Rencontre d’Ernst & Young Algérie avec les DSI : ERP et entreprises : des taux d’intégration encore faibles

Pour la question relative à l’organisation de la DSI, les experts d’Ernst & Young ont rappelé qu’il n’y a pas un modèle prédéfini ou universel, car « l’organisation à mettre en place dépend des caractéristiques propres à chaque entreprise et de ses priorités stratégiques et opérationnelles »

Le mardi 8 février, la sixième édition du Club DSI Algérie d’Ernst & Young a eu lieu à l’hôtel Hilton d’Alger. Pour ce nouveau rendez-vous qui rassemble les directeurs des systèmes d’information de différentes entreprises algériennes membres de ce club, la thématique était consacrée à comment « mettre une organisation informatique en place pour répondre aux défis de l’entreprise ». Concrètement, ce séminaire a abordé plusieurs points liés aux DSI, comme son rôle et son organisation, en perpétuelle évolution, son positionnement vis-à-vis des autres départements de l’entreprise et enfin la meilleure stratégie et les outils à adopter pour la maîtrise de l’évolution constante des systèmes d’information.  Le séminaire fut dirigé par les experts IT du bureau d’Ernst & Young en Algérie, avec la participation de nombreuses entreprises algériennes, aussi bien privées que publiques. Pour jouer pleinement et efficacement ce rôle donc, la DSI doit prendre en considération quatre dimensions : « la déclinaison de la stratégie et des enjeux métiers », « avoir la capacité d’endosser le rôle d’urbaniste ou d’architecte, afin de garantir la cohérence de l’ensemble du système d’information », la « veille informatique » et enfin « être le garant de la sécurité du patrimoine de l’information ». Pour la question relative à l’organisation de la DSI, les experts d’Ernst & Young ont rappelé qu’il n’y a pas un modèle prédéfini ou universel, car « l’organisation à mettre en place dépend des caractéristiques propres à chaque entreprise et de ses priorités stratégiques et opérationnelles […] L’organisation évolue avec l’entreprise». Cependant, et selon l’expertise d’Ernst & Young, l’organisation et le pilotage des systèmes d’information reposent essentiellement sur l’établissement d’« une feuille de route », c’est-à-dire le plan stratégique qui, en amont, permet de « donner un cadre de référence et une visibilité d’ensemble ». Il repose aussi sur « une bonne gouvernance » qui définit, à son tour, « les rôles et responsabilités de chacun en matière de propriétés de l’information et des processus de l’entreprise ». Enfin, l’utilisation de « référentiels uniques pour permettre d’objectiver et de faciliter la communication entre les acteurs ». « Un référentiel est une collection de bonnes pratiques sur un sujet donné. Ils sont au coeur même des processus DSI, ils leur permettent la maîtrise des SI à travers une approche méthodique, exhaustive et objective. » Des référentiels ont été passés en revue, notamment ITIL, COBIT, PMBOK, PRINCE2 et ISO27000. Les experts ont rappelé que l’utilisation de telle ou telle « référentielle »  dépend essentiellement du besoin de l’entreprise et est ainsi directement lié aux besoins de la DSI et à la taille de l’entreprise elle-même. La dernière partie de ce séminaire dédié aux rôle et à l’organisation de la DSI au sein de l’entreprise a été consacrée à la démonstration d’un cas pratique de « processus d’évolution de la fonction informatique » au sein de l’entreprise. « Cette évolution, étroitement liée aux besoins de l’entreprise en termes d’informations et de gestion, est également liée aux besoins des différents métiers qui composent l’entreprise. » Pour M. Loïc Chabanier, en sa qualité de « Senior Manager IT Advisory », « la question des systèmes d’information sont au coeur de l’entreprise ». « Elle peut intéresser le DSI, comme elle peut intéresser le management qui sont tout aussi sensibles aux évolutions des systèmes d’information », et d’ajouter que le but de ces séminaires et de la mise en place d’un Club DSI composé d’entreprises algériennes « est vraiment de proposer des thématiques qui intéresseraient les entreprises algériennes et plus précisément dans ce cas précis, les DSI, sur la base des remontées des informations et des échanges que l’on a avec elles, mais aussi à partir de notre expertise et des projets qu’on peut réaliser en Algérie ». Il est à rappeler que d’autres séminaires du même genre ont eu lieu avant et que les experts d’Ernst & Young ont traité un ensemble de thématiques jugés importants par les entreprises algériennes, comme la stratégie, la gestion de projets ou bien les ERP (progiciel). Le responsable d’Ernst & Young a précisé également que « notre objectif est de réaliser entre 4 et 5 séminaires par an afin de partager et faire profiter notre expérience ». « Cela permettra aussi aux DSI d’échanger leurs expériences et d’aborder leurs problématiques pour fédérer un certain nombre de bonnes pratiques au sein même des entreprises algériennes. » Spécialiste du conseil aux entreprises, de la fiscalité, du droit et des transactions au niveau mondial, Ernst & Young a ouvert son bureau à Alger en 2008. Pour les responsables d’Ernst & Young, le niveau de maturité des entreprises algériennes « est propre à leur contexte et il n’est pas forcément le même d’une société à une autre ». « Le niveau de maturité est en dessous des économies européennes, voire de certains pays du Maghreb. Le niveau est en phase d’adoption et de déploiement. » Pour leur rôle en Algérie, ils nous ont affirmé que cela reste de l’ordre du « diagnostic, de la recommandation et de l’aide à la définition de stratégies ». Interrogé sur le taux d’intégration des IT au sein des entreprises algériennes, un responsable d’Ernst & Young nous a répondu que « nous pensons que le taux d’intégration est très variable selon les domaines et les technologies. Dans certains cas, le taux est encore insuffisant. Ainsi, nous estimons à 15 – 20 % le taux d’intégration et d’utilisation des ERP dans les entreprises algériennes ».

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