Le très haut débit et les collectivités locales

Les réseaux à haut débit ou à large bande (Broadband), autant qu’ils font partie intégrante de l’infrastructure d’une ville, autant l’accès de l’ensemble de ses résidents sera abordable. Le déploiement d’infrastructures supportant le haut débit est un pré requis pour une stratégie de développement dont un des éléments déclencheurs est l’accès à la bande passante.
{{IMPLICATION DE TOUS}}
Dans toute mise en œuvre d’une cité (quartier ou zone d’habitations), l’option d’une large consultation, par une exposition de la vision et de la stratégie mise en avant par les autorités gouvernementales aux différents usagers, par des discussions participatives aux différents secteurs, collectivités locales (consultation publique), universités, éducation, hôpitaux, promoteurs immobiliers, hommes d’affaires,
enfin toute partie intéressée par l’initiative de la promotion du haut débit; ajusterait, sans aucun doute, le tir d’une émergence des TIC.
L’ouverture du marché des télécommunications en 2000 a abouti à une concentration des investissements sur des créneaux juteux à forte rentabilité et à un retour sur investissement très court (par exemple le mobile GSM). Ceci n’a pas drainé un effet déclencheur de la promotion d’une société de l’information au service d’un développement durable. Certaines communes ne voient rien arriver et se posent sûrement la question : à quand ce levier du développement ?
En plus d’autres indicateurs de classement des communes comme l’éducation, la santé, le taux de chômage, la sensibilisation aux nouvelles technologies et à la culture du haut débit est un travail à mener par les élus, les associations et les entreprises spécialisées et/ou demandeuses de large bande.
Le taux de pénétration de l’Internet dans les foyers peut figurer comme indicateur de croissance au niveau national.
{{SERVICES A HAUT DEBIT}}
Pour faire face à des besoins à moyen et long terme de certaines applications de transfert d’informations à très grande vitesse qui demandent une largeur de bande beaucoup plus importante pouvant véhiculer plusieurs millions de bits par seconde (le très haut débit), il est nécessaire de se doter d’une infrastructure de base accessible en tous points du territoire par l’entremise de techniques et de technologies comme la fibre optique, le satellite et les faisceaux hertziens.
On estime actuellement qu’un débit minimal de 2 mégabits par seconde (2 Mb/s) est nécessaire pour une utilisation acceptable des applications à large bande.
Le haut débit demeure une notion non circonscrite par le grand public du fait que chaque FAI (Fournisseur d’Accès Internet) la définit à sa manière, selon la capacité en bande passante disponible à partager entre ses clients finaux et la tarification de son service.
Cette définition varie en fonction des ISP et de l’infrastructure de base existante. Pour une protection de l’usager, il est grand temps que l’ARPT se prononce sur un débit minimum du «Haut Débit».
Les expressions «Haut Débit» ou «Large bande» sont des termes techniques se rapportant au volume d’informations (haut débit) transmis d’un point A à un point B sur un canal de transmission (large bande) filaire ou radio. L’information peut être sous la forme de sons, d’images ou de données, en format numérique converti en séries de 1 et 0 appelées bits ; un canal peut transmettre p.ex. 1000 bits par seconde (un kilobit = 1 Kbps)
{{CREATION D’EMPLOI ET REVENUS SUPPLEMENTAIRES}}
Le monde de l’emploi généré par les TIC demeure le parent pauvre des collectivités locales pour une gestion idoine de leurs cités. En Algérie, les grandes écoles et universités forment des spécialistes dans les TIC, mais le monde du travail reste circonscrit aux seules entreprises initiées, mettant souvent les collectivités locales dans l’expectative en se résumant à fournir de simples autorisations aux différents opérateurs agissant sur leur territoire. Les pouvoirs publics se doivent de par leur mission de créateur d’emplois, d’une part, et garant d’un aménagement numérique du territoire, d’autre part, de créer une dynamique de décentralisation vers les collectivités locales pour une meilleure prise en charge des TIC et la mise à disposition de la connectivité haut débit pour le bien-être de leurs citoyens. Ceci permettra, pour une première phase, d’acquérir des connaissances et, en seconde phase, de développer une culture numérique du haut débit.
Le secteur professionnel, dans un proche avenir, sera demandeur de hauts débits. L’émergence de nouveaux besoins va contraindre les collectivités locales à s’intéresser aux différents opérateurs agissant sur leur territoire, à leurs revenus en termes de valeur ajoutée des technologies utilisées pour connecter les habitants. Bien entendu, les opérateurs n’ayant pas les mêmes missions/devoirs que les CL auront à fournir la connectivité H. Débit que pour les zones à rentabilité certaine.
Afin de consolider leur dominance en matière de création d’emplois et revenus supplémentaire, les CL, pour parer à leurs insuffisances, doivent se doter de structures nouvelles fondamentalement axées sur les TIC et l’option de connecter les habitants afin d’améliorer le niveau de vie par un apport de connaissances dues à la fenêtre sur le monde qu’offre l’Internet. Combien y a-t-il de communes ayant une structure dédiée à cette spécialité ? Si on venait seulement à créer en 2008 un emploi par commune, on aurait 1541 emplois. En poussant plus loin le raisonnement, on atteindrait facilement 2500 emplois y compris la création des structures aux niveaux des wilayas, daïras et central.
Les différents opérateurs et tous les promoteurs immobiliers auront à discuter avec des spécialistes locaux en termes de faisabilité, de suivi opérationnel, de connectivité et d’adhésion de la population aux projets. La tâche sera d’autant plus aisée pour les ministères en charge directe et indirecte dans la promotion des TIC (MPTIC pour Ousratic, ministère de l’Habitat pour les immeubles intelligents du futur, ministère de la Santé pour la télémédecine, ministère de l’Environnement pour le cadastre et la promotion du tourisme…). Ceci pour l’emploi et l’accaparement de la connaissance et du savoir.
Parlons des revenus que peuvent engranger les CL en développant leurs propres infrastructures filaires et/ou radio en les mettant à la disposition des différents opérateurs à contenus voulant investir. Ces derniers auront toute la latitude de se déployer sans avoir à investir dans l’infrastructure de base et créer ainsi une compétitivité entre les entreprises qui recherchent maintenant la disponibilité des services à haut débit pour s’installer. En conséquence, un plan de connectivité favorisé et adapté par une CL diminuera à coup sûr les fossés numériques pour tout le pays et celui du savoir par rapport au reste du monde.
Si on projette une connectivité à l’Internet (les pages jaunes de l’avenir), d’ici 2015 de l’ensemble du pays, il est grand temps d’entamer aujourd’hui une sensibilisation par l’élimination d’obstacles psychologiques et financiers des CL. On doit d’ores et déjà aider à l’introduction très économique dans les foyers de l’utilisation de l’Internet et ce, en promulguant des textes réglementaires mettant en chantier des programmes locaux de branchement des supports pour le haut débit.
La croissance s’en trouverait d’autant plus marquée d’une ville à une autre que les TIC seront largement disponibles, utilisées et accessibles, notamment dans les domaines du commerce, des banques, de l’immobilier…
Aussi l’agglomération qui aurait pris acte de l’importance du rôle du haut débit bénéficiera sûrement des répercussions considérables sur sa croissance dans les différents domaines, environnemental, cadres de vie (municipalités, universités, écoles, hôpitaux, salles de sport et de loisirs), économique par une diversification créative des sources d’innovation des entreprises et établissements attirés par la facilité de l’accessibilité aux services du Haut Débit.
La promotion des hauts débits dans l’Algérie profonde est une condition pour l’implantation des entreprises, un levier de développement et de création d’emplois, et surtout par la création d’activités ; garder nos experts, sommités et compétences sur lesquels le pays a beaucoup investis.
{{E-GOUVERNANCE}}
Contrairement à ce que se dit, la réussite de la e-gouvernance ne se fera jamais sans l’élaboration, à la base, de nouvelles formes de communiquer, de fructifier des affaires, de collaborer, de s’informer, enfin de suivre la croissance de sa localité. Le haut débit stimulera cela et profitera aux usagers résidentiels.
Comment peut-on débuter la mise en œuvre? Par l’élaboration d’un plan.
Les services municipaux organiseront une série de séances avec les résidents physiques ou moraux, écoutant leurs opinions en réunissant des groupes composés d’intervenants comme les spécialistes en télécommunication (ISP, entreprises), des promoteurs immobiliers (vision bâtiments intelligents), des hommes d’affaires, des représentants de l’université, des établissements scolaires, des hôpitaux, des services financiers (banques, assurances), des services de la sécurité publique, PME/PMI, représentants des entreprises privées et étatiques (Naftec, Naftal, Sonelgaz, Algérie Télécom…), d’où la nécessité de la création d’une structure TIC au sein des collectivités locales. Le fait d’agir en concertation, pour mieux apprécier la qualité de la vie communautaire, est une nécessité pour les collectivités locales, sachant que les TIC sont un outil de désenclavement essentiel et vital.
Partant du fait que la libéralisation du secteur des télécommunications, entamée en 2000, doit profiter au consommateur final, les subventions aux CL en ce domaine doivent être admises comme investissements au titre de la politique d’aménagement numérique du territoire, notamment pour les zones défavorisées. Des fonds propres de différents secteurs, et pourquoi pas le fonds du service universel, doivent être mis à contribution.
Les collectivités locales butteront à coup sûr sur un environnement juridique inadapté et défavorable.
Les réseaux urbains à large bande véhiculant l’information sous ses diverses formes et à grande vitesse doivent faire partie sine qua non des effets civilisatrices d’une cité, à l’instar des rues, trottoirs, gaz, électricité, égouts, téléphone…
C’est l’information qui va vers le citoyen et non le contraire.
La situation est difficile et non catastrophique. La démocratisation de l’utilisation du haut debit permettra un rapprochement citoyen – élu
{{Djamel BOUDAH}}
{Ingénieur Télécom}

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