L'Essentiel
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Tour du monde des plans nationaux « haut et très haut débit » selon les standards d’Akamai

Dans ce tour d’horizon des plans nationaux de déploiement et de généralisation des accès haut et très haut débit, tous les acteurs sont associés et aucun n’est laissé en marge de la réalisation des objectifs assignés. Akamai Technologies, société américaine spécialisée dans la mise en cache de contenu Web pour les tiers, a mis à […]

Dans ce tour d’horizon des plans nationaux de déploiement et de généralisation des accès haut et très haut débit, tous les acteurs sont associés et aucun n’est laissé en marge de la réalisation des objectifs assignés.

Akamai Technologies, société américaine spécialisée dans la mise en cache de contenu Web pour les tiers, a mis à profit les flux incessants de données qui transitent sur ses serveurs de par le monde, au nombre d’un peu de 100 000, afin d’éditer un rapport sur l’utilisation de la bande passante et l’évolution de celle-ci d’ici à quelques années. Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut savoir que les contenus web stockés en cache sont distribués à l’identique sur chacun de ses réseaux et chacune des requêtes provenant des clients (Facebook, Apple, Microsoft…) d’Akamai, donc de ses réseaux, sont alors redirigées non vers la source originale mais vers la copie « locale » la plus proche.
Ceci pour l’aspect technique. Pour en revenir aux rapports que l’entreprise édite à fréquence semestrielle, ceux-ci sont construits à partir de la surveillance et de l’analyse du comportement des flux qui transitent sur ses machines. Cela va du débit de connexion au taux d’utilisation de la bande passante et, vu que l’entreprise a déployé ses serveurs sur 75 pays, les données collectées et traitées englobent tous les Etats du monde.

L’un de ces documents justement concerne la bande passante et la pénétration du « haut débit » ainsi que le « très haut débit » et leur évolution à travers les politiques et les plans nationaux engagés par les Etats. Des programmes assujettis à des échéances qui vont de 2015 à 2020. Inutile de faire durer le suspense plus longtemps, l’Algérie n’y figure pas. Toutefois, il serait intéressant de pouvoir se faire une idée sur l’effort national consenti par la majorité des pays du globe afin de connecter le plus de population possible. Et pour certains, de constitutionnaliser le droit d’accès à Internet. Selon l’auteur du rapport « Broadband Target Around the World », David Belson, directeur d’analyse chez Akamai, la première démarche a consisté à trouver la définition la plus appropriée de ce qu’est le « haut débit » ou le « très haut débit ». « De 2008 à 2011, le très haut débit a été défini comme des connexions à Akamai à une vitesse de 5 Mbps ou plus », décrit-il. « A partir de 2012, nous la définissons comme des connexions à des vitesses de 10 Mbps ou plus. » En 2012, pratiquement chaque pays a élaboré un plan national dit de « large bande », que ce soit sur initiative strictement locale, ou en reposant sur les recommandations de l’Union internationale des télécommunications (ITU) dans le domaine et avec la collaboration de l’organisation onusienne. Globalement et en termes de vitesse moyenne de connexion, « […] à l’échelle mondiale, 125 pays ont enregistré des augmentations d’une année sur l’autre et seulement 10 pays ont vu décliner leurs vitesses de connexion.
Au premier trimestre, la vitesse moyenne de connexion au niveau mondial était de 2,6 Mb/s. Une fois encore, la Corée du Sud a enregistré la vitesse moyenne de connexion la plus rapide avec 15,7 Mb/s. Les pays/régions qui viennent compléter ce top 5 sont le Japon [10,9 Mb/s], Hong Kong [9,3 Mb/s], les Pays-Bas [8,8 Mb/s] et la Lettonie [8,8 Mb/s]. D’une année sur l’autre, la vitesse maximale moyenne de connexion à l’échelle mondiale a augmenté de 25%. A l’échelle mondiale, des augmentations de vitesses moyennes de connexion d’une année sur l’autre ont été constatées dans environ 130 des pays retenus, allant d’une progression de 3,8% au Pakistan [à 5,9 Mb/s] jusqu’au bond de 213% réalisé par la Libye [à 3,8 Mb/s]. Seuls cinq pays ont vu leurs vitesses maximales moyennes de connexion annuelles reculer, avec la Tanzanie subissant le plus fort recul, en ayant perdu 21%, à 5,1 Mb/s ». Ces données sont issues, pour leur part, de «l’Etat d’Internet dans le monde », édition 2012. Pour ce qui est des vitesses de connexion mobile, « parmi tous les opérateurs de téléphonie mobile observés, cinq avaient une vitesse moyenne de connexion supérieure à 4 Mb/s, alors que 65 opérateurs avaient une vitesse moyenne de connexion supérieure à 1 Mb/s. Seuls trois opérateurs avaient une vitesse moyenne de connexion inférieure à 500 Kb/s. En considérant les vitesses maximales de connexion des opérateurs mobiles dans le monde entier pour lesquels Akamai a analysé les données, un fournisseur à Hong Kong a offert les vitesses maximales moyennes de connexion les plus élevées à 32,2 Mb/s. Un fournisseur allemand arrive en deuxième position à 31,2 Mb/s. Dans l’ensemble, six opérateurs mobiles avaient une vitesse moyenne maximale de connexion supérieure à 20 Mb/s, deux fois plus qu’au trimestre précédent. 31 fournisseurs avaient une vitesse moyenne maximale de connexion supérieure à 10 Mb/s et tous les fournisseurs avaient une vitesse moyenne maximale de connexion supérieure à 2 Mb/s ». Tout de même !

Des débits affolants
Revenons-en maintenant aux programmes nationaux destinés à généraliser le « haut débit » et le très haut débit » de par le monde et compilés dans le « Broadband Target Around the World ». Premier pays, les Etats-Unis. Leur plan national à large bande est contenu dans l’« American Recovery and Reinvestment Act » ou plan de relance. Le Congrès américain a chargé la Federal Communications Commission (FCC) de créer un plan national à large bande et d’identifier les moyens les plus efficaces pour assurer l’accès à la connectivité large bande pour tous les Américains. Le plan contient des stratégies pour atteindre l’accessibilité et l’utilisation maximale des infrastructures et des services mais ce que l’on retient, c’est la participation de tous les secteurs, y compris les associations civiles, à l’élaboration du plan. Le plan a été publié pour la première fois en mars 2010 et s’étend jusqu’à 2020. Objectif : offrir un accès abordable à au moins 100 millions de foyers à un minimum de 100 Mo et jusqu’à une bande passante de 1 Go aux catégories dites institutionnelles (écoles, hôpitaux, universités). Au Sud du continent, l’Argentine, qui elle aussi possède son plan national pour la « large bande ».Le gouvernement argentin a élaboré, depuis 2010, un plan étalé sur cinq ans, doté d’une enveloppe initiale de 8 milliards de pesos (7 milliards de dollars), avec pour nom « Connected Argentina ». L’essentiel du financement est destiné à l’acquisition du matériel nécessaire pour étendre le haut débit à l’ensemble du territoire national et d’atteindre, d’ici à l’an 2015, une couverture de plus de 10 millions de foyers avec une connexion d’au moins 10 Mo. Toujours dans le contient sud-américain, la Colombie est l’autre pays à posséder sa vision nationale en matière de haut débit. La particularité de son plan, c’est d’investir le plus possible sur les zones rurales plutôt que les zones urbaines. Ce plan, étalé sur 10 ans et approvisionné à hauteur de 750 millions de dollars, issus d’un Fonds public-privé des communications qui gère l’exécution du plan, avec 60 pour cent des fonds destinés à la population rurale, a trois principaux objectifs à atteindre avant 2019 : 70 pour cent des Colombiens doivent avoir accès à Internet et 100 pour cent des établissements de santé et d’éducation de même que 100 pour cent des zones rurales doivent être connectés. Place à l’Afrique. Dans la liste des pays qui ont servi de modèle à l’élaboration du « Broadband Targets Around the World » d’Akamai, prenons le Ghana. Depuis 2009, le gouvernement du Ghana a signé un contrat de 150 millions de dollars avec le chinois Huawei Technologies Equipements pour la fourniture de l’infrastructure de télécommunications de pointe afin d’assurer l’accès à Internet haut débit dans tout le pays au cours des prochaines années. Il a lancé également un chantier colossal qui consiste à câbler tout son territoire pour la bagatelle de 250 millions de dollars. Autre pays, l’Ouganda. Il a mis en place depuis 2009 la stratégie nationale d’infrastructure à large bande (UBIST). Une stratégie élaborée et pris en charge par des représentants du gouvernement, le régulateur, les opérateurs, les fournisseurs de services Internet, les investisseurs ainsi que  la société civile et le monde universitaire. Le gouvernement étudie également un certain nombre de politiques pour la mise en œuvre effective de la stratégie nationale à large bande mais aucun objectif chiffré. De son côté, le Nigeria, à travers la Nigerian Communications Commission (NCC), a conclu un partenariat avec les opérateurs WiMax dans le but d’offrir un accès à large bande à tous les 36 Etats du pays grâce à l’initiative SABI. Le projet a été longtemps retardé en raison de la bureaucratie et du manque de budget mais il a été relancé avec le lancement d’un processus d’appel à manifestation d’intérêt adressé aux fournisseurs d’accès qui ont été invités à préciser la subvention minimale dont ils avaient besoin afin déployer la couverture à large bande dans tout le pays. Changement de continent encore et passons à l’Asie. Corée du Sud. Depuis 2009, la Commission coréenne des communications (KCC) a annoncé son intention de mettre à niveau le réseau national et de le porter à 1 Go. Ce plan devrait coûter 24,6 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Le gouvernement a pour objectif de mettre à niveau un total de 20 millions d’abonnés des lignes, répartis en 10 millions de lignes pour les services fixes et sans fil chacun. Le gouvernement s’attend à ce que l’industrie technologique – Samsung, LG…- contribue financièrement à ce projet mise à niveau national.
Un autre programme est en cours en Corée, il s’agit du WiBro. Son objectif est d’offrir 100 Mbit sur une plate-forme hybride qui combine toutes les générations de transmission. Il est question de porter la vitesse de connexion dans une moyenne de 60 à 100 Mbits en combinant 3G-4G et Wi-FI.

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Écrit par itmag2003

There is 1 comment

  • Pierre Ygrié dit :

    De cette masse d’infos l’une intéresse plus particulièrement le rural que je suis : le cas de la Colombie dont « la particularité est d’investir le plus possible sur les zones rurales plutôt que les zones urbaines : 60 pour cent des fonds destinés à la population rurale ! »
    Puissent les colombiens faire des émules en France où , du fin fond du Gévaudan, la « bête », entre autres, se bat pour crier haut et fort : les ruraux d’abord ! http://websdugevaudan.wordpress.com/tres-haut-debit-les-ruraux-dabord/

    En France, la révision du plan national Très Haut débit se précise
    http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis%2FLOCActu%2FArticleActualite&jid=1250264123314&cid=1250264115991D
    mais comme, simultanément, il est question d’autoriser le VDSL2 http://www.ovh.com/fr/a744.ovhcom_testera_le_vdsl2_en_octobre
    http://www.pcinpact.com/news/73409-vdsl2-comite-dexperts-donnera-avis-favorable-a-l-automne.htm
    On peut se demander si l’on va vers du TRÈS HAUT DÉBIT ou du TRÈS HAUT DÉPIT pour une large partie de la population…dont les ruraux…justement !
    http://mlebon.typepad.com/hd_rural/2012/08/vdsl2-pas-envie-de-me-prendre-le-choux-sur-ce-dossier-plus-longtemps.html

    La « bête », elle, veille 😉 http://websdugevaudan.wordpress.com/2012/08/25/tres-haut-debit-alerte-rouge/

    Le vrai très haut débit c’est…le temps où l’on ne se préoccupera plus de débit ! c’est-à-dire le temps où les réseaux seront suffisamment puissants pour absorber toutes les évolutions (exponentielles) de contenus !

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