Quand le petit écran devient grand

Depuis la précédente Coupe du monde en 2006, la retransmission des rencontres en ligne s’est considérablement améliorée, faisant d’Internet un support à part entière pour suivre le tournoi. Plusieurs chaînes ont choisi de diffuser les rencontres en streaming, pour toucher des amateurs de football qui n’ont pas forcément accès à un téléviseur. En trois jours, près de 2 millions de vidéos ont été vues sur TF1.fr. Les autres sites, qui ne disposent pas des droits télévisés, se rabattent sur des comptes-rendus écrits et des statistiques. Des infographies dissèquent des passes et des phases de jeu.
Les médias sociaux n’échappent pas à la fièvre du Mondial. Ces services de communication et d’interaction créés par les internautes pour les internautes grâce au web, 5e média après la presse écrite, la radio, la télévision, le cinéma et le mobile, sont pris d’assaut.  
Parmi les médias sociaux les plus utilisés figurent Facebook, Youtube et Dailymotion, puis viennent les blogs et les forums. En termes d’usage, les jeunes qui suivent l’événement regardent principalement des vidéos, donnent leur avis, suivent l’analyse d’experts et regardent des photos.    
«L’avènement des médias sociaux a bouleversé les modes de consommation du sport», a relevé Gilles Portelle, directeur général d’Havas Sports et Entertainment. Si ça marche si fort, c’est parce qu’ils permettent une relation instantanée entre le sportif et ses fans. Il s’agit d’un nouveau modèle économique qui risque d’ébranler les médias traditionnels sur le net et les agences de presse.
Le côté visible de l’iceberg pour le lecteur-auditeur concerne la distribution-diffusion : les éditions électroniques du journal, les messageries ou lettres personnalisées, les alertes sur téléphones portables permettent une immédiateté et une convivialité interactive avec le lecteur, via des supports et des circuits où le papier perd de plus en plus de terrain. Pour la radio et la télévision, la diffusion et la compression numériques ont permis de faire des économies sur les coûts des transmissions et d’offrir des bouquets de programmes à valeur ajoutée. D’un autre côté, l’Internet a déjà permis à tout un chacun de devenir producteur et diffuseur d’information. La perception des médias sociaux par rapport aux médias classiques chez les personnes qui vont suivre la Coupe du Monde dans les médias sociaux montre qu’ils vont y chercher en priorité une information riche, exclusive et fiable.   
Les marques qui communiquent autour de la Coupe du Monde ont d’ailleurs compris l’intérêt de toucher les consommateurs à travers les médias sociaux, qui captent une audience de plus en plus importante. Elles sont de plus en plus nombreuses à décliner leur plan de communication sur les réseaux sociaux. Par exemple, 10 des 14 partenaires de la Coupe du Monde 2010 ont d’ores et déjà mis en place des activations sur ces nouveaux médias.
Les activités sur les réseaux sociaux sont multiples. Elles concernent l’accomplissement personnel par l’expression de soi. Chaque utilisateur s’exprime sur sa fiche utilisateur, son profil et l’enrichit de contenu. Il communique des informations personnelles qui permettent aux autres utilisateurs de le reconnaître ou de le découvrir. Il y a aussi la socialisation en éprouvant un besoin relationnel. Les utilisateurs peuvent entrer en relation entre eux directement ou par l’intermédiaire d’une connaissance commune. Cette relation est généralement matérialisée par une liste d’amis ou de contacts, publique ou privée. L’utilisateur peut aussi entrer en relation avec des marques, des artistes et des lieux. Enfin, il faut citer l’estime des autres par l’intermédiaire du besoin de communiquer. L’utilisateur a à sa disposition une large variété d’outils pour communiquer (messagerie instantanée, dédicace/livre d’or sur le profil d’un contact, partage de contenus, forums). La communication peut-être enrichie selon les sites (invitation à des événements, partage d’agenda).
 
El Khadra donne des couleurs à l’ENTV 
L’Equipe nationale algérienne de football participe à ce Mondial après 24 années d’absence. Les Fennecs suscitent ainsi un intérêt certain lors de cet événement non seulement de la part des Algériens mais aussi de nos voisins maghrébins. Les Tunisiens et les Marocains sont de fervents supporters des Verts. L’Match, émission de medi1sat par exemple, décrypte le comportement des Verts et a même invité Mahieddine Khalef, sélectionneur de l’EN de 1982, pour donner ses appréciations. 
Il est intéressant de constater que le média de substitution à la télévision serait plutôt Internet que la radio. C’est une question de génération. Plus qu’un effet de mode, Internet permet aux jeunes de passer de la news à la photo de leur joueur préféré et cela en un clic. Le visionnement des matches de la Coupe du monde est une occasion de se retrouver en famille ou entre amis, essentiellement à domicile ou dans un café.
Il est intéressant de signaler que les cafés et même des hôtels tels que le Hilton Alger ont effectué des aménagements spéciaux de leurs locaux pour l’événement afin d’accueillir au mieux leur clientèle et attirer d’autres consommateurs. Une remarque s’impose : plus le supporter appartient à une classe sociale élevée, plus il a tendance à regarder le match à domicile au détriment des lieux publics, généralement fréquentés par les jeunes célibataires, des étudiants ou des chômeurs. Les classes moins aisées visionnent les matches dans les cafés, généralement en groupe. Des lieux propices à la communion et aux analyses à chaud des résultats et de la prestation des joueurs. Chacun y met son grain de sel pour faire monter l’ambiance d’un cran pendant les rencontres. On lit sur les visages la déception suite au ratage d’un but et de la joie après une action bien menée. El Jazeera Sports semble être la chaîne favorite, suivie de la télévision algérienne qui a mis les moyens pour ne pas décevoir ses téléspectateurs. 
L’ENTV a acheté 22 des 64 matches de la Coupe du monde 2010, prévue du 11 juin au 11 juillet en Afrique du Sud, pour la coquette somme de 14 millions de dollars, selon des sources bien informées. Les Algériens pourront voir, en direct, les 22 matches mais uniquement sur la chaîne terrestre. L’ENTV a choisi 15 matches pour le premier tour, alors que pour les autres tours, ce serait deux matchs d’assurés jusqu’à la finale.
Sport de haut niveau devenu spectacle planétaire    
C’est-à-dire deux matches au choix des huitièmes de finale, deux des quarts, les demi-finales et enfin la finale.  
Une nouvelle carte a vu le jour en Algérie : «Omnia». Il s’agit d’une carte à puce qui ouvre les chaînes cryptées… Question disponibilité, la Omnia est une carte qui ne court pas les rues en Algérie. Seules quelques boutiques spécialisées dans les équipements audio/vidéo/sat la vendent… à des prix exorbitants. Pour se la procurer, il faut en effet casquer entre 3000 DA et 3700 DA et le prix ne risque pas de diminuer, du moins tant que la Coupe du monde n’est pas terminée.   
Les droits de diffusion, la qualité des animateurs et des commentateurs ainsi que leurs analyses techniques sont aussi les principales raisons de leurs choix. Le mondial est aussi l’occasion d’enrichir le contenu audiovisuel par des plateaux télé où se succèdent experts et consultants pour donner un maximum d’éclairage sur l’avant et l’après match. Il s’agit essentiellement d’anciens joueurs qui viennent animer le studio. Pendant les journaux télévisés, plusieurs envoyés spéciaux ont fait vivre au public la compétition de l’intérieur. Quelles sont les tendances pour les téléviseurs ? Première remarque concerne la résolution de l’image et la taille des écrans : si ces dernières années la résolution de l’image TV est restée la même, la taille des écrans, elle, n’a cessé d’augmenter, créant ainsi chez le téléspectateur une demande croissante pour une meilleure définition de l’image. La technique TVHD (télévision haute définition) accède à cette demande. La plupart des postes de télévision sont encore dotés d’un écran cathodique, mais on voit apparaître de plus en plus d’écrans LCD ou plasma, dits écrans plats, nettement moins encombrants. Le format large 16/9 (le format TV normal étant de 4/3) s’est déjà bien implanté, et sa popularité ne cesse de croître. La télévision interactive, qui permet au téléspectateur d’influencer le programme, est devenue possible. La technologie UMTS, qui a été lancée sur le marché européen, permet désormais de regarder la télévision sur l’écran de son téléphone portable. En Algérie, on n’en est pas encore là ! Le téléphone mobile reste dominé par un usage voix ou SMS. Certains l’utilisent pour accéder au Web (smatphone) pour s’informer des résultats ou voir leur e-mail.
Pour avoir un aperçu sur la «puissance de la télévision», nous nous référons aux données de la FIFA.
La Coupe du Monde en Allemagne 2006 a enregistré une audience cumulée de 26,29 milliards de téléspectateurs (24,2 milliards à domicile et 2,1 milliards dans des lieux publics). Ces chiffres correspondent à ceux de l’édition 1998, également organisée en Europe, mais accusent un léger recul par rapport aux 26,4 milliards de téléspectateurs qui ont regardé la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002 dans le cadre domestique. C’est bien sûr la finale entre l’Italie et la France qui a rassemblé le plus grand nombre de passionnés, avec une audience cumulée de 175,1 millions de téléspectateurs.
A l’heure où la plupart des programmes télévisés souffrent d’une baisse d’audimat, les rencontres du prestigieux rendez-vous génèrent des taux d’audience stables à travers le monde et cela grâce aux innovations technologiques sans cesse croissantes…

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