Analyse
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Rapport 2012 «Etat de la bande passante» dans le monde : L’ITU préconise de laisser le secteur privé s’épanouir

En annexe du rapport, il était intéressant de tomber sur des statistiques du dernier trimestre de 2011 qui cite l’Algérie avec un taux d’accès à Internet (fixe) estimé à 2.8 foyers sur 100 qui y ont accès. Cela repose la problématique de statistiques fiables distillées par les pouvoir publics, les mettant dans la nécessité de […]

En annexe du rapport, il était intéressant de tomber sur des statistiques du dernier trimestre de 2011 qui cite l’Algérie avec un taux d’accès à Internet (fixe) estimé à 2.8 foyers sur 100 qui y ont accès. Cela repose la problématique de statistiques fiables distillées par les pouvoir publics, les mettant dans la nécessité de créer un véritable organisme de collecte d’information lié aux TIC et à leurs usages. Certes, un observatoire était censé exister… mais l’a-t-il réellement été ?

La Commission large bande pour le développement numérique de l’Union internationale des télécommunications, en étroite collaboration avec l’Unesco, a publié son rapport annuel «l’état de la large bande 2012 », présenté lors d’une réunion de l’assemblée générale des Nations unies le 23 septembre dernier. Un rapport destiné à informer et à orienter les politiques internationales à large bande et soutenir l’expansion continue des avantages du haut débit dans le monde. La Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio +20) qui a eu lieu à Rio de Janeiro, au Brésil, en juin 2012, « a reconnu qu’il est essentiel de travailler à un meilleur accès aux technologies de l’information et de la communication, en particulier les réseaux et les services large bande ». A titre de rappel, une commission interministérielle large bande  a été installée en Algérie en 2011 mais celle-ci n’a ; jusqu’à aujourd’hui, communiqué sur aucun travail qu’elle aurait effectué entre-temps. Aussi, avec ce rapport, la « Commission Broadband » étend la sensibilisation sur l’importance des réseaux à large bande, des services et des applications pour générer de la croissance économique. Certes, ça sert beaucoup plus les puissances « productrice » d’équipements et de services mais encore faut-il ne pas y voir le mal partout !

 

Une stratégie claire et réaliste

D’emblée, du rapport ressort le terme « stratégies ». Encore que, toute stratégie de haut débit, qu’elle soit conçue par les décideurs politiques ou des institutions publiques, doive tenir compte de la dynamique du marché de l’offre et de la demande. Une meilleure infrastructure et l’accès au haut débit sont intrinsèquement stimulés par le progrès et de la disponibilité d’un marché de services numériques. C’est normal, pour avoir de l’infrastructure et s’équiper, il faut être capable de l’assumer financièrement. Tous les acteurs de la chaîne des valeurs des TIC doivent être pris en considération. Une politique axée uniquement sur un segment du marché a peu de chances de se révéler fructueuse, considère le document. De même, les conditions du marché varient, comprendre que la vitesse d’évolution des technologies, influe directement sur la demande et la transforme à mesure que l’offre s’enrichit elle-même. Une approche complète et détaillée des coûts et des avantages devrait également être adoptée avant de mettre en œuvre toute réglementation sur  toute dynamique ou évolution du secteur des TIC.  On l’aura compris, une stratégie sérieuse, une feuille de route avec des éléments concrets, des dates, des objectifs, sont impératifs. Tout aussi quel le prix d’accès, de l’accès à large bande joue un rôle crucial dans la diffusion juste et équitable du haut débit. Si le haut débit est de plus en plus abordable dans le monde entier où les prix ont chuté de plus de 50% au cours des deux dernières années dans certains pays ; il n’en reste pas moins inabordable dans de nombreuses régions du monde en développement. D’énormes écarts dans l’accessibilité persistent. En 2011, le prix d’une connexion fixe à un accès large bande était encore inférieure à 2% du revenu mensuel moyen dans 49 pays dans le monde, surtout dans le monde industrialisé. Pendant ce temps, le coût d’accès à la large bande représentait plus de la moitié de la moyenne nationale des revenus dans 30 pays.  Au cours des deux dernières années, les prix ont chuté de 52,2% en moyenne et ceux des accès mobiles de 22%. En Afrique, les prix ont chuté de façon significative et devraient continuer à diminuer. A condition que les décideurs prennent les devants. Le rapport de l’ITU préconise la mise en place de subventions, stimuler une concurrence accrue et à plusieurs niveaux de services.

 

Complicité plutôt que dualité

Etant donné les avantages économiques du haut débit, l’accès à la large bande « est devenu vital pour le développement économique ainsi que la croissance économiques ». Le document explore les facteurs de la création d’un environnement favorable à l’investissement dans le haut débit. Il en ressort que pour favoriser les déploiements à la large bande, et quelle que soit la source de financement, les opérateurs doivent investir dans l’infrastructure de manière efficace et de manière optimale de telle sorte à tirer le meilleur parti des ressources disponibles. Différentes couches d’infrastructure doivent être traitées séparément à partir d’une perspective politique de financement, plutôt que d’utiliser une approche globale. En effet, de nouveaux modèles d’investissement sont nécessaires pour connecter de nouveaux abonnés et stimuler l’expansion de la capacité pour gérer l’explosion prévue du trafic des données sur les années à venir. A ce propos, la mutualisation des efforts, des équipements et des ressources communes (fréquences) est une piste recommandée. A ce jour, « le secteur privé a eu un succès considérable dans la fourniture de l’infrastructure large bande dans de nombreux pays, et il est bien placé pour conduire ou suivre technologiquement et évaluer l’évolution de la plupart des projets de déploiement d’infrastructures. Les investissements privés doivent être facilitées par les autorités publiques qui doivent veiller à ce que la dynamique du secteur privé des TIC existe avec une perspective à long terme ». Donc, l’infrastructure -déploiement, expertise, mise à niveau technologique- c’est l’affaire du privé ; les prix, c’est l’affaire des Etats. L’autre élément de taille sur lequel insiste le rapport, c’est la souplesse de la réglementation qui doit laisser aux opérateurs une plus grande liberté de choix technologique et une meilleure utilisation des spectres. Il est vrai que les priorités nationales pour la disponibilité du haut débit ont tendance à être des processus longs, alors que les besoins sur les rendements des capitaux reposent sur du court terme. Un équilibre doit être trouvé entre les intérêts des deux parties. « La vraie puissance du haut débit réside dans sa capacité à transformer le développement dans le monde. » Et cette « puissance » sera assurée en grande partie par des accès mobiles. Le haut débit mobile offre de vastes possibilités pour faire avancer le développement socio-économique, de fournir un accès de base à l’éducation ou à la santé et d’effectuer des paiements. Le rapport évalue les progrès et reconnaît la nécessité d’un leadership politique au niveau national pour établir une vision claire des parties prenantes et de prioriser le déploiement de services à large bande au niveau national. Le rapport soutient également que le secteur privé, ayant joué un rôle essentiel dans le déploiement des réseaux large bande à ce jour, est bien placé pour évaluer différentes technologies (fixe, mobile ou câble) et développer à la fois la demande et l’offre sur le marché. Les investissements privés doivent être facilités par les pouvoirs publics. Offrir un accès haut débit universel et abordable ne peut être pleinement atteint sans à un équilibre des technologies et des approches politiques adaptées à des situations spécifiques. Le taux de croissance mondiale du trafic des données devrait atteindre 60% par an de 2011 à 2017, principalement en raison du trafic vidéo. La croissance des données sera également tirée par la croissance des smartphones, tablettes, PC portables et appareils mobiles connectés. Une telle explosion du trafic de données nécessite un spectre plus large, ce qui représente justement une situation spécifique. A cet égard, les décideurs politiques et les régulateurs peuvent aider à créer un soutien et d’encourager l’investissement afin de garantir une disponibilité du spectre qui soit de qualité.

 

Audace réglementaire

Parmi les recommandations du rapport, l’utilisation effective et à bon escient des ressources contenues dans le Fonds du service universel, en l’associant si nécessaire (USF) avec d’autres établissements financiers à travers des mécanismes dédiés à développer le haut débit. De même, en fonction de la géographie et de la densité de la population, les décideurs et les autorités réglementaires doivent pousser au déploiement de différentes technologies à large bande, celle qu’il faut là où il faut. A titre d’exemple ; dans les zones où les entreprises privées peuvent ne pas être prête à investir faute de rentabilité, le secteur public pourrait prendre le relais et utiliser des subventions pour favoriser le déploiement d’infrastructures spécifiques.  Autre recommandation,  envisager de revoir et mettre à jour la réglementation liée aux TIC compte tenu de la rapidité avec laquelle le secteur est en constante évolution. Mettre à jour les législations et les cadres réglementaires pour fournir aux entreprises et aux utilisateurs les instruments de facilitation pour les premiers et de protection pour les seconds, notamment en matière de protection des données personnelles. Cependant, ces révisions nécessaires doivent être gérées avec soin afin d’éviter des changements radicaux et soudains qui aboutiraient à des effets négatifs sur le secteur. Réduire les taxes et les droits d’importation sur les télécommunications et les équipements et des services est l’autre recommandation préconisée dans le rapport.

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Écrit par itmag2003

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