L'Entretien
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Samy Fodil, fondateur de «Slash Sensei » aux États-Unis: «En Algérie, certains points rendent très difficile l’implémentation d’idées nouvelles dans le domaine des TICs»

On nous parle souvent d’Algérien qui va çà et l’autre bout du monde et qui réussit. Généralement, on ne le sait qu’après sa réussite. Nous avons voulu suivre un ingénieur en informatique, entrepreneur dans l’âme,  qui a créé une entreprise en Algérie mais il a trouvé «qu’il était à l’étroit»  même ce qu’il a développé […]

On nous parle souvent d’Algérien qui va çà et l’autre bout du monde et qui réussit. Généralement, on ne le sait qu’après sa réussite. Nous avons voulu suivre un ingénieur en informatique, entrepreneur dans l’âme,  qui a créé une entreprise en Algérie mais il a trouvé «qu’il était à l’étroit»  même ce qu’il a développé en Algérie est très pointu et de renommée mondiale.
Il a voulu aller plus loin dans ses idées dans son désir de «conquérir le monde». Nous avons appris qu’il était dans un accélérateur de startup, l’un des meilleurs aux Etats-Unis et nous avons voulu en savoir plus. Écoutons-le…

IT Mag: Nous avons appris que vous êtes accepté dans le #1 mondial des accélérateurs de startup «Techstars». Pourriez-vous nous donner un peu plus d’explication.
Samy Fodil: En premier lieu, je tiens à  présenter l’accélérateur. Techstars est un accélérateur de startups à l’échelle mondiale. A la différence de la plupart des autres accélérateurs Techstars ce qui le différencie est  que dans les accélérateurs, les idées sont abondantes mais l’exécution est rare. Et pour cela, Techstar base son processus de sélection sur les fondateurs et non sur l’idée ou l’entreprise. De plus, moins de 1% des postulants sont acceptés et moins de 9% des startups acceptées dans le programme échoué. Techstar se compose de plusieurs programmes et dispose d’un fonds d’investissement de 2,04 milliards de dollars.
Pour en revenir à moi. Il y a de cela quelques mois, j’ai postulé au programme Techstars Cloud 2016, qui se déroule depuis deux ans à San Antonio (Texas- Etats-Unis).  En général, chaque programme reçoit environ 8 000 candidatures. Apres un premier tri, 1000 d’entre elles seront triées et étudiées. De cette étude sortira une quarantaine de startups. Ensuite, devant un jury composé d’investisseurs, d’entrepreneurs de renom et de directeurs d’autres programmes lies à Techstars, les startups auront 10 minutes pour pitcher et pour présenter les fondateurs et leurs projets. Apres de longues délibérations seulement 10 à 11 startups seront acceptés dans le programme. On part de 8.000 et on abouti à une dizaine. Pour les fondateurs, ceci implique qu’ils font maintenant partie de l’élite des entrepreneurs IT au niveau mondial, reconnus par leurs aïeux ainsi que par les investisseurs. En un mot, c’est comparable à un Prix Nobel pour les entrepreneurs IT. Sans oublier qu’ils font partie d’un réseau professionnel mondial. A titre d’exemple, DigitalOcean et SendGrid sont des entreprises ayant été acceptées dans Techstars auparavant.

Donc c’est trés difficile d’être accepté dans Techstar
Ce que je peux vous dire c’est qu’il a été très facile pour moi de les approcher et d’avoir le maximum d’informations. En faisant partie de Techstar, J’ai pu avoir accès et parlé au CEO, CTO et CMO de SendGrid, à des dirigeants de chez Google et Microsoft, ainsi qu’aux fondateurs et CTO de Rackspace et avec un grand nombre de personnes inaccessibles sans Techstars. De plus, faire partie de Techstars est à vie.
Nous avons d’autres avantages comme celui d’avoir un accès à des fonds d’investissement de centaine de millions de dollars. Mais il n’y a pas que cela ! Je peux avoir des meetings réguliers facilitant encore plus le networking.
Ce qui normal. Un incubateur doit vous permettre de faire du networking mais aussi de mieux ficeler votre projet. Y a-t-il des formations normales ou spécifiques ?
Oui dans le cadre des startup. Techstars fournit la meilleure formation possible pour les fondateurs, un accès à un réseau important de mentors, des  Perks (Hébergement, Serveurs dédiés, …) de plus d’un million de dollars.
Et pour les meilleurs un  investissement de 118.000 dollars dans un premier temps et la possibilité d’une valorisation de l’entreprise à créer démarrant à 3 millions de dollars.

Avant de partir aux Etats-Unis, vous aviez une entreprise en Algérie. Que devient elle ?
EVKEE à changer de nom et de vocation. D’une plateforme de virtualisation, elle est devenue une plateforme de formation en ligne qui utilise la virtualisation. Elle à aussi changer de nom pour devenir «slashsensei».
D’un autre côté, une startup devient plus forte avec plusieurs fondateurs. Ce qui fait que j’ai recruté un co-fondateur nommé «Carlos» à un certain point mais ceci n’a pas marché. Quelques semaines avant  les Techstars j’ai recruter un autre co-fondateur «Erik», 20 ans d’expérience comme commercial avec une quelques années dans un domaine similaire au mien. C’est un coup de chance. Il s’occupe de tous ce qui est marketing et commercial.
Techstar vous aide à démarer votre entreprise mais tout cela a un prix. Que demande Techstar aux startup ?
En échange des 118.000 dollars, du coaching et de la formation, Techstars prend entre 6 et 10% de l’entreprise.
Vous nous dites qu’à la sortie de Techstar une entreprise est valorisé à 3 million de dollars. Est-ce le cas pour votre entreprise ?
Toutes les entreprises faisant partie de Techstars sont valorisées à un minimum de 3 million de dollars. Je parle ici de «Pre-Money Valuation». Les entreprises ayant fait du fundraising avant le programme seront valorisées à plus de 3 million de dollars.  Nous n’avons pas encore commencé le fundraising pour ma startup, mais il est fort probable que la valorisation sera de 3 millions de dollars.
Vous vous concentrer sur les applications de elearning. Est-ce que vous considérez que c’est un meilleur marché
Le marche du E-leaning a été évalué a plus de 200 Milliard de dollars et est en constante croissance. Cependant seulement 50 Milliards constitue le Eleaning pour les Technologies de l’Information.
Un grand nombre de plateform de Eleaning reposent sur un support vidéo pour véhiculer leurs cours. Bien que ceci soit efficace pour bien d’autres domaine, cette méthode se révèlent inefficace pour les Technologies de l’Information. Aussi, pour les dirigeants et responsable formation, aucune donnée sur le progrès des stagiaire n’est donnés. Afin de résoudre le premier problème, un certain nombre d’entreprise ont commencé a utiliser des machines virtuelles pour simuler des cas réel sur lesquelles le stagiaire apprend. J’ai utilisé ma connaissance dans le domaine de la virtualisation, de l’intelligence artificielle et mon expérience dans la formation IT pour crée un nouveau concept d’entreprise, totalement révolutionnaire.
Une plateforme sur laquelle des stagiaires apprennent en pratiquant sur des systèmes réelles. Guidée par une Intelligence Artificielle qui corrige leurs erreurs en temps réel ce qui fait que l’assimilation se fait de manière naturelle.  D’un autre côte, l’intelligence artificielles valide le progrès du stagiaire et collecte un nombre important de donnée qui seront ensuite, traité par le biais d’un composant BI (Bussiness Intelligence) pour donner une tableau de bord du stagiaire (Dashboard). Ce dernier permettra aux managers et responsables de formation de suivre en temps réel le progrès des apprenants.

Ma question va vous surprendre. Pourquoi allez vers les Etats-Unis pour créer une entreprise alors qu’il est plus simple de la créer en Algérie.
Nous aimons tous notre pays mais certain points rendent très difficile l’implémentation d’idées nouvelles dans le domaine des TICs. La taille du marché est insignifiante. Elle repose essentiellement sur les entreprises nationales (ayant un cycle de vente très long voir inadéquat – Appel d’offres, consultations … -) qui a leurs tours dépendent du cours du pétrole. Ce  qui rend la planification financière pratiquement impossible.  Les méthodes de paiement enligne sont inexistantes.  L’hébergement de serveurs est très couteux et la qualité ainsi que la vitesse de connexion sont au dessous des normes.  Il y a un manque énorme au niveau des talents. Je fais référence ici aux talents recrutables par une startup. Il n’y a aucune structure qui supporte le fundraising. J’ajouterai qu’en plus du fait que la création d’une entreprise aux USA est plus rapide et moins couteux tout en vous disant que la création est une partie insignifiante de la vie d’une startup.

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Written by itmag2003

There are 2 comments

  • Bonjour , un bon article , merci 🙂 .

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