Data mobile : Une mine d’or pour les opérateurs

L’aperçu de nos activités, en particulier des données du téléphone mobile, attire à la fois les universitaires et les chercheurs de l’industrie et nous n’avons pas encore beaucoup de serveurs et d’applications. L’Algérie devrait se pencher sur un organisme de type « informatique et liberté ».
Les opérateurs de téléphonie mobile constatent qu’ils sont assis sur une mine d’or : les enregistrements d’appels de leurs abonnés. Aujourd’hui, chez nous, ce ne sont pas les chercheurs dans les universités mais beaucoup plus les employés des opérateurs mobiles qui travaillent avec les grandes bases de données récoltées. En effet, grâce à ces immenses bases de données, on peut faire un profiling de plus en plus précis et fin : où et quand on fait des appels, les SMS qui sont passés et reçus. Ses informations peuvent montrer les habitudes des consommateurs, leurs déplacements et même les tendances sociales importantes.
«Parce que les téléphones mobiles sont devenus omniprésents, et si on ajoute une exploitation informatique des données qu’ils génèrent, on peut vraiment révolutionner l’étude du comportement humain», nous explique un sociologue.
Cette multitude de données peut devenir pour les opérateurs une nouvelle source de revenu non négligeable, car elle peut fournir des études non seulement de comportement, mais si l’on ajoute prochainement les achats à travers les mobiles on pourra aller plus loin.
De plus, ces immenses bases de données peuvent permettre de savoir si vous voyagez et comment vous voyagez : en voiture, par train ou par avion ou si vous faites de petits trajets genre maison, travail.
L’ensemble de données est une collection d’enregistrements des données d’appels, ou CDR – la matière première qui est une norme de téléphonie mobile. Un CDR est généré pour chaque appel ou connexion SMS. Entre autres choses, il indique l’origine et le numéro de destination, le type et la durée de connexion et, plus encore, l’identifiant unique de la BTS ainsi que le type de combiné quand une connexion a été faite.
Si l’on prend comme référence l’adresse de la maison où habite l’abonné, n’importe quel opérateur mobile peut connaître l’emplacement d’un téléphone dans un rayon d’un kilomètre par rapport à sa BTS. Si l’on continue notre analyse, on peut savoir exactement ce que parcourt un habitant de Blida, d’Oran ou d’Alger par jour ou par semaine. Ce type d’information peut servir à une meilleure distribution et organisation de la ville. Ce type d’information est l’apanage des urbanistes qui ont généralement recours à des enquêtes coûteuses et limitées afin de recueillir de telles informations. «Ce genre de données peut aider à décider comment investir des ressources, par exemple, s’ils veulent savoir où construire un nouvelle gare de train, tramway ou métro». Mais pas uniquement.
Une étude des traces d’un grand nombre d’abonnés pourrait mettre en corrélation un événement (par exemple un match de foot ou un concert) et voir comment la population se déplace à l’arrivée, mais aussi à la fin de l’événement : les chemins d’arrivée mais aussi de départ.
Cette nouvelle façon d’utiliser les données qui existent, n’est pas encore entrée dans nos universités et nos chercheurs n’ont pas encore compris son intérêt. Aujourd’hui seul les initiés et les opérateurs mobiles l’ont compris et l’utilisent déjà pour mieux positionner leurs BTS mais aussi pour mieux distribuer leurs puces.
Mais comment utiliser des millions de données ? Les sciences expérimentales et les technologies ont pour objectif de comprendre et de décrire le monde réel, celui de la nature, celui construit par l’Homme ainsi que les changements induits par l’activité humaine. Tout simplement grâce à l’essor de la recherche des mathématiques activé par le développement d’algorithmes qui peuvent gérer efficacement les grands réseaux constitués de millions de liens. Les mathématiques fournissent des outils pour agir, choisir et décider dans la vie quotidienne et il n’y pas longtemps, l’université d’Alger était considéré comme une grande école de mathématique.
Avant qu’il y ait un déferlement croissant sur l’utilisation des données des opérateurs mobiles, l’Arpt ou un autre organisme de type «informatique et liberté» qu’il faudra créer pour encadrer tout cela. Ce nouvel organisme devrait réfléchir et faire sortir quelque chose qui pourrait permettre la création d’un modèle d’affaires pour les entreprises car ces données sont monétisables, mais aussi de trouver le juste milieu entre utilité et protection de la vie privée surtout depuis que l’internet a commencé à nous interconnecter.

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