quant à un impact supposé des ondes électromagnétiques émises par nos téléphones sur la santé humaine, a quasiment laissé indifférent de part et d’autre des continents et est pratiquement passée inaperçue […]

La publication du dernier rapport de l’Agence internationale pour la recherche sur le cancer (AIRC), dans lequel elle faisait monter d’un échelon la classification quant à un impact supposé des ondes électromagnétiques émises par nos téléphones sur la santé humaine, a quasiment laissé indifférent de part et d’autre des continents et est pratiquement passée inaperçue en Algérie. L’institution de recherche, rattachée à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), reposant sur des études menées qu’un groupe de travail constitué de 31 scientifiques issus de 14 pays a passées au crible, avait conclu au « possible » effet carcinogène de l’utilisation de nos téléphones potables. Le lien est encore plus fort en ce qui concerne le gliome ou le neurinome acoustique, du moins pour les gros utilisateurs. Le groupe de travail n’a pas « quantifié » le risque, cependant, les études consultées ont montré une augmentation de 40% des risques de ces deux pathogènes dans la catégorie la plus élevée des utilisateurs assidus (moyenne rapportée : 30 minutes par jour sur une période de 10 ans). Un « cancer spécifique », selon les propos du directeur général de l’AIRC, Christopher Wild, qui précise que « c’est dans les parties du cerveau où l’on met le plus souvent son téléphone que [le gliome] a plus de chances d’apparaître ». Pour sa part, le Dr Jonathan Samet, le président du groupe de travail, avait indiqué que « les preuves dont nous disposions, tout en continuant à en accumuler, sont suffisamment solides pour nous mener à la classification 2B [des ondes électromagnétiques] ». A vrai dire, « il pourrait y avoir certains risques et nous devons donc, compte tenu des conséquences potentielles pour la santé publique de ce classement et les résultats obtenus, surveiller de plus près le lien entre téléphones cellulaires et risque de cancer ».

Ce n’est pas la première fois et le centre, voire l’OMS, n’en est pas à sa première étude sur la question. D’ailleurs, d’autres organismes et de laboratoires ont mené d’autres études en parallèle, parfois se confortant les unes avec les autres et d’autres fois se contredisant. Pour le moment, encore une fois, l’institution reste dans le « peut-être » tout en affirmant, par la voix de son dirigeant, qu’il « est important que des recherches supplémentaires soient effectuées dans le long terme sur une utilisation intensive des téléphones mobiles ». « En attendant la disponibilité de ces informations, il est important de prendre des mesures pragmatiques pour réduire l’exposition [aux ondes] tels que l’utilisation du kit mains-libres ou d’envoyer des SMS », poursuit le Dr Wild. Qu’en est-il alors de cette classification « Groupe 2b », qui voit un nouvel arrivant ; les ondes électromagnétiques ? Concrètement, cette catégorie renfermait déjà d’autres agents pathogènes dont la description liée est la suivante : « Eléments d’information limités d’une association avec le cancer chez les humains, mais éléments d’information insuffisants sur la présence d’un cancer dans des animaux de laboratoire. » En première lecture, ce sont des éléments dont on ne peut trancher leur effet néfaste avéré sur la santé humaine. D’ailleurs, le « Groupe 2b » renferme une liste de 266 agents, entre autres le café, le fioul et les combustibles marins, les champs magnétiques (ondes méga-métriques) donc, ainsi que les légumes en saumure. Ce sont ces agents justement que l’industrie de la téléphonie mobile, assise sur un marché mondial évalué à plus de 1 000 milliards de dollars, met en avant pour « relativiser » le rapport de l’agence. A sa tête la CTIA-The Wireless Association (association internationale des technologies sans fil) qui n’a pas tardé à signifier sa position dans un communiqué publié sur son site Web, allant jusqu’à « minimiser » les conclusions de l’IARC. L’association écrit que « le groupe de l’IARC n’a pas mené de nouvelles recherches mais plutôt passé en revue des études déjà publiées ». « Basé sur des évaluations antérieures de la preuve scientifique, la Federal Communications Commission a conclu qu’aucune preuve scientifique ne démontre que l’utilisation du téléphone sans fil peut mener au cancer », poursuit l’association en se basant sur l’avis de la FCC. Et ce n’est pas la seule à monter au créneau. Pourtant, seulement un échelon sépare le « Groupe 2b » du « Groupe 1 », groupe dans lequel nous retrouvons les boissons alcoolisées, l’amiante sous toutes ses formes et enfin le tabagisme, avec fumée et sans fumée, des agents cancérigènes ! Si jamais les ondes électromagnétiques rejoignent les agents carcinogènes, devrions-nous tous, ce jour-là, jeter nos téléphones et saluer de la main toute une révolution numérique qui, au final, nous aura coûté notre santé ? Un scénario quasi-impossible à imaginer tant les téléphones mobiles, quelle qu’en soit la technologie, et donc les champs magnétiques qu’ils émettent, font partie de nous. Il est encore plus cocasse que d’imaginer les industriels poussés à mettre sur les appareils qu’ils produisent une estampe « Téléphoner nuit à votre santé ou à votre entourage », comme le fait l’industrie du tabac.

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Écrit par itmag2003

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