La 39e Conférence de l’ICANN, en Colombie, souligne l’urgence d’adopter l’IPv6 : Les adresses IPv4 en voie d’extinction

Par Samir Tazaïrt
Au printemps 2010, lors d’un workshop consacré à la question, l’Algérie a décidé d’adopter l’IPv6 au cours de 2011, opération qui « fera l’objet d’un plan nat

A l’issue de la 39e réunion de la Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet (ICANN en anglais), tenue à Carthagène, en Colombie, qui a pris fin le 10 décembre dernier, l’accent a été mis sur l’urgence de passer à grande échelle à l’IPv6 et ce, dans les plus brefs délais. C’est qui est ressorti de la conférence conjointe d’Elise Gerich, vice-présidente de l’ICANN, et Axel Pawlik, président de l’Organization Number Resource (NRO), retransmise et compilée sur le site internet de l’ICANN. Répondant à des journalistes présents à la rencontre, les deux conférenciers ont alerté sur le fait que « le nombre d’adresses disponibles en utilisant l’IPv4 actuelle diminue rapidement du fait de leur succès fulgurant». « Ainsi, l’adoption généralisée de l’IPv6 est essentielle », répondent-ils. En effet, chaque appareil connecté à Internet a besoin de sa propre adresse IP. En IPv4, il existe un plafond théorique d’adresses IP de l’ordre de plus de 4,2 milliards, ce qui pourrait paraître comme un nombre élevé, mais quand on compte sur le fait que la planète est habité par plus de 6,5 milliards de personnes et que chaque équipement de télécommunications liée à Internet a besoin de sa propre adresse IP, il est évident que cette norme ne pourra plus satisfaire le nombre croissant d’appareils individuels qui ont besoin de se connecter. De plus, une grande partie des adresses est « dédoublée » car utilisées pour le routage et les sous-domaines, consommant encore plus d’adresses IP. « Il y a une prise de conscience réelle de la part des opérateurs économiques qui vivent de cette ressource qui ont déjà adopté l’IPv6. Mais il s’agit d’une minorité. » Plus loin, les orateurs prédisent d’ailleurs la saturation totale, voire la fin des adresses en IPv4 à une année, ce qui aurait un effet « bloquant » sur l’expansion des ISP par exemple qui ne pourront plus attribuer d’adresses à leurs potentiels clients et donc perdront des revenus importants. Autre élément important pour Axel Pawlik, qui compare le passage de l’IPv4 à l’IPv6 comme l’évolution de la téléphonie analogique vers la téléphonie numérique, « le passage à l’IPv6 doit se faire de la manière la plus transparente possible de telle sorte à ce que l’utilisateur final ne ressente ni ne subisse le changement ». En réponse à une question sur les actions entreprises tant par l’ICANN que par les organismes en charge de l’assignation et de la gestion des adresses IP sur les gouvernements, les orateurs feront comprendre qu’« il est dans l’intérêt des gouvernements, sur lesquels nous n’avons aucun contrôle mais que nous sensibilisons sur la question, ainsi que des opérateurs économiques, d’adopter la généralisation de l’IPv6 car il y va de la survie de leur économie, qui repose en grande partie sur les services Internet ». Jusqu’à aujourd’hui, seul le Japon est le précurseur en la matière et ce, sous l’impulsion de son gouvernement, en association avec les centres de recherches, une partie de l’Asie-Pacifique ainsi que quelques pays de l’Union européenne sont passés à l’IPv6. Aussi, un grand nombre de « registrars », spécialement dans le reste de l’Europe, ont demandé une assistance ou commencent à déployer des équipements pour le passage à l’IPv6.

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