Restructuration, dettes et 17 000 postes supprimés Nokia-Siemens en grave difficulté

Et ce qui devait arriver, arriva. Les plus faibles commencent à céder encore et encore. Le rouleau-compresseur chinois, après avoir fait un petit tour dans les pays émergents, passe la vitesse supérieure et s’en va vers la vieille Europe
Le premier à sentir la pression sur un marché tendu et concurrentiel est la co-entreprise Nokia-Siemens Network qui était en difficulté financière et aurait selon toute vraisemblance lever un plan de financement de 1,2 milliards de dollars d’un consortium de banques européenne et américaine. Cela paraît très difficile d’autant plus que les craintes ont augmenté face à la crise de l’euro, ce qui va rendre le processus plus difficile et les conditions de la dette plus onéreuses. Résultat des courses : 17 000 postes supprimés dans le monde sur 74 000. Et l’équipementier sera obligé de se concentrer uniquement sur les infrastructures mobiles tout en réduisant drastiquement les frais d’exploitation et frais généraux de plus d’un milliard d’euros d’ici à la fin de 2013 et sera obligé d’aller se concentrer sur des opérations plus profitables et améliorer la rentabilité. L’industriel européen est en difficulté depuis de longs mois. En effet, au troisième trimestre, son bénéfice a péniblement dépassé les 6 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 3,41 milliards d’euros. Nokia-Siemens Network n’a pas su se positionner face à des difficultés désormais bien identifiées sur le marché des fournisseurs d’infrastructures télécoms : Huawei et le « petit » ZTE sans oublier Ericsson. Dans un premier temps, il a élagué trois activités « non rentables ». En effet, Dragonwave a acheté son activité de faisceaux hertziens pour réseaux d’opérateurs et Newnet Communication Technologies, une société contrôlée à 51 % par Nokia, a pu avoir son activité liée aux infrastructures télécoms Wimax. La troisième branche, qui est sa division réseaux fixes large bande, châssis DSLAM et équipements de fibre optique en technologie GPON, ira vers l’américain Aldran. Et cela n’a pas suffi pour faire redémarrer la machine. Il faut des sous. L’idée de départ était de faire une augmentation de capital entre les deux entreprises mais Nokia ne se trouvait pas en forme financièrement, l’idée a été abandonnée. L’autre manière aurait été de faire entrer un fonds de participation mais aucun accord n’a été trouvé. Face à ses féroces adversaires, Nokia-Siemens Network va devoir se concentrer sur l’infrastructure mobile avec une stratégie claire et agressive et oublier le fixe. Mais selon certains observateurs qui scrutent le marché en permanence, l’annonce de l’équipementier ressemblerait davantage à une préparation pour une mise en vente qu’à une véritable stratégie. D’ailleurs, il y a eu dans le passé plusieurs rumeurs des velléités de séparation mais la « mariée » sera-t-elle suffisamment belle pour séduire un autre industriel ? Ce sera certainement un chinois, nous dit-on.

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