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L'Essentiel
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Quel avenir pour les cybercafés

Posée il y a à peine cinq ou six ans, la question aurait fait rire le stade du 5 Juillet un jour de derby. Aujourd’hui, elle mérite réflexion. Sacrifiant à une règle typiquement algérienne, qui consiste pour les professions libérales à changer d’activité au rythme des saisons et au moindre grincement du tiroir-caisse, les cybercafés, […]

Posée il y a à peine cinq ou six ans, la question aurait fait rire le stade du 5 Juillet un jour de derby. Aujourd’hui, elle mérite réflexion. Sacrifiant à une règle typiquement algérienne, qui consiste pour les professions libérales à changer d’activité au rythme des saisons et au moindre grincement du tiroir-caisse, les cybercafés, plus que les superettes, se réduisent comme peau de chagrin.
Mais ce n’est pas faute à la sociologie uniquement ! La technologie popularisée brise leurs murs aussi et finira par les envoyer au musée. La généralisation du PC au foyer et l’arrivée de l’ADSL contribuent déjà à leur disparition. Mais leur perte est économique aussi.
En effet, il suffit d’une ligne téléphonique à la maison, être en mesure de payer environ 2 000 dinars par mois, et vous voilà connectés autant que vous le souhaitez. Dans certains cybercafés, qui doivent certainement calculer leurs marges en fonction de leurs employés et des coûts de maintenance et d’exploitation, une connexion de 10 minutes, chronomètre en main, revient à 60 dinars.
A ce prix là, mieux vaut s’abonner à une connexion illimitée pour un petit forfait que d’aller tous les jours dans un café Internet où ni la qualité de la connexion ni le service et encore moins la confidentialité ne sont parfois garantis. Dans les quartiers et les zones urbaines où le réseau téléphonique est adapté à l’ADSL, le verdict n’a d’ailleurs pas tardé. Les cybercafés qui sont encore en activité perdent tous les jours des clients. Si ce n’est pas encore la désaffection totale, le public adolescent des lycées y vient encore pour les chats de 4 à 5 heures, les surfers pressés et de passage s’y rendent aussi pour consulter leur courrier électronique ou envoyer des messages… Ce n’est plus le rush des années 1990. Avec la pénétration du haut débit et le désir des Algériens à s’équiper en moyens informatiques et à investir davantage dans les services de télécommunications, la tendance va sans doute s’aggraver.
La bataille que se livrent aujourd’hui les grands opérateurs du Web en Algérie et l’expansion de la taille de leur marché sous l’effet du progrès technologique et la densification du réseau téléphonique en Algérie finiront en effet par ouvrir de plus en plus le champ d’accès de la Toile aux particuliers et provoquer une baisse durable des prix.
Ce mouvement dont on ressent déjà les frémissements peut même conduire dans peu d’années à la gratuité de la connexion Internet car le marché, le vrai, aura créé dans l’industrie du Net de nouvelles activités et de nouveaux services à plus forte valeur ajoutée.
Ne parlons pas de l’impact de la démocratisation de l’ordinateur portable, aujourd’hui poussée par le crédit et les opérations promotionnelles. Ne parlons pas non plus de la généralisation annoncée de l’Internet sans fil, sur téléphone mobile ou sur poste de télévision.
Chacun de nous aura alors son cybercafé dans sa sacoche ou dans sa poche ! Que restera-t-il alors aux commerçants de la connexion que sont les gérants des cafés Internet ?
Les plus chanceux, c’est-à-dire ceux qui sont localisés sur les grands axes ou à proximité des lieux de grand transit humain (gares, stations d’autobus, lycées, universités, etc.), peuvent sauver leur activité. Leurs collègues qui travaillent dans les villes et villages de l’intérieur du pays -où la faiblesse du pouvoir d’achat des consommateurs ne milite pas pour une personnalisation rapide de l’accès à Internet- resteront, eux, une solution aux cybernautes locaux et une alternative durable. Dans tous les cas, une ère se ferme et une autre s’ouvre pour la profession. Il appartient à ceux qui l’exercent de s’y préparer. Le débat est ouvert.

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Écrit par itmag2003

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