Les Intel Labs veulent réinventer l’approche de l’informatique

Rendu possible par la loi de Moore et les progrès en performances déjà disponibles au travers de tout un continuum de terminaux, dont le PC classique, l’engagement de l’entreprise et son expérience dans les nouvelles technologies déboucheront sur une informatique beaucoup plus personnelle et sociale grâce à une contextualisation de l’utilisateur par des capteurs, une informatique renforcée par le cloud computing et proposant des interfaces plus naturelles pour un pilotage, par exemple, au toucher, au geste et à la voix.
Justin Rattner : « De nos jours, il ne suffit pas que les technologies s’améliorent. Ce qui plaît aux individus, aujourd’hui, est une expérience profondément personnelle de l’information. Quand j’envisage l’évolution de l’informatique, c’est le changement le plus important que je vois poindre à l’horizon. Depuis plus de dix ans chez Intel, nous avons renforcé nos capacités en expérience et interaction utilisateur. Nous avons récemment constitué une équipe d’excellents chercheurs qui comportent des technologies en interface utilisateurs et des spécialistes en sciences sociales pour aménager les expériences utilisateurs de prochaine génération. Nous avons par exemple appris que l’expérience télévisuelle était différente de l’expérience Web même si, au final, de plus en plus de contenus originaires d’Internet investiront le téléviseur. Surfer sur le Net à une distance de 3 mètres n’est de loin pas le schéma d’utilisation préféré, mais l’expérience télévisuelle par l’intermédiaire de l’Internet représente un pas de géant au-delà de la télédiffusion. »
Justin Rattner a également annoncé que la nouvelle division serait placée sous la direction de Genevieve Bell, Intel Fellow qui est, depuis plus de dix ans chez Intel, l’un des principaux avocats de modèles informatiques axés sur l’utilisateur.
Genevieve Bell : « On retrouve la patte d’Intel bien au-delà du PC. Notamment, les puces d’Intel et Internet équipent à présent des téléviseurs, des décodeurs, des téléphones mobiles, des voitures, des panneaux de signalisation et bien d’autres appareils. La division IXR exploitera quinze années de recherche sur la façon dont les utilisateurs utilisent, réutilisent ou refusent les TIC. Les chercheurs en sciences sociales, en développement de produits et en interaction homme-machine prolongeront cette mission, en questionnant ce qu’apprécieront les utilisateurs, ce qui peut s’intégrer à leur mode de vie et ce qui leur plaît dans les technologies dont ils bénéficient déjà. Ces connaissances serviront d’axe d’orientation pour la recherche technologique sur la prochaine génération d’interfaces, sur les interactions de l’utilisateur ainsi que sur l’évolution des contenus audiovisuels et les schémas de leur consommation. »
Les Intel Labs sont déjà très orientés vers la prochaine génération d’expériences utilisateurs. Les travaux actuels sur la contextualisation et la localisation ont déjà débouché sur des connaissances et les possibilités technologiques. Par exemple, les terminaux appréhenderont leur environnement immédiat, communiqueront les uns avec les autres et changeront de comportement ou agiront en fonction du contexte utilisateur. L’un des projets présentés dans le cadre de la manifestation s’appelle SENS. Il préfigure une nouvelle vague dans la pratique des réseaux sociaux et permet de suivre des activités en temps réel et de les afficher en direct aux proches qui sont eux aussi connectés. Les recherches en question montrent que la connaissance du contexte par un terminal grâce à des capteurs embarqués peut se concrétiser par des expériences inédites, avec par exemple la création de shadow avatars et l’aménagement d’une socially augmented reality, qui s’appuient sur les nouvelles tendances de partage de présence des internautes et de leurs contenus audiovisuels.
Des chercheurs ont également effectué la démonstration d’un capteur expérimental à faible coût, qui pourrait faire évoluer la manière dont les particuliers gèrent, chez eux, leur consommation électrique personnelle. Associé à un « écran d’informations domestiques », le dispositif en question pourrait ainsi suivre la consommation, conseiller des solutions de conservation de l’énergie et accorder une gratification lorsque ces solutions réussissent. Il suffira de brancher le capteur sur le réseau électrique de la maison ou de l’appartement pour pouvoir instantanément mesurer et consulter en sans-fil la consommation de chaque charge électrique du foyer, en obtenant des données afin d’analyser cette consommation pour tous les appareils de la maison. Cette technologie représente le cœur d’un système de gestion individuelle de l’énergie qui pourrait conduire à des changements importants dans les comportements ainsi qu’à d’énormes économies.
Parmi les autres technologies présentées à l’événement figuraient celles qui régissent le rapport de l’utilisateur aux TIC. Ainsi, on a pu voir des recherches qui utilisent la projection et des caméras 3D pour éclairer des surfaces comportant des boutons, des fenêtres, des images et des films sur des surfaces de travail, des dessus de table et autres surfaces planes. Ce système « vidéo et vision » peut reconnaître les gestes de la main et les objets, en transformant toutes les surfaces (comptoir de cuisine, guéridon, pupitre d’écolier, etc.) en un portail d’interactivité avec l’appareil et l’Internet. A également été présenté un exemple plus futuriste : un ordinateur capable de lire dans les pensées de son utilisateur et qui se dispense donc d’un clavier pour la saisie de textes, par exemple.

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