L'Essentiel
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UIT World Telecom 2012 à Dubaï Le smartphone force la société en réseau

Comme prévu l’année dernière, l’UIT, cette année, est sortie de Genève pour son ITU World Télécom. Il s’est tenu à Dubaï du 14 au 18 octobre. Cinq jours durant lesquels presque tous les aspects de l’économie du digital ont été abordés. Hamadoun Touré, secrétaire général de l’UIT, plante le décor : « Le haut débit […]

Comme prévu l’année dernière, l’UIT, cette année, est sortie de Genève pour son ITU World Télécom. Il s’est tenu à Dubaï du 14 au 18 octobre. Cinq jours durant lesquels presque tous les aspects de l’économie du digital ont été abordés.

Hamadoun Touré, secrétaire général de l’UIT, plante le décor : « Le haut débit mobile, le M2M, la fibre optique et les réseaux sociaux définissent aujourd’hui les réseaux avec six milliards d’abonnés mobiles et 2,3 milliards d’utilisateurs d’Internet ». Il ajoutera plus loin que pour que cela se réalise, « les opérateurs doivent investir dans l’infrastructure, les gouvernements et les dirigeants doivent pouvoir rêver ». Le Sheikh Abdullah Bin Mohammed Bin Saoud Al Thani, président du Groupe Qtel, donne le ton et a demandé que les opérateurs du secteur des télécommunications, les régulateurs et les partenaires à se réunir pour résoudre certains des défis majeurs auxquels sont confrontés les clients et l’industrie. Le président de Qtel déclare : « L’accès à large bande est de plus en plus important pour le développement économique, l’accès à l’information, les échanges culturels et même la sécurité nationale ». Il ajoute que « la demande d’investissements dans le réseau sera un facteur de réussite pour une croissance continue […] Il est de la responsabilité des gouvernements et leurs organismes de réglementation des télécommunications de fournir un cadre qui favorise l’investissement. Les opérateurs nationaux et internationaux et les régulateurs doivent être du même côté ». L’UIT, dont le siège est à Genève (Suisse), a profité de cette occasion pour sortir les derniers chiffres de possesseurs de carte Sim pour terminaux mobile. Pour l’agence de l’ONU, il y a 6 milliards d’utilisateurs de téléphones mobiles dans le monde à fin de 2011, soit 86% de la population mondiale si l’on considère que la Terre est peuplée par 7 milliards d’humains. La Chine, à elle seule, possède 1 milliard, suivie de l’Inde qui se rapproche du milliard. De plus, l’UIT ajoute que 2,3 milliards de personnes, soit 1 sur 7, sont des utilisateurs de l’Internet. Toutefois, selon l’organisation, il y a de grandes disparités entres les pays du Nord et les pays du Sud, où 70% des humains qui utilisent l’Internet habitent les pays industrialisés. Tout cela pour dire qu’il y a un changement majeur dans l’utilisation des consommateurs. Tous les spécialistes présents disent que « le business model de la voix est en déclin » bien qu’il ait bien fonctionné pendant deux siècles. Un nouveau modèle est en train d’être créé qui peut être représenté par de nouveaux mécanismes de communication et du service. Personne, aujourd’hui, ne sait ce qui marchera mais tout le monde peut dire que c’est le réseau ou la mise en réseau qui va fonctionner. Comment ? Pourquoi ? Quelles technologies ? Aucune réponse claire comme par exemple la messagerie instantanée et les réseaux sociaux ont pratiquement remplacé les appels vocaux. D’ailleurs, dans ce sens, M. Hamadoun Touré souligne l’importance des réseaux à large bande et des technologies comme le fer de lance de cet avenir en disant : « Nous vivons dans la société de l’information, et notre prochain objectif est la société de la connaissance, où tout le monde a le droit d’accéder à l’information, à utiliser des informations, de partager des informations et de créer de l’information. ». Pour Anders Lindlad, visionnaire et expert d’Ericsson, « il n’a fallu que 25 ans pour que le monde soit connecté » avant d’ajouter que « notre monde change à un rythme terriblement rapide et cette transformation se produit plus rapidement que ce nous avons vu dans le passé ». Sa « keynote », qui a vu un grand nombre de participants, reprend ce qui s’est fait dans le monde en donnant une projection sur l’avenir et en lançant un nouveau concept : le réseau intelligent. Et pour mettre en avant et expliquer les transformations, il dira que « nous sommes au début d’une révolution technologique » et que « cela a été permis par l’entrée dans le marché des smartphones ».
En effet, bien qu’Internet existe depuis assez longtemps, le smartphone apporte aux citoyens ce qu’il n’a jamais eu auparavant : de la connexion avec le monde et de l’intelligence.
L’infrastructure et les softwares ont complètement bouleversé l’ensemble des écosystèmes dans le monde et on va vers une interconnexion des écosystèmes. Anders Lindlad ira plus loin en disant que « la chose la plus intéressante est que de nouveaux écosystèmes tels que la santé, l’éducation et la sécurité et d’autres qui vont venir entrent dans l’écosystème TIC » tout en clôturant sa « keynote » par un : « Nous avons vraiment besoin de changer notre état d’esprit. » Les TIC sont partout et pour tous et imaginez ce que sera la monde dans 30 ans car les TIC vont radicalement changer le monde.
Niklas Bjork, du laboratoire d’Ericsson, a montré ce que peut être le M2M – machine-to-machine – en montrant des applications qui existent telles que celles des camions qui communiquent les informations de livraison ou les tiroirs qui peuvent vous dire où se trouve votre passeport. Et on en est qu’aux débuts.
Cette déclaration est confirmée par Ahmad Abdulkarim Julfar, CEO du Groupe Etisalat qui dira en résumé lors de l’inauguration que « les TIC seront un élément déterminant » pour montrer les grandes puissances mondiales du futur qui sera basé sur « l’appropriation des technologies », confirmé en cela par la phrase Anders Lindlad qui dira : « Jamais auparavant les hommes et les choses n’ont été online comme maintenant », faisant allusion à l’interconnexion des machines ou M2M. Cela fera du trafic et il faut pour cela une bonne infrastructure. D’ailleurs, dans ce contexte, le CEO d’Etisalat dira qu’«en 2015, le trafic sera 7 fois celui que nous avons aujourd’hui ».

Forger l’avenir

L’autre volet et non des moindres a trait aux investissements. L’UIT préconise des investissements public-privé. En effet, c’est seulement en réunissant les investissements du secteur privé et de la vision du gouvernement que l’environnement réglementaire et juridique peut être créé pour le haut débit ; donc la société de la connaissance peut s’épanouir.
La nécessité pour le secteur privé de participer au processus de réglementation a été reprise par M. Eiichi Tanaka (Vice Minister for Policy Coordination, Ministry of Internal Affairs and Comms, Japon) qui a évoqué l’étroite coopération des gouvernements et des entreprises dans la gestion des conséquences du tremblement de terre catastrophique et le tsunami qui ont frappé le Japon en 2011, où les entreprises du secteur privé ont fourni des listes de bases de données et services d’information. On touche là à des questions de vie privée et il questionne : « Comment la sécurité peut être maintenue en étroite collaboration avec le secteur privé qui gère les réseaux » ; tout en soulignant l’importance de stimuler les investissements du secteur privé dans les infrastructures et dans les réseaux mobiles pour réduire la fracture numérique. Pour Ulf Ewaldsson, SVP, CTO d’Ericsson : « Pour l’utilisateur de smartphone, la voix n’est que du bruit », faisant automatiquement évoluer les modèles d’affaire pour créer de la valeur dans les télécoms autres que la voix mais aussi de fournir une plate-forme pour l’innovation et la création de nouveaux standards car, ajoute-t-il, « le contenu devient entièrement numérisé et le Cloud fait sentir son impact » d’autant plus qu’avec l’urbanisation, la demande pour la data va aller crescendo.

Financement de l’avenir

« Les télécommunications sont trop importantes pour laisser faire les ingénieurs et les juristes », a suggéré Eli Noam, professeur d’économie à l’université de Columbus dans son discours d’ouverture de session du forum « Le financement du futur». Car, ajoute-t-il, les règlements et les autorités de régulation doivent être un moyen pour une fin. Il faut assurer un environnement stable et favorable aux entreprises pour encourager l’investissement.
En effet, l’accès universel ne peut être atteint que par le jeu de l’investissement public et privé et une réglementation appropriée sans oublier la sensibilisation des consommateurs sur les avantages du haut débit qui sont importants dans la conduite du développement socio-économique tout en mettant en évidence l’équilibre à trouver entre investissement et subvention car, dit-il, « le succès du déploiement du haut débit dépend d’une combinaison de financement public et privé ».

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Écrit par itmag2003

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