L'Entretien
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Samy Fodil, fondateur et dirigeant d’Inode: « Je veux attaquer le marché américain »

IT Mag : Voulez-vous nous parler d’Inode? Samy Fodil : Inode a été fondée par moi-même en septembre 2010 avec pour objectif de développer un peu l’Open Source en Algérie, surtout à partir de systèmes Linux, dans les solutions de messagerie ou de solutions Web. J’imagine qu’il doit déjà exister des gens qui ont développé des forks […]

IT Mag : Voulez-vous nous parler d’Inode?
Samy FodilSamy Fodil : Inode a été fondée par moi-même en septembre 2010 avec pour objectif de développer un peu l’Open Source en Algérie, surtout à partir de systèmes Linux, dans les solutions de messagerie ou de solutions Web. J’imagine qu’il doit déjà exister des gens qui ont développé des forks à base d’Open Source, généralement dans les CRM ou les ERP, mais ce n’était pas aussi évolué que ça. Du moins c’est ce que je retiens de mon expérience en tant que consultant dans ce domaine. Maintenant, je suis à la tête d’une équipe de 5 personnes et ça se développe très bien. Bien que j’assure moi-même une partie de l’aspect technique en matière de développement, je compte très vite recruter surtout dans la perspective de soutenir davantage toute demande autour d’Evkee.

Une entreprise que vous avez créée à travers un organisme de promotion ou de financement ou sur fonds propres ?
En fait, c’est sur fonds propres. Je voulais concrétiser mon idée le plus vite possible. Je me suis effectivement rapproché de l’ANSEJ mais la procédure était trop lente à mon goût et puis pour quelqu’un qui faisait du service informatique, ça ne représentait pratiquement aucun avantage. C’est bien peut-être pour quelqu’un qui veut créer une usine ou investir dans le transport, domaines où il a besoin d’équipements. Cependant, quand on fait du service, on a besoin d’un fonds de roulement et ce n’est pas dans les attributions de l’ANSEJ de fournir ce genre de fonds.

Vous avez consacré un séminaire à la présentation d’Evkee. Voulez-vous nous en dire plus quant à cette solution
Evkee est un projet que j’ai commencé à développer il y a assez longtemps. J’y ai travaillé il y a un peu plus de 3 ans mais depuis une année, j’ai repris son développement à zéro dans nouvel objectif et avec des concepts plus nouveaux. Pour le moment, je l’ai orienté sur la virtualisation, car on ne peut pas créer plein d’apliances en même temps, cela demande trop de travail. A fur et à mesure que les équipes s’étoffent, d’autres appliances viendront s’y imbriquer. Le projet a très bien avancé et est arrivé à maturité de telle sorte à ce qu’on l’utilise déjà à notre niveau pour les formations où on utilise des machines virtuelles. J’ai eu également l’opportunité de le présenter à Los Angeles au niveau d’un événement qui s’appelle Scale 11x, où j’ai rencontré des gens intéressants de CloudStak, d’Eucalyptus et j’ai eu de bons échos par rapport à Evkee. Et j’espère pouvoir le présenter au prochain festival Linux, qui aura lieu à Austin, au Texas, fin avril.

Vous avez parlé d’un partenaire américain?
A vrai dire, Evkee Inc. est une entreprise que j’ai créée aux Etats-Unis il y a 6 mois. J’ai créé cette entreprise dans la perspective d’adresser le marché mondial de la virtualisation et j’ai considéré qu’il aurait été très difficile de le faire à partir d’ici. L’autre raison, c’est pour attaquer le marché américain, assez énorme et où j’ai déjà ciblé quelques entreprises qui, éventuellement, pourraient être intéressées par Evkee. Et pour le faire, il faut savoir que les Américains n’aiment pas traiter avec des étrangers, ce qui les intéresse, c’est de travailler avec les entreprises américaines. Donc ceci en ce qui concerne Evkee Inc. Inode, pour sa part, se chargera du marché algérien. Il y aussi un autre aspect lié au système bancaire algérien qui est bloquant. C’est très difficile à une entreprise à l’étranger d’acheter à partir d’Algérie alors qu’il lui est plus facile d’acheter depuis l’étranger. Plus que cela, vu qu’Evkee est une solution Open Source, ce qu’on aura à vendre, c’est du support. Un support qui doit être disponible 24h/24 et des gens qui parlent anglais. Forcément je serai appelé à recruter aux Etats-Unis.

Ce n’est pas compliqué de créer deux entreprises, l’une en Algérie et l’autre aux Etats-Unis ?
Ce n’est pas vraiment compliqué de créer une entreprise aux Etats-Unis. Les Américains sont très ouverts. Tant que vous payez vos impôts, ce n’est plus sorcier après. Certes il existe quelques démarches qu’il faut faire là-bas mais il y en a beaucoup d’autres que vous pouvez faire à distance. Mais globalement, ce ne sont pas des gens qui bloquent vu que vous apportez peut-être un éventuel marché.

Et si vous deviez faire une comparaison…
En fait, en Algérie et pour un Algérien, il est très facile de créer une entreprise. Le registre du commerce, c’est maximum une semaine puis il y a d’autres formalités nécessaires mais sans plus. En revanche, pour un étranger, cela pourrait lui paraître difficile car ils doivent avoir un partenaire algérien.

Revenons-en à Evkee, comment vos interlocuteurs ou les utilisateurs l’ont-ils accueilli ?
Nous avons beaucoup parlé d’Evkee et nous continuerons à le faire à travers des séminaires de présentation ou des rencontres avec ceux que ça intéresserait. Nous envisageons également de faire des démos, soit ici même au niveau d’Inode, ou lors d’autres manifestations Généralement, les gens qui utilisent la virtualisation connaissent VMware, leader mondial et dont les solutions sont très répandues. Nous en avons trouvé d’autres qui utilisent Proxmox. Cette dernière solution, construite autour d’une architecture Open Source, a ses désavantages bien qu’elle soit beaucoup moins chère que du VMware. Parmi ses désavantages, un Snapshot très long; une migration très rigide. Et sur ce point, Evkee sort du lot. De un parce qu’il fait des Snapshot en un temps record de quelques secondes car nous utilisons des fonctionnalités de Snapshot du noyau Linux, à travers le Device Mapper, et de deux les opérations de migration sont très flexibles. Cependant, il existe des problématiques que les gens ici en Algérie apprécieront mieux. En Algérie, un client va se dire qu’Evkee est beaucoup moins cher, par rapport aux performances et même par rapport au benchmark, vu qu’il utilise KVM, il est meilleur que VMware. D’autant plus que généralement, la taille des Data-Centers est encore petite.

Et vous êtes fin prêt à vendre la solution aussi bien ici que sur le marché américain ou ailleurs ?
Oui bien sûr. Nous sommes prêts à vendre le produit, du moins le support qui est lié à la solution étant donné que son coût d’acquisition est nul vu que c’est de l’Open Source. Je pense que les utilisateurs comprendront vraiment ce qu’est Evkee en le téléchargeant et en le testant. D’ailleurs, nous allons le mettre en ligne très prochainement, d’ici 10 à 15 jours, et à ce moment les gens pourront le télécharger et l’essayer. Certains vont l’apprécier, d’autres non. Certains vont nous faire des remarques pour corriger des éléments, c’est ainsi que ça fonctionne dans l’Open Source.
Quel serait selon vous le positionnement de l’Open Source en Algérie ?
En reposant sur nos interventions, en Algérie, il y a à peu près 60% de gens, dans les entreprises, les ministères, les organismes publics, qui utilisent de l’Open Source. D’autres sont carrément contre et ne veulent même pas en entendre parler.

Pourquoi sont-ils contre ?
Sans doute parce que ces gens-là ont eu de mauvaises surprises lorsqu’ils ont voulu s’essayer à l’Open Source. En Europe par exemple, l’Open Source en entreprise a très bien réussi car il y avait derrière des prestataires qui maîtrisaient parfaitement le support. Quand vous intégrez un produit en Open Source, il faut le maîtriser. Ensuite, il faut parfaitement le supporter car le client, en général, ne pourra pas le maintenir tout seul. Certes lorsque vous faites une très bonne solution, elle tombe très rarement en panne, mais il faut être là pour suivre le client. Ce qui n’est pas toujours le cas en Algérie.

Qu’est-ce qui pourrait caractériser ce même marché ?
Le problème majeur, c’est qu’il y a beaucoup qui prétendent faire de l’Open Source mais qui ne le font pas très bien. Ce qui donne une mauvaise image au domaine de l’Open Source et ça finit par devenir rebutant. Il y a beaucoup d’ingénieurs aujourd’hui qui travaillent dans des entreprises privées ou publiques qui sont pour l’Open Source ; ils téléchargent la solution qu’ils veulent, ils la testent et ont accès à une base de connaissance pour la faire fonctionner, leur évitant même d’aller vers des procédures d’achat ou de rédaction d’avis d’appel d’offres. Néanmoins, il n’existe pas beaucoup d’acteurs de l’Open Source qui offrent un support de niveau entreprise répondant aux besoins de résoudre dans des temps acceptables des problèmes non résolus par la communauté ou à travers des how-tos.

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Written by itmag2003

There are 2 comments

  • les entreprises qui rechignent à adopter l’open source n’ont sans doute pas les bons éléments pour une parfaite maîtrise de cette plateforme, ça réussit à tout le monde, pourquoi pas à eux?

  • Adel dit :

    Samy je te félicite pour tous ce que tu fais, toujours aussi déterminé et ambitieux, mais je t’en prie fais nous un petit sourie, tu est trop sérieux la !!! c’est pour faire peur le marché américain ?!!

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