Geek-Week
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Simples spectateurs des TIC !

L’Algérie est-elle prédisposée à être contre toute évolution technologique ? Est-il écrit quelque part sur une tablette que nous allons « avancer en arrière », expression bien connue des agents du transporteur public Etusa pour demander aux citoyens de ne pas trop encombrer la montée du bus ? On serait tenter de le croire au regard de l’évolution en dents […]

geekweekL’Algérie est-elle prédisposée à être contre toute évolution technologique ? Est-il écrit quelque part sur une tablette que nous allons « avancer en arrière », expression bien connue des agents du transporteur public Etusa pour demander aux citoyens de ne pas trop encombrer la montée du bus ? On serait tenter de le croire au regard de l’évolution en dents de scie de ce secteur. Les projets lancés en grande pompe restent en majorité au milieu du gué. Mohamed avait 10 ans quand son père lui a annoncé qu’il aura son propre PC via Ousratic. Aujourd’hui, il en a le double et il entend toujours que cette opération sera relancée incessamment sous une forme ou une autre. On dirait qu’on va lancer une fusée…Mais lui, il n’a pas attendu la concrétisation de cette opération pour acquérir un ordinateur. Aujourd’hui, il s’est payé même un smartphone, non pas pour faire dans les apparences mais pour l’utiliser dans le cadre de son travail. Un autre citoyen est émerveillé quand il écoute les discours sur la monétique et le retrait des sommes d’argents par le distributeur automatique pour éviter les chaînes interminables. Il habite Oran et figurez vous que le distributeur automatique est inaccessible aux clients de la poste du côté du centre régional des chèques postaux parce que ce dernier se trouve derrière une porte cadenassée ! D’autres sont carrément en panne et quand on demande aux receveurs qui se font presque suplier pour recevoir, la cause de ces dysfonctionnements, ce n’est jamais la faute à Algérie Poste. C’est la faute aux billets de 200 DA skotchés ou abîmés. C’est la faute au citoyens qui demande une trop grosse somme, c’est la faute aux Algériens qui se ruent tous ensemble en même temps sur la machine comme s’ils se sont donnés le mot…La technologie semble nous fuir partout. Tenez, l’autre jour en prenant le métro, on a voulu acheter le billet par le distributeur. Surprise : il est hors service ! Et on est repassé 15 jours après, il est toujours dans le même état. Alors, on est obligé d’aller acheter ce billet au guichet, ou un agent se fait un plaisir de nous « dépanner ». Retour au bon vieux procédé d’achat alors que sous d’autres cieux, on a dépassé ce stade archaïque. Le billet de train par exemple est enregistré dans un téléphone sous forme de code-barres. Les applications mobiles facilitent la vie aux citoyens. Plus pratique encore : la possibilité d’accéder directement à une séance de cinéma sans passer par les caisses en commandant votre E-billets sur un site ou une application mobile. Chez nous, le ministère de la culture n’a pas besoin d’aller jusque-là car les salles de cinéma sont en voie de disparition. Vive les DVD piratés !Chez nous, la mobilité est anecdotique. On utilise les SMS pour faire des campagnes de don de sang, de lutte contre les feux de forêts et de prévention routière. Les daïras les utilisent pour annoncer que le passeport biométrique est prêt et que le citoyen peut se présenter pour le retirer. Ce n’est pas une révolution mais une simple évolution. Les technologies ne sont en fait utilisées qu’à 30 % de leur capacité. Le e-commerce reste un terrain à défricher en Algérie, compte tenu du faible taux de possession de cartes de crédits et des pratiques commerciales locales basées sur la proximité. Pour donner l’illusion de cette technologie, des opérateurs optent pour de nombreuses solutions alternatives à la carte de crédit, comme le paiement off-line qui consiste à payer à la livraison ou encore des cartes prépayées. Seul moyen de tenter de le faire exister. Mais ironise un ami à moi, «comment peut-on espérer que le e-commerce prospère alors que le taux de pénétration d’Internet est faible par rapport à l’ensemble de la population ?». Et ce n’est pas en multipliant les cybercafés que nous allons résoudre le problème. La graine des TIC semble être tombée dans une terre qui ne produit pas grand-chose. A notre dépendance alimentaire s’ajoute notre dépendance technologique. Avec un discours élogieux sur notre histoire, on se demande si un jour, nos dirigeants vont réellement monter au front pour gagner l’autre révolution, celle du multimédia et du digitale qui est une réalité dans de nombreux pays. Resterons nous spectateurs sur le banc de touche alors que des nations marquent des buts et se hissent sur les plus hautes marches du podium…

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Written by itmag2003

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