L'Essentiel
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Rapport « Mesurer la société de l’information 2012 » de l’UIT : L’Algérie cède une place

Après le rapport sur « l’état du large bande dans le monde » (voir IT Mag n° 274), l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui tient actuellement un sommet à Dubaï, vient d’éditer un nouveau rapport sur l’Indice de développement (IDI) des TIC. Un rapport, du moins sa version analytique, dont la préface est signée par M. Brahima […]

Après le rapport sur « l’état du large bande dans le monde » (voir IT Mag n° 274), l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui tient actuellement un sommet à Dubaï, vient d’éditer un nouveau rapport sur l’Indice de développement (IDI) des TIC.
Un rapport, du moins sa version analytique, dont la préface est signée par M. Brahima Sanou, directeur du Bureau de développement des télécommunications (BDT) à l’UIT. « Ce rapport présente l’indice de développement des TIC qui permet de classer les pays en fonction de leurs résultats en termes d’infrastructures et d’adoption des TIC et le Panier de prix des TIC (IPB), un indicateur unique qui permet de suivre et de comparer d’une année sur l’autre le coût et l’accessibilité économique des services TIC », écrit-il. Il poursuit en écrivant que « l’an dernier, l’adoption des TIC s’est poursuivie de façon continue et presque universelle.
Ce renforcement de la connectivité est dû en grande partie à l’essor rapide des abonnements au large bande mobile [en hausse de 40% en 2011], à tel point qu’aujourd’hui les abonnés au large bande mobile sont deux fois plus nombreux que les abonnés au large bande fixe. L’explosion du nombre d’abonnements au large bande mobile dans les pays en développement a permis de connecter une multitude de nouveaux utilisateurs à l’Internet. Ce rapport souligne cependant que les prix des services TIC demeurent très élevés dans un grand nombre de pays à faible revenu. Pour que le large bande mobile reproduise le miracle de la téléphonie cellulaire mobile, il est nécessaire d’étendre la couverture 3G et de baisser davantage les prix ».

Encore de la marge
Entre 2010 et 2011, la téléphonie cellulaire mobile a enregistré une croissance continue à deux chiffres sur les marchés des pays en développement, bien qu’un ralentissement général soit perceptible par rapport aux années précédentes. Le nombre d’abonnements au cellulaire mobile a ainsi augmenté de plus 600 millions – hausse due en grande partie aux pays en développement – pour atteindre un total de près de 6 milliards, soit 86 abonnements pour 100 habitants. A elle seule, la Chine compte 1 milliard d’abonnés, et l’Inde devrait elle aussi atteindre la barre du milliard en 2012. Le taux de pénétration de la téléphonie cellulaire mobile a progressé de 11% au niveau mondial, contre 13% l’année précédente. Dans l’ensemble, l’apparition de nouveaux fournisseurs de services a parfois fortement attisé la concurrence dans le secteur, entraînant une baisse sensible des prix à la consommation qui a joué un rôle déterminant dans la propagation des services de téléphonie cellulaire mobile. Toutefois, les services large bande fixes (filaires) et mobiles continuent d’être adoptés par un nombre croissant de pays à travers le monde. A la fin de l’année 2011, on dénombrait presque 600 millions d’abonnements au large bande fixe (filaire), soit un taux de pénétration mondial de 8,5% contre environ 530 millions l’année précédente, qui correspondait à un taux de pénétration de 7,7%. Parallèlement, le nombre d’abonnements au large bande mobile activés a progressé de 40% entre 2010 et 2011, pour s’établir à presque 1,1 milliard à la fin de l’année 2011, soit un taux de pénétration mondial de 16%, contre 12,6% en 2010.
On compte donc aujourd’hui presque deux fois plus d’abonnements au large bande mobile qu’au large bande fixe. Pour ce qui est de l’adoption du large bande, l’Europe conserve sa place en tête du classement, devant la région Amériques. La croissance à deux chiffres du taux de pénétration du large bande mobile devrait se poursuivre au cours des prochaines années, sous l’effet du développement des services de l’Internet mobile. Le large bande mobile est toujours le service TIC qui affiche le rythme de croissance le plus soutenu. Entre 2010 et 2011, la croissance s’est poursuivie à un taux élevé – 40% à l’échelle mondiale, 23% dans les pays développés et 78% dans les pays en développement.
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Contrairement au taux de pénétration du cellulaire mobile, le taux de pénétration du large bande mobile n’a pas encore atteint son point de saturation et la hausse à deux chiffres devrait se poursuivre au cours des prochaines années. L’apparition des services d’Internet mobile (à pré- et postpaiement) qui permettent à un grand nombre d’utilisateurs ayant un accès limité aux services large bande fixes de se connecter à l’Internet a été pour beaucoup dans l’explosion du nombre d’abonnements au large bande mobile dans les pays en développement.

Une goutte d’eau…
Fin 2011, il y avait 2,3 milliards d’internautes sur la planète (une personne sur trois). Le développement des services large bande à travers le monde a entraîné une augmentation de 11% du nombre d’internautes dans le monde au cours de l’année dernière. Ainsi, fin 2011, 2,3 milliards de personnes étaient connectées, soit plus d’un tiers de la population mondiale. La croissance du nombre d’internautes a été plus importante dans les pays en développement (16%) que dans les pays développés (5%). Ces chiffres reflètent les écarts importants observés, fin 2011, entre les taux de pénétration de l’Internet dans les pays développés (70%) et dans les pays en développement (24%). La part des pays en développement dans le nombre total d’internautes à travers le monde est passée de 44% en 2006 à 62% en 2011. Aujourd’hui, la Chine concentre 23% des internautes de la planète et 37% des internautes des pays en développement. De plus en plus de personnes ont accès à l’Internet depuis leur domicile. Entre 2010 et 2011, le pourcentage de foyers équipés d’une connexion Internet a augmenté de 14%. Fin 2011, un tiers (600 millions) des 1,8 milliard de foyers recensés dans le monde disposaient d’un accès à l’Internet. En Algérie, ils sont 2,8 foyers sur 100 à disposer d’une connexion à Internet. Autre point ; dans les pays en développement, les abonnements au large bande offrent souvent un débit inférieur à 2 Mbit/s. Alors que dans la plupart des pays développés, il serait difficile d’imaginer la vie quotidienne sans Internet, les deux tiers de la population mondiale et plus des trois quarts des habitants des pays en développement ne sont toujours pas connectés, et lorsqu’ils le sont, ils n’ont généralement pas accès à des services Internet haut débit de bonne qualité. Si, dans de nombreux pays développés à revenus élevés, la majorité des abonnements au large bande fixe (filaire) offrent un accès Internet à très haut débit (plus de 10 Mbit/s), dans les pays en développement, le débit offert par de nombreux abonnements est inférieur à 2 Mbit/s, ce qui limite de fait le type et la qualité des applications et des services Internet pour les utilisateurs. Il convient également de souligner que même si la technologie large bande mobile contribue à accroître la couverture et offre la mobilité, les réseaux et services mobiles actuellement en place ne permettent généralement qu’un accès aux données limité, à des débits inférieurs. Par conséquent, les abonnements au large bande mobile se révèlent souvent inadaptés pour les utilisateurs intensifs d’Internet tels que les entreprises et les institutions. Un accès large bande haut débit et fiable est indispensable pour la fourniture des services publics essentiels tels que ceux liés à l’éducation, à la santé et au gouvernement. Le potentiel et les avantages qu’offrent les services large bande mobiles sont donc limités lorsque ces services sont utilisés en remplacement plutôt qu’en complément de l’accès large bande fixe (filaire).
 
L’Algérie perd une place
Dans cet indice ; l’Algérie perd une place en se positionnant à la 104e place alors qu’en 2010 elle était en 103e position. Il faut savoir que l’Indice de développement des TIC (IDI) est une valeur repère (présentée sur une échelle de 0 à 10) composée de 11 indicateurs. Il a pour objectif de suivre les progrès accomplis en matière de développement des TIC, tant dans les pays développés que dans les pays en développement, et de mesurer l’évolution de la fracture numérique au niveau mondial. L’indice IDI est divisé en trois sous-indices – accès, utilisation et compétences – chacun d’eux reflétant différents aspects et composantes du processus de développement des TIC. Le présent rapport compare les résultats obtenus pour l’indice IDI dans 155 pays, en 2010 et en 2011. Les pays occupant les trente premières places au classement IDI sont tous des pays à revenus élevés, ce qui met en évidence la corrélation étroite entre revenus et indice IDI. On observe des disparités importantes entre pays développés et pays en développement, les valeurs de l’indice étant en moyenne deux fois plus élevées dans les premiers que dans les seconds. L’écart le plus important se situe au niveau du sous-indice utilisation, celui des pays développés étant plus de trois fois supérieur à celui des pays en développement. En outre, le groupe des pays en développement est devenu plus hétérogène puisque la fourchette des valeurs IDI (c’est-à-dire l’écart entre la valeur la plus élevée et la valeur la plus faible) et le coefficient de variation de ces pays ont progressé, traduisant une accentuation des différences de niveaux de développement des TIC au sein de ce groupe. La situation est inverse pour les pays développés qui affichent un niveau de développement des TIC de plus en plus homogène. Parallèlement, ce sont les pays en développement qui enregistrent les taux de croissance les plus élevés non seulement pour l’indice IDI général, mais également pour les sous-indices accès et utilisation. Le sous-indice utilisation, en particulier, a grimpé de 20% entre 2010 et 2011 dans les pays en développement, contre 10% dans les pays développés. Toutefois, les prix demeurent trop élevés dans de nombreux pays en développement à faible revenu, en particulier dans les pays les moins avancés. Les services TIC sont dans l’ensemble relativement accessibles dans les pays où le revenu national brut (RNB) par habitant est plus élevé, tandis que les pays occupant les quinze dernières places en termes d’IPB pour l’année 2011 sont tous des PMA (à l’exception du Zimbabwe). Dans le même temps, la baisse des prix est aujourd’hui plus forte dans les pays en développement. Moins d’un tiers des pays situés aux 50 premières places du classement IPB de 2011 ont vu leur valeur d’IPB évoluer par rapport à l’année précédente et, dans la plupart des cas, il s’agit de changements mineurs. Les changements les plus importants concernant la valeur du panier IPB sont intervenus dans des pays où les prix sont encore relativement élevés. Dans la mesure où les pays les moins bien classés en termes d’IPB enregistrent des changements plus prononcés que les pays les mieux classés, on peut penser que les pays où les prix des TIC sont déjà relativement bas ont moins de marge de manœuvre pour continuer à les faire baisser, alors qu’il est possible d’en faire davantage dans les pays où les prix sont encore relativement élevés. Si le prix des services TIC a baissé dans toutes les régions du monde entre 2008 et 2011, de profondes disparités subsistent en termes d’accessibilité économique. Les prix restent particulièrement élevés en Afrique, où la valeur du panier IPB était de 31,4 en 2011, contre 8,8 dans la région Asie-Pacifique, 8,0 dans les Etats arabes et 5,5 dans la région Amériques. La CEI et l’Europe, où les valeurs du panier IPB sont descendues respectivement à 2,9 et 1,5 au cours de l’année 2011, sont les régions du monde où les services TIC sont les plus accessibles. Si l’accessibilité économique des services TIC a augmenté chaque année dans toutes les régions depuis 2008, la baisse des prix la plus significative a eu lieu entre 2008 et 2009, période au cours de laquelle toutes les régions ont enregistré une baisse à deux chiffres. Plus récemment, entre 2010 et 2011, les prix ont baissé beaucoup moins rapidement dans toutes les régions.

Redynamiser l’écosystème avec le « large bande »
En parallèle, la baisse à deux chiffres des prix du mobile cellulaire continue dans les pays en développement. Les prix du mobile cellulaire ont considérablement diminué au cours des dernières années. Alors qu’entre 2008 et 2009, c’est dans les pays en développement que les prix du mobile cellulaire ont le plus fortement chuté, on n’y a observé que peu ou pas de variations entre 2010 et 2011.
Cette stagnation résulte du haut niveau de libéralisation et de concurrence dans les économies des pays développés où, en 2011, les prix s’étaient stabilisés à un niveau relativement bas. Dans le même temps, la baisse à deux chiffres des prix du mobile cellulaire continue dans les pays en développement.
En 2008, les prix du mobile cellulaire étaient déjà relativement abordables en Europe, dans la région Amériques et dans la région Asie-Pacifique.
En 2011, les valeurs du sous-panier mobile cellulaire avaient encore diminué dans ces trois régions, où elles représentaient respectivement 1,8%, 4,5% et 3,9% du RNB par habitant. Dans la CEI, le sous-panier mobile cellulaire est passé de 13,9% du RNB par habitant en 2008 à moins de 5% en 2011. Les Etats arabes ont eux aussi enregistré une baisse régulière des prix des services cellulaires mobiles, bien que ceux-ci aient encore été supérieurs à 5% du RNB par habitant en 2011. L’Afrique a connu une forte baisse des prix, le sous-panier cellulaire mobile passant de 32,4% du RNB par habitant en 2008 à 19,6% en 2011.
Bien que les dix pays les mieux classés, c’est-à-dire ceux dont les sous-paniers mobile cellulaire sont les plus accessibles, soient tous des économies à revenus élevés, le cellulaire mobile est le sous-panier pour lequel la différence en termes d’accessibilité entre pays développés et pays en développement est la moins prononcée. Solutions ? Le renouvellement des investissements est indispensable afin de pourvoir aux besoins des services TIC évolués, notamment du large bande Les progrès accomplis ces dernières années pour ce qui est de l’adoption des TIC n’auraient pas été possibles sans des investissements de grande ampleur dans les réseaux de télécommunication. Cependant, des investissements supplémentaires sont aujourd’hui nécessaires aussi bien pour améliorer les services existants que pour les rendre accessibles à un public plus large.
Le suivi des investissements dans les télécommunications constitue donc un aspect essentiel de la tâche des décideurs. Etant donné que le secteur des télécommunications repose sur l’usage intensif des infrastructures, son fonctionnement requiert des mises de fonds importantes sur le long terme, et les bénéfices retirés de ces investissements mettent du temps à se concrétiser et s’étalent sur plusieurs années.
Dans un environnement de plus en plus concurrentiel où la technologie évolue très rapidement, le renouvellement des investissements est indispensable pour pourvoir aux besoins des services TIC évolués, tels que les applications gourmandes en bande passante et les services issus de la convergence, et ce aussi bien dans le cas des services large bande fixes que mobiles.

Une fracture numérique d’un nouveau genre
Cependant, la fracture numérique est plus grande en termes de capacité souscrite qu’en termes d’abonnements. Que l’on s’intéresse à son ampleur ou à son évolution, elle n’est pas la même selon qu’on la mesure en kbit/s par habitant ou en se basant sur le nombre d’abonnements. Si la répartition des abonnements à des services de télécommunication présente, dans l’ensemble, davantage d’uniformité par rapport à la population, la répartition de la capacité de télécommunication souscrite, en revanche, reflète les inégalités de revenu. Le rapport montre que les différences entre les pays développés et les pays en développement sont plus grandes en termes de capacité souscrite qu’en termes d’adhésion aux services TIC (c’est-à-dire en termes de nombre d’abonnements) et que, au cours des dix dernières années, l’écart entre ces pays est devenu plus important en termes de capacité qu’en termes d’abonnements. Par exemple, en 2010, les pays développés avaient atteint une capacité souscrite de 3 190 kbit/s par habitant pour les réseaux fixes (compte tenu à la fois de la voix et des données), contre seulement 260 kbit/s par habitant dans les pays en développement (soit un rapport de 1 à 12). En comparaison, l’écart en termes d’abonnements aux réseaux fixes semble s’être stabilisé à un rapport de 1 à 4,5.
Il est donc important, dans ce contexte, d’envisager la mise en place de politiques tenant compte de la dimension capacitaire de la fracture numérique, par exemple dans le cadre des plans nationaux en matière de large bande. Cela voudrait-il dire que le secrétaire général de l’UIT, Hamadoun Touré, a eu du mal à éviter cette fracture numérique ? C’était l’une de ses priorités lors du renouvellement de son mandat où il affirmait dans les colonnes d’IT Mag (numéro 201) : « Evidemment je mets un accent sur les pays enclavés [?] et j’accorde également une importance particulière aux possibilités propres qu’ont les pays en développement avec ou sans littoral de pouvoir connecter leurs populations. Je me suis engagé à travailler pour empêcher l’apparition d’une nouvelle fracture numérique. Celle que nous connaissons est liée à la téléphonie, celle qui se profile a trait au haut débit, il faut l’éviter [?]», disait-il.

Source : Rapport analytique
« Mesurer la société de l’information 2012 » – UIT

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Écrit par itmag2003

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